"L'EI a un nouveau chef. Nous savons exactement qui il est", a affirmé le locataire de la Maison Blanche sur Twitter, sans donner davantage de détails.

Le groupe djihadiste a confirmé jeudi la mort de son chef Abou Bakr al-Baghdadi, qui s'est fait exploser le week-end dernier lors d'une opération américaine dans le nord de la Syrie. Il a annoncé la désignation d'Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi comme successeur, en menaçant les Etats-Unis de venger cette mort. Ce nom avait rarement été mentionné parmi les potentiels successeurs de Baghdadi.

"Nous ne savons pas grand-chose de lui, sauf qu'il est le principal juge de l'EI et qu'il dirige l'Autorité de la charia (loi islamique)", a dit à l'AFP Hicham al-Hachemi, un expert irakien de l'organisation qui a un temps contrôlé un vaste territoire à cheval entre l'Irak et la Syrie avant d'en être chassé par une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

Interrogé sur le nouveau chef de l'EI, le coordinateur de l'action contre-terroriste des Etats-Unis, Nathan Sales, s'est montré beaucoup plus prudent que Donald Trump, sans même confirmer que Washington le connaissait. "Nous étudions l'identité du nouveau dirigeant, son rôle dans l'organisation, d'où il vient", a-t-il dit à des journalistes au département d'Etat américain. "Chaque fois qu'il y a une transition à la tête d'une organisation terroriste, nous voulons nous assurer que nous disposons des informations les plus récentes dont nous avons besoin pour faire face efficacement à la menace", a-t-il ajouté. "Nous allons démanteler le groupe quels que soient ses cadres dirigeants", a encore assuré l'ambassadeur Sales, affirmant que l'EI demeurait "une grande priorité en matière de sécurité nationale".

Prié une nouvelle fois de dire ce que le gouvernement américain savait d'Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi, il a éludé: "Nous savons qu'il sera confronté à une pression soutenue et systématique de notre part et de la part de nos partenaires".

Nathan Sales a présenté vendredi le rapport annuel du département sur le terrorisme dans le monde, qui porte sur l'année 2018, avant la fin du "califat" territorial de l'EI et la mort de son chef. Selon ce document, malgré les succès de la coalition internationale, le groupe djihadiste "a démontré sa capacité à s'adapter" et "ses terroristes aguerris" ont quitté le champ de bataille en Syrie ou en Irak "représentant de nouveaux dangers" ailleurs dans le monde.