Après des semaines de calme relatif, la bande de Gaza, enclave coincée entre Israël, Egypte et Méditerranée et éprouvée par les conflits, la pauvreté et les blocus israélien et égyptien, a connu mardi des violences ravivant une fois de plus le spectre d'un embrasement.

Des chars positionnés côté israélien ont frappé deux positions militaires du Hamas, le mouvement islamiste qui gouverne le territoire, en représailles à des tirs d'armes à feu contre des soldats déployés sur la frontière. Dans la nuit, des avions de guerre ont bombardé un camp du Hamas, a indiqué l'armée.

Un membre de la branche armée du Hamas a été tué par un tir de char. Il doit être enterré mercredi. Un soldat israélien, sauvé par son casque, a été légèrement touché par un tir palestinien. Il est le premier blessé de la sorte depuis des semaines.

Par mesure de rétorsion, M. Netanyahu a décidé de ne pas autoriser l'acheminement, prévu ce mercredi, de 15 millions de dollars d'aide qatarie dans la bande de Gaza, a indiqué un responsable israélien. C'est la première fois qu'Israël reconnaît faire obstruction à ce transfert attendu depuis deux semaines, même si l'origine du blocage ne faisait de doute pour personne.

Devant le retard pris par cet argent, le Hamas s'est surtout contenté jusqu'alors de distiller les mises en garde indirectes. Reste à savoir combien de temps cela va durer.

Gaza a frôlé en 2018 une quatrième guerre en 10 ans après des mois de manifestations souvent violentes près de la frontière et plusieurs accès de fièvre entre groupes armés palestiniens et armée israélienne.

- Conditions "désespérées" -

Depuis le début, en mars 2018, d'une mobilisation appelée "Grande marche du retour", au moins 244 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens, la grande majorité le long de la frontière, et un certain nombre sous des frappes israéliennes.

Deux soldats israéliens ont été tués depuis cette date.

Israël et le Hamas ont conclu en novembre un cessez-le-feu par l'entremise du voisin égyptien. Mais les tensions demeurent.

Pour apaiser la situation, Israël avait autorisé le Qatar, avec lequel il n'a pourtant pas de relations diplomatiques, à faire entrer à Gaza 90 millions de dollars en six tranches mensuelles pour payer les salaires de dizaines de milliers d'employés du Hamas et aider les pauvres, qui représentent la moitié de la population.

L'émirat du Golfe, acteur primordial à Gaza et rare allié du Hamas, a aussi pu financer des livraisons de fioul ayant spectaculairement augmenté l'approvisionnement en électricité des Gazaouis habitués à vivre avec trois heures de courant par jour.

Cependant, les conditions de vie "demeurent désespérées", répétait mardi soir l'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient, Nickolay Mladenov.

- Capitulation ? -

Deux premiers versements qataris ont lieu en novembre et décembre, des centaines de Gazaouis se pressant à l'extérieur des banques pour toucher l'argent. L'arrangement a aussi donné lieu à une autre image, peu propice pour le Premier ministre israélien en période électorale: celle de valises de dollars entrées dans Gaza avec l'ambassadeur du Qatar et le feu vert israélien.

M. Netanyahu convoite un cinquième mandat de Premier ministre aux législatives anticipées du 9 avril. Il s'y présente fort de sa réputation de Monsieur Sécurité, mais avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête: que le procureur général annonce son intention de l'inculper dans les affaires de corruption présumée qui menacent son long règne.

Ses adversaires ont signalé mardi quel risque M. Netanyahu prenait en laissant passer l'argent qatari ou au contraire en le bloquant.

Après les violences de la journée, mais sans faire référence au cash qatari, le Hamas a prévenu dans un communiqué qu'il n'acceptera "jamais qu'on verse le sang palestinien aux fins de publicité électorale".

L'ancien ministre de la Défense Avigdor Lieberman, qui avait claqué la porte du gouvernement en novembre pour contester le cessez-le-feu avec le Hamas, a estimé pour sa part que bloquer une tranche ne suffisait pas. "Il faut stopper totalement le financement du terrorisme contre nous", a dit ce partisan d'une opération d'ampleur contre le Hamas. "Une confrontation avec le Hamas est inévitable", a-t-il dit.

Simha Goldin, père d'un soldat dont le Hamas détiendrait le corps, s'est dit persuadé que M. Netanyahu laisserait passer l'argent et "capitulerait face au terrorisme".

