Dans un discours solennel d'une heure, le premier du 45e président des Etats-Unis devant les deux chambres réunies du Congrès, Donald Trump n'a fait que survoler les questions de diplomatie et de défense.

Mais le nouveau locataire de la Maison Blanche - dont la politique étrangère reste floue même si des experts la rattachent au courant isolationniste - a prévenu qu'il agirait avant tout pour les intérêts de son pays.

"Mon boulot ne consiste pas à représenter le monde. Mon boulot consiste à représenter les Etats-Unis d'Amérique", a-t-il lancé.

Toutefois, Donald Trump l'a concédé: "Notre politique étrangère requiert un engagement direct, solide et significatif avec la communauté internationale".

Dans la continuité de ses prédécesseurs républicains et démocrates, le président de la première puissance mondiale a ainsi vanté "le leadership américain fondé sur des intérêts fondamentaux en termes de sécurité que nous partageons avec nos alliés à travers le monde".

Alors que Donald Trump avait tonné contre une Alliance atlantique "obsolète", qu'il avait loué le Brexit et critiqué l'Union européenne, il a voulu cette fois rassurer les alliés européens.

'Soutien à l'Otan'

M. Trump a ainsi promis que Washington continuerait de "soutenir avec force l'Otan, une alliance forgée après deux Guerres mondiales qui ont renversé le fascisme et après une Guerre froide qui a vaincu le communisme".

Mais comme il l'avait souligné durant sa campagne, le milliardaire américain a réaffirmé que les alliés des Etats-Unis - en Europe, en Asie et au Moyen-Orient - devaient accroître leurs efforts financiers pour assurer leur défense commune. "Nos partenaires doivent remplir leurs obligations financières", a-t-il exhorté, en allusion au fait que les pays de l'Otan doivent consacrer au moins 2% de leur Produit intérieur brut (PIB) à leurs dépenses militaires.

De fait, parmi les 28 Etats membres de l'Otan, seuls cinq pays - Etats-Unis en tête, avec 3,61% - y sont à ce jour parvenus, ce que Donald Trump n'a cessé de dénoncer ces derniers mois et que son vice-président Mike Pence et son ministre de la Défense James Mattis étaient venus rappeler ces derniers jours devant l'Otan et l'UE. Le président américain s'est d'ailleurs félicité que "dorénavant, grâce à nos discussions très animées et très franches, (les Européens) commencent" à augmenter leurs dépenses.

Il a répété que les Etats-Unis "attendaient de (leurs) partenaires - qu'il s'agisse de l'Otan, du Moyen-Orient ou de l'Asie-Pacifique - qu'ils endossent un rôle direct et significatif dans les opérations militaires et stratégiques et qu'ils paient leurs parts".

Alors que ses prises de position isolationnistes, nationalistes et hostiles au multilatéralisme avaient semé le trouble à l'ONU, en Europe ou en Asie, Donald Trump a assuré que les Etats-Unis "respecteraient les institutions historiques, mais également les droits souverains des nations".

Il n'a en revanche pas explicitement mentionné Moscou, ni son homologue russe Vladimir Poutine avec lequel il prône un rapprochement après les années de froid de l'ère Obama.

Mais le président républicain y a fait allusion lorsqu'il a dit espérer forger de "nouvelles alliances" et se faire de "nouveaux amis", à la condition de "partager les mêmes intérêts".

"Nous voulons l'harmonie et la stabilité, pas de guerre et de conflit", a promis Donald Trump dans un discours à la tonalité beaucoup plus apaisée et conciliante que par le passé.

Enfin, s'engageant à "protéger la nation du terrorisme islamique radical", le président républicain a proposé que les Etats-Unis "travaillent" avec des pays "alliés" musulmans pour "démolir" et "éradiquer" le groupe Etat islamique, un "ennemi abominable".

Une immigration "au mérite"

Donald Trump a également esquissé une réforme du système d'immigration aux Etats-Unis qui doit consister selon lui à privilégier les immigrants les plus qualifiés et à faire preuve de fermeté avec les clandestins.

Les Etats-Unis doivent "abandonner le système actuel d'une immigration peu qualifiée et adopter à la place un système basé sur le mérite" a expliqué le président américain aux représentants.

Il a notamment pris en exemple le Canada et l'Australie où l'immigration est souvent conditionnée à des qualifications et professions particulières.

Ce nouveau système "permettra d'économiser des sommes incalculables" a assuré le républicain, affirmant que "le système actuel coûte aux contribuables américains de nombreux milliards de dollars par an".

"Ceux qui veulent entrer dans un pays doivent être capables de subvenir financièrement à leurs besoins par eux-mêmes", a-t-il martelé.

Donald Trump a estimé qu'une "réforme positive" sur l'immigration est possible avec l'opposition démocrate, en dépit de leurs divergences sur le sort des millions de clandestins présents sur le sol américain depuis parfois plusieurs décennies.

"Si nous sommes guidés par le bien-être des citoyens américains, alors je crois que républicains et démocrates peuvent travailler ensemble pour obtenir le résultat qui échappe à ce pays depuis des décennies", a-t-il dit.

Quelques heures avant son discours, Donald Trump avait évoqué devant des journalistes à la Maison Blanche la possibilité d'une loi de régularisation pour les sans-papiers n'ayant pas commis de délit.

"L'heure est venue d'une loi sur l'immigration, à condition qu'il existe un compromis entre les deux camps", a-t-il dit, selon des propos rapportés par le New York Times.

Crimes "de l'immigration"

Le chef de l'opposition démocrate au Sénat, Chuck Schumer a dénoncé un discours "populiste".

"Le président applique des politiques de droite dure" a-t-il réagi sur son compte Twitter.

Tout au long de son discours, Donald Trump a fait vibrer la corde nationaliste et martelé avec force sa détermination à lutter contre l'immigration clandestine et les immigrés "criminels".

Il a promis que la construction de son "grand, grand mur" sur la frontière avec le Mexique débutera bientôt.

Pour mieux marquer les esprits, il avait invité dans l'assistance le père d'un jeune de 17 ans "tué par un immigré clandestin, membre d'un gang et tout juste sorti de prison", ainsi que les veuves de deux policiers "abattus par un immigré clandestin qui avait un casier judiciaire et était sous le coup de deux avis d'expulsion", à qui il a rendu à un hommage appuyé pendant son discours.

Les victimes des crimes commis par des immigrés feront même l'objet d'un traitement particulier avec la création d'un bureau spécial baptisé VOICE (Victims Of Immigration Crime Engagement), ordonné par Donald Trump.

"Nous donnons une voix à ceux qui sont ignorés par les médias et réduits au silence par les intérêts particuliers", a expliqué Donald Trump.

Le milliardaire doit également dévoiler dans les prochains jours une nouvelle version de son décret migratoire à l'encontre de sept pays à majorité musulmane et qui a été suspendu par la justice fédérale.

Le nouveau décret sera juridiquement beaucoup plus solide a indiqué la Maison Blanche.

Dans un discours solennel d'une heure, le premier du 45e président des Etats-Unis devant les deux chambres réunies du Congrès, Donald Trump n'a fait que survoler les questions de diplomatie et de défense.Mais le nouveau locataire de la Maison Blanche - dont la politique étrangère reste floue même si des experts la rattachent au courant isolationniste - a prévenu qu'il agirait avant tout pour les intérêts de son pays."Mon boulot ne consiste pas à représenter le monde. Mon boulot consiste à représenter les Etats-Unis d'Amérique", a-t-il lancé.Toutefois, Donald Trump l'a concédé: "Notre politique étrangère requiert un engagement direct, solide et significatif avec la communauté internationale". Dans la continuité de ses prédécesseurs républicains et démocrates, le président de la première puissance mondiale a ainsi vanté "le leadership américain fondé sur des intérêts fondamentaux en termes de sécurité que nous partageons avec nos alliés à travers le monde".Alors que Donald Trump avait tonné contre une Alliance atlantique "obsolète", qu'il avait loué le Brexit et critiqué l'Union européenne, il a voulu cette fois rassurer les alliés européens.M. Trump a ainsi promis que Washington continuerait de "soutenir avec force l'Otan, une alliance forgée après deux Guerres mondiales qui ont renversé le fascisme et après une Guerre froide qui a vaincu le communisme".Mais comme il l'avait souligné durant sa campagne, le milliardaire américain a réaffirmé que les alliés des Etats-Unis - en Europe, en Asie et au Moyen-Orient - devaient accroître leurs efforts financiers pour assurer leur défense commune. "Nos partenaires doivent remplir leurs obligations financières", a-t-il exhorté, en allusion au fait que les pays de l'Otan doivent consacrer au moins 2% de leur Produit intérieur brut (PIB) à leurs dépenses militaires.De fait, parmi les 28 Etats membres de l'Otan, seuls cinq pays - Etats-Unis en tête, avec 3,61% - y sont à ce jour parvenus, ce que Donald Trump n'a cessé de dénoncer ces derniers mois et que son vice-président Mike Pence et son ministre de la Défense James Mattis étaient venus rappeler ces derniers jours devant l'Otan et l'UE. Le président américain s'est d'ailleurs félicité que "dorénavant, grâce à nos discussions très animées et très franches, (les Européens) commencent" à augmenter leurs dépenses.Il a répété que les Etats-Unis "attendaient de (leurs) partenaires - qu'il s'agisse de l'Otan, du Moyen-Orient ou de l'Asie-Pacifique - qu'ils endossent un rôle direct et significatif dans les opérations militaires et stratégiques et qu'ils paient leurs parts".Alors que ses prises de position isolationnistes, nationalistes et hostiles au multilatéralisme avaient semé le trouble à l'ONU, en Europe ou en Asie, Donald Trump a assuré que les Etats-Unis "respecteraient les institutions historiques, mais également les droits souverains des nations".Il n'a en revanche pas explicitement mentionné Moscou, ni son homologue russe Vladimir Poutine avec lequel il prône un rapprochement après les années de froid de l'ère Obama.Mais le président républicain y a fait allusion lorsqu'il a dit espérer forger de "nouvelles alliances" et se faire de "nouveaux amis", à la condition de "partager les mêmes intérêts"."Nous voulons l'harmonie et la stabilité, pas de guerre et de conflit", a promis Donald Trump dans un discours à la tonalité beaucoup plus apaisée et conciliante que par le passé.Enfin, s'engageant à "protéger la nation du terrorisme islamique radical", le président républicain a proposé que les Etats-Unis "travaillent" avec des pays "alliés" musulmans pour "démolir" et "éradiquer" le groupe Etat islamique, un "ennemi abominable".Donald Trump a également esquissé une réforme du système d'immigration aux Etats-Unis qui doit consister selon lui à privilégier les immigrants les plus qualifiés et à faire preuve de fermeté avec les clandestins.Les Etats-Unis doivent "abandonner le système actuel d'une immigration peu qualifiée et adopter à la place un système basé sur le mérite" a expliqué le président américain aux représentants.Il a notamment pris en exemple le Canada et l'Australie où l'immigration est souvent conditionnée à des qualifications et professions particulières. Ce nouveau système "permettra d'économiser des sommes incalculables" a assuré le républicain, affirmant que "le système actuel coûte aux contribuables américains de nombreux milliards de dollars par an"."Ceux qui veulent entrer dans un pays doivent être capables de subvenir financièrement à leurs besoins par eux-mêmes", a-t-il martelé.Donald Trump a estimé qu'une "réforme positive" sur l'immigration est possible avec l'opposition démocrate, en dépit de leurs divergences sur le sort des millions de clandestins présents sur le sol américain depuis parfois plusieurs décennies. "Si nous sommes guidés par le bien-être des citoyens américains, alors je crois que républicains et démocrates peuvent travailler ensemble pour obtenir le résultat qui échappe à ce pays depuis des décennies", a-t-il dit. Quelques heures avant son discours, Donald Trump avait évoqué devant des journalistes à la Maison Blanche la possibilité d'une loi de régularisation pour les sans-papiers n'ayant pas commis de délit."L'heure est venue d'une loi sur l'immigration, à condition qu'il existe un compromis entre les deux camps", a-t-il dit, selon des propos rapportés par le New York Times.Le chef de l'opposition démocrate au Sénat, Chuck Schumer a dénoncé un discours "populiste". "Le président applique des politiques de droite dure" a-t-il réagi sur son compte Twitter. Tout au long de son discours, Donald Trump a fait vibrer la corde nationaliste et martelé avec force sa détermination à lutter contre l'immigration clandestine et les immigrés "criminels". Il a promis que la construction de son "grand, grand mur" sur la frontière avec le Mexique débutera bientôt.Pour mieux marquer les esprits, il avait invité dans l'assistance le père d'un jeune de 17 ans "tué par un immigré clandestin, membre d'un gang et tout juste sorti de prison", ainsi que les veuves de deux policiers "abattus par un immigré clandestin qui avait un casier judiciaire et était sous le coup de deux avis d'expulsion", à qui il a rendu à un hommage appuyé pendant son discours. Les victimes des crimes commis par des immigrés feront même l'objet d'un traitement particulier avec la création d'un bureau spécial baptisé VOICE (Victims Of Immigration Crime Engagement), ordonné par Donald Trump. "Nous donnons une voix à ceux qui sont ignorés par les médias et réduits au silence par les intérêts particuliers", a expliqué Donald Trump. Le milliardaire doit également dévoiler dans les prochains jours une nouvelle version de son décret migratoire à l'encontre de sept pays à majorité musulmane et qui a été suspendu par la justice fédérale. Le nouveau décret sera juridiquement beaucoup plus solide a indiqué la Maison Blanche.