"L'Iran a été formellement MIS EN GARDE pour avoir tiré un missile balistique. Il devrait remercier l'accord désastreux que les Etats-Unis ont conclu avec lui!", a lancé le président dans un tweet matinal dont il est coutumier.

Son conseiller à la Sécurité nationale Michael Flynn avait la veille déjà lancé une mise en garde à Téhéran. "A partir d'aujourd'hui, nous mettons officiellement l'Iran en garde", avait déclaré mercredi l'ex-général, lors du point de presse de la Maison Blanche, sans autres précisions.

Donald Trump n'a pas non plus détaillé jeudi ce que recouvrait cet avertissement.

"L'Iran était à bout de souffle et prêt à s'effondrer jusqu'à ce que les Etats-Unis arrivent et le sauvent sous la forme d'un accord: 150 milliards de dollars", a ajouté le président républicain sur Twitter, en référence au montant que représentent, selon lui, les sanctions levées par l'accord nucléaire de juillet 2015 conclu avec six grandes puissances.

La tension entre Téhéran et Washington, qui ont rompu leurs relations diplomatiques en 1980 au lendemain de la révolution islamique de 1979, s'est brutalement accentuée après l'entrée en fonctions le 20 janvier de Donald Trump.

Critiquant l'attitude de l'ancien président démocrate Barack Obama vis-à-vis de la République islamique, la Maison Blanche a affiché sa volonté de faire preuve d'une plus grande fermeté à l'encontre de l'Iran tout en restant évasive sur la nature des éventuelles mesures à l'étude.

Le ministre iranien de la Défense, le général Hossein Dehghan, a confirmé qu'un "test" de missile avait été effectué, tout en assurant qu'il n'était en contradiction ni avec l'accord nucléaire de juillet 2015, ni avec la résolution 2231 de l'ONU qui l'a entériné.

Durant sa campagne, le milliardaire avait promis de "déchirer" cet accord, considéré comme une victoire diplomatique à la fois pour Barack Obama et pour son homologue iranien Hassan Rohani.

Des mises en gardes "sans fondement" et "provocatrices", selon Téhéran

Les mises en garde de l'administration américaine à l'Iran sont "sans fondement" et "provocatrices", a affirmé jeudi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Ghasemi.

"Les remarques faites par le conseiller à la Sécurité nationale du président américain Donald Trump sont sans fondement, répétitives et provocatrices", a déclaré M. Ghasemi cité par l'agence de presse officielle Irna.

Selon M. Ghasemi, qui n'a pas cité M. Trump, les remarques de M. Flynn sont "faites au moment où les efforts de la République islamique d'Iran dans la lutte contre les groupes terroristes au Moyen-Orient sont connus de tous".

"Il est regrettable que l'administration américaine, au lieu d'apprécier la nation iranienne pour sa lutte sans relâche contre le terrorisme, aide en pratique les groupes terroristes en répétant les mêmes remarques sans fondemant et en adoptant des mesures inadaptées".

Il a cité parmi ces mesures l'interdiction d'entrée aux Etats-Unis des ressortissants de sept pays à majorité musulmane, dont l'Iran.

"Les politiques régionales de l'Iran sont absolument claires et tranparentes: nous recherchons des relations amicales avec nos voisins, basées sur le respect mutuel, la non-ingérence les affaires intérieures de nos pays", a affirmé M. Ghasemi.