"Notre mission de recherche a été couronnée de succès, mais il nous reste à les sortir de là", a déclaré le gouverneur de la province de Chiang Rai, Narongsak Osottanakorn, chef de la cellule de secours, se félicitant d'avoir réussi cette "mission impossible".

"C'est inimaginable. Cela fait dix jours que j'attendais cela. Je n'imaginais pas que ce jour arriverait", a réagi le père d'un des enfants disparus. Mardi, une ligne directe, de plusieurs kilomètres de long, devrait finir d'être installée le long de la galerie principale, afin que les enfants puissent communiquer avec le monde extérieur, notamment avec leurs parents.

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Les chances qu'ils puissent être sortis dès mardi étaient minces: le niveau actuel de l'eau implique un parcours sous-marin qu'un plongeur chevronné met six heures à parcourir, ont précisé les secouristes.

Les enfants, âgés de 11 à 16 ans, ont été découverts tard lundi avec leur entraîneur de 25 ans par des plongeurs britanniques, émaciés mais "sains et saufs", à plus de quatre kilomètres à l'intérieur de la galerie.

Le groupe était perché sur un rebord situé loin dans les méandres de cette grotte, située à la frontière avec la Birmanie et le Laos, où ils ont été piégés le 23 juin par la montée des eaux.

La découverte des enfants a suscité la liesse dans le pays après des journées de recherches difficiles, entravées par des pluies torrentielles. La télévision continue de suivre en direct l'opération.

Les plongeurs ont trouvé les jeunes à quelques centaines de mètres au-delà de "Pattaya Beach", la zone soupçonnée de leur tenir lieu d'abri, qui était elle-même inondée.

"Treize? Formidable!": les premiers mots des sauveteurs aux enfants

Les douze garçons et leur jeune entraîneur de football de 25 ans échangent brièvement avec le plongeur britannique enfin parvenu jusqu'à eux lundi soir.

First video shows moment soccer team found in Thai cave

Rescuers have found all 12 boys and their soccer coach alive in a cave in Thailand after the team went missing 9 days ago https://cnn.it/2z4nZsH

Geplaatst door CNN op Maandag 2 juli 2018

L'échange commence par un concert touchant de "merci" en anglais des enfants. "Combien vous êtes?", articule le secouriste britannique d'une voix forte, sa torche balayant l'escarpement boueux où le groupe a trouvé refuge, loin dans les méandres du réseau souterrain.

"Treize", répond en anglais l'un des petits Thaïlandais.

"Treize?...Formidable!", lance le plongeur.

La lampe éclaire les garçons un à un, comme si le plongeur les comptait.

Certains des "Sangliers sauvages", comme s'appelle leur équipe de football, ont tiré leur maillot rouge sur les genoux pour tenter de se protéger du froid. Ils ont l'air hagards, mais ceux qui s'expriment semblent lucides, malgré les longues journées sans nourriture. La conversation se poursuit par des murmures en thaï ponctués par les paroles du plongeur qui se veulent rassurantes. L'un des garçons demandent dans un anglais hésitant s'ils vont "sortir".

"Non, non, pas aujourd'hui. (...) On est deux, il faut plonger (...) On arrive, c'est bon. Il y a plein de gens qui arrivent, plein, plein de gens, on est les premiers". Le plongeur lève les mains pour signifier au