Après des semaines de calme relatif, la bande de Gaza, enclave coincée entre Israël, Egypte et Méditerranée et éprouvée par les conflits, la pauvreté et les blocus israélien et égyptien, a connu mardi des violences ravivant une fois de plus le spectre d'un embrasement.Des chars positionnés côté israélien ont frappé deux positions militaires du Hamas, le mouvement islamiste qui gouverne le territoire, en représailles à des tirs d'armes à feu contre des soldats déployés sur la frontière. Dans la nuit, des avions de guerre ont bombardé un camp du Hamas, a indiqué l'armée.Un membre de la branche armée du Hamas a été tué par un tir de char. Il doit être enterré mercredi. Un soldat israélien, sauvé par son casque, a été légèrement touché par un tir palestinien. Il est le premier blessé de la sorte depuis des semaines.Par mesure de rétorsion, M. Netanyahu a décidé de ne pas autoriser l'acheminement, prévu ce mercredi, de 15 millions de dollars d'aide qatarie dans la bande de Gaza, a indiqué un responsable israélien. C'est la première fois qu'Israël reconnaît faire obstruction à ce transfert attendu depuis deux semaines, même si l'origine du blocage ne faisait de doute pour personne.Devant le retard pris par cet argent, le Hamas s'est surtout contenté jusqu'alors de distiller les mises en garde indirectes. Reste à savoir combien de temps cela va durer.Gaza a frôlé en 2018 une quatrième guerre en 10 ans après des mois de manifestations souvent violentes près de la frontière et plusieurs accès de fièvre entre groupes armés palestiniens et armée israélienne.Depuis le début, en mars 2018, d'une mobilisation appelée "Grande marche du retour", au moins 244 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens, la grande majorité le long de la frontière, et un certain nombre sous des frappes israéliennes.Deux soldats israéliens ont été tués depuis cette date.Israël et le Hamas ont conclu en novembre un cessez-le-feu par l'entremise du voisin égyptien. Mais les tensions demeurent.Pour apaiser la situation, Israël avait autorisé le Qatar, avec lequel il n'a pourtant pas de relations diplomatiques, à faire entrer à Gaza 90 millions de dollars en six tranches mensuelles pour payer les salaires de dizaines de milliers d'employés du Hamas et aider les pauvres, qui représentent la moitié de la population.L'émirat du Golfe, acteur primordial à Gaza et rare allié du Hamas, a aussi pu financer des livraisons de fioul ayant spectaculairement augmenté l'approvisionnement en électricité des Gazaouis habitués à vivre avec trois heures de courant par jour.Cependant, les conditions de vie "demeurent désespérées", répétait mardi soir l'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient, Nickolay Mladenov.Deux premiers versements qataris ont lieu en novembre et décembre, des centaines de Gazaouis se pressant à l'extérieur des banques pour toucher l'argent. L'arrangement a aussi donné lieu à une autre image, peu propice pour le Premier ministre israélien en période électorale: celle de valises de dollars entrées dans Gaza avec l'ambassadeur du Qatar et le feu vert israélien.M. Netanyahu convoite un cinquième mandat de Premier ministre aux législatives anticipées du 9 avril. Il s'y présente fort de sa réputation de Monsieur Sécurité, mais avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête: que le procureur général annonce son intention de l'inculper dans les affaires de corruption présumée qui menacent son long règne.Ses adversaires ont signalé mardi quel risque M. Netanyahu prenait en laissant passer l'argent qatari ou au contraire en le bloquant.Après les violences de la journée, mais sans faire référence au cash qatari, le Hamas a prévenu dans un communiqué qu'il n'acceptera "jamais qu'on verse le sang palestinien aux fins de publicité électorale".L'ancien ministre de la Défense Avigdor Lieberman, qui avait claqué la porte du gouvernement en novembre pour contester le cessez-le-feu avec le Hamas, a estimé pour sa part que bloquer une tranche ne suffisait pas. "Il faut stopper totalement le financement du terrorisme contre nous", a dit ce partisan d'une opération d'ampleur contre le Hamas. "Une confrontation avec le Hamas est inévitable", a-t-il dit.Simha Goldin, père d'un soldat dont le Hamas détiendrait le corps, s'est dit persuadé que M. Netanyahu laisserait passer l'argent et "capitulerait face au terrorisme".