Des milliers de Palestiniens ont convergé samedi vers la frontière israélienne dans la bande de Gaza, où de premiers heurts ont éclaté au risque d'une escalade avec l'Etat hébreu dix jours avant les élections israéliennes.

Les Gazaouis sont appelés à se rassembler en masse non loin de l'hermétique barrière frontalière lourdement gardée par les soldats israéliens. Il s'agit de marquer le premier anniversaire d'une mobilisation appelée les "grandes marches du retour" qui contribuent fortement à maintenir la frontière sous une dangereuse tension depuis un an.

Entre les différents lieux de rassemblement, des milliers d'habitants de l'enclave coincée entre Israël, Egypte et Méditerranée, ont pris la direction de la frontière sous les drapeaux palestiniens aux couleurs noire, blanche, verte et rouge, et sous des pluies éparses, ont constaté les journalistes de l'AFP.

A Malaka, à l'est de la ville de Gaza, la plupart des manifestants se sont tenus à distance de la barrière pour rester hors de portée des tireurs d'élite israéliens. Mais des poignées de Palestiniens se sont approchés à quelques dizaines de mètres, ont incendié des pneus pour obscurcir la visibilité des tireurs, et ont lancé des pierres vers les soldats avant de se replier en courant.

L'armée a riposté en lançant des gaz lacrymogènes et en ouvrant le feu. Des images vidéo de l'AFP montrent un Palestinien visiblement atteint par un tir de riposte israélien emmené à bout de bars et déposé dans une ambulance.

Preuve des dangers courus près de la frontière, un Palestinien de 20 ans a été tué par des tirs israéliens alors qu'il prenait part, selon des témoins, à une manifestation nocturne à plus de cent mètres de la barrière, avant le début de la grande mobilisation.

Les appels se sont succédé pour une protestation non-violente. Le spectre d'une nouvelle guerre a resurgit ces dernières semaines entre Israël et le Hamas. Ce serait la quatrième depuis que le mouvement islamiste, qui refuse l'existence d'Israël, a pris le pouvoir à Gaza en 2007.

La question est de savoir si le Hamas cherchera à contenir les actes de violence contre les soldats israéliens ou s'il leur laissera libre cours.

Malgré les appels au calme des organisateurs, "on va à la frontière, même si on doit y mourir", dit Yousef Ziyada, 21 ans, le visage peint aux couleurs palestiniennes. "Nous sommes ici à Abou Safia, à l'est de Jabaliya, pour faire partir les juifs de notre terre", dit-il. "Nous retournerons sur nos terres", dit-il.

Un an de mobilisation à Gaza: des données chiffrées

Des dizaines de milliers de Palestiniens se sont rassemblés samedi le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, pour le premier anniversaire des manifestations appelées "grandes marches du retour".Voici quelques éléments factuels sur les manifestations et les violences qui ont ponctué le mouvement depuis un an.

Morts et blessés

Le premier jour, le 30 mars 2018, 20 Palestiniens ont été tués. Au total environ 200 Palestiniens ont été tués depuis un an lors des manifestations et des affrontements ayant lieu au moins une fois par semaine, le vendredi.

La grande majorité ont été touchés par des tireurs d'élite israéliens. Quelques autres ont été mortellement touchés par des cartouches de lacrymogène ou des éclats.

Un soldat israélien a été abattu par un sniper palestinien.

Les Palestiniens se rassemblent sur cinq sites le long de la frontière. Certains sites se sont révélés plus dangereux que d'autres pour les manifestants. Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, accuse un bilan d'au moins 54 morts, et l'est de la ville de Gaza, au moins 43 morts, selon le Centre palestinien pour les droits de l'Homme (PCHR).

En outre, 6.500 Palestiniens ont été blessés par balle, la grande majorité à la jambe, selon les autorités médicales locales.

Attaques palestiniennes

Typiquement, de nombreux manifestants se tiennent pacifiquement à distance de la barrière israélienne. Mais un certain nombre se rapprochent et défient les forces israéliennes et le danger.

Ils brûlent des pneus pour créer des écrans de fumée, jettent des pierres et des explosifs artisanaux en direction des soldats de l'autre côté. Certains essaient de briser la barrière.

L'armée israélienne a dénombré 18 occurrences de coups de feu venus du côté palestinien, 94 lancers d'explosifs artisanaux et 600 d'engins incendiaires vers ses soldats ou la barrière.

Autre sujet de préoccupation et d'exaspération côté israélien: l'envoi par dessus la frontière depuis Gaza de dispositifs incendiaires accrochés à des cerfs-volants ou des ballons. Ils ont provoqué 1.963 incendies et endommagé 35 km carrés de terres, selon des chiffres officiels israéliens.

Qui sont les morts?

La grande majorité des Palestiniens tués sont des hommes et des jeunes. Environ 40 d'entre eux avaient moins de 18 ans, selon l'Unicef.

Deux journalistes identifiés comme tels par leur tenue et trois secouristes ont été tués, dont Razan al-Najjar, 22 ans, dont le cas est devenu emblématique.

Les appartenances politiques des Palestiniens tués sont sujettes à controverse. Plus de 60 Palestiniens ont été tués le 14 mai 2018 lors de manifestations et de heurts coïncidant avec l'inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem. Israël s'est saisi des propos d'un responsable du Hamas selon lesquels la grande majorité des morts appartenaient au mouvement islamiste, considéré par Israël, les États-Unis ou l'Union européenne comme terroriste. D'autres ont souligné que le responsable exagérait probablement pour faire rejaillir le crédit de la mobilisation sur le Hamas. Aucune donnée officielle n'existe sur l'affiliation des manifestants.

Des milliers de Palestiniens ont convergé samedi vers la frontière israélienne dans la bande de Gaza, où de premiers heurts ont éclaté au risque d'une escalade avec l'Etat hébreu dix jours avant les élections israéliennes.Les Gazaouis sont appelés à se rassembler en masse non loin de l'hermétique barrière frontalière lourdement gardée par les soldats israéliens. Il s'agit de marquer le premier anniversaire d'une mobilisation appelée les "grandes marches du retour" qui contribuent fortement à maintenir la frontière sous une dangereuse tension depuis un an.Entre les différents lieux de rassemblement, des milliers d'habitants de l'enclave coincée entre Israël, Egypte et Méditerranée, ont pris la direction de la frontière sous les drapeaux palestiniens aux couleurs noire, blanche, verte et rouge, et sous des pluies éparses, ont constaté les journalistes de l'AFP.A Malaka, à l'est de la ville de Gaza, la plupart des manifestants se sont tenus à distance de la barrière pour rester hors de portée des tireurs d'élite israéliens. Mais des poignées de Palestiniens se sont approchés à quelques dizaines de mètres, ont incendié des pneus pour obscurcir la visibilité des tireurs, et ont lancé des pierres vers les soldats avant de se replier en courant.L'armée a riposté en lançant des gaz lacrymogènes et en ouvrant le feu. Des images vidéo de l'AFP montrent un Palestinien visiblement atteint par un tir de riposte israélien emmené à bout de bars et déposé dans une ambulance.Preuve des dangers courus près de la frontière, un Palestinien de 20 ans a été tué par des tirs israéliens alors qu'il prenait part, selon des témoins, à une manifestation nocturne à plus de cent mètres de la barrière, avant le début de la grande mobilisation.Les appels se sont succédé pour une protestation non-violente. Le spectre d'une nouvelle guerre a resurgit ces dernières semaines entre Israël et le Hamas. Ce serait la quatrième depuis que le mouvement islamiste, qui refuse l'existence d'Israël, a pris le pouvoir à Gaza en 2007.La question est de savoir si le Hamas cherchera à contenir les actes de violence contre les soldats israéliens ou s'il leur laissera libre cours.Malgré les appels au calme des organisateurs, "on va à la frontière, même si on doit y mourir", dit Yousef Ziyada, 21 ans, le visage peint aux couleurs palestiniennes. "Nous sommes ici à Abou Safia, à l'est de Jabaliya, pour faire partir les juifs de notre terre", dit-il. "Nous retournerons sur nos terres", dit-il.Des dizaines de milliers de Palestiniens se sont rassemblés samedi le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, pour le premier anniversaire des manifestations appelées "grandes marches du retour".Voici quelques éléments factuels sur les manifestations et les violences qui ont ponctué le mouvement depuis un an.Le premier jour, le 30 mars 2018, 20 Palestiniens ont été tués. Au total environ 200 Palestiniens ont été tués depuis un an lors des manifestations et des affrontements ayant lieu au moins une fois par semaine, le vendredi.La grande majorité ont été touchés par des tireurs d'élite israéliens. Quelques autres ont été mortellement touchés par des cartouches de lacrymogène ou des éclats. Un soldat israélien a été abattu par un sniper palestinien. Les Palestiniens se rassemblent sur cinq sites le long de la frontière. Certains sites se sont révélés plus dangereux que d'autres pour les manifestants. Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, accuse un bilan d'au moins 54 morts, et l'est de la ville de Gaza, au moins 43 morts, selon le Centre palestinien pour les droits de l'Homme (PCHR). En outre, 6.500 Palestiniens ont été blessés par balle, la grande majorité à la jambe, selon les autorités médicales locales.Typiquement, de nombreux manifestants se tiennent pacifiquement à distance de la barrière israélienne. Mais un certain nombre se rapprochent et défient les forces israéliennes et le danger. Ils brûlent des pneus pour créer des écrans de fumée, jettent des pierres et des explosifs artisanaux en direction des soldats de l'autre côté. Certains essaient de briser la barrière.L'armée israélienne a dénombré 18 occurrences de coups de feu venus du côté palestinien, 94 lancers d'explosifs artisanaux et 600 d'engins incendiaires vers ses soldats ou la barrière.Autre sujet de préoccupation et d'exaspération côté israélien: l'envoi par dessus la frontière depuis Gaza de dispositifs incendiaires accrochés à des cerfs-volants ou des ballons. Ils ont provoqué 1.963 incendies et endommagé 35 km carrés de terres, selon des chiffres officiels israéliens.La grande majorité des Palestiniens tués sont des hommes et des jeunes. Environ 40 d'entre eux avaient moins de 18 ans, selon l'Unicef.Deux journalistes identifiés comme tels par leur tenue et trois secouristes ont été tués, dont Razan al-Najjar, 22 ans, dont le cas est devenu emblématique.Les appartenances politiques des Palestiniens tués sont sujettes à controverse. Plus de 60 Palestiniens ont été tués le 14 mai 2018 lors de manifestations et de heurts coïncidant avec l'inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem. Israël s'est saisi des propos d'un responsable du Hamas selon lesquels la grande majorité des morts appartenaient au mouvement islamiste, considéré par Israël, les États-Unis ou l'Union européenne comme terroriste. D'autres ont souligné que le responsable exagérait probablement pour faire rejaillir le crédit de la mobilisation sur le Hamas. Aucune donnée officielle n'existe sur l'affiliation des manifestants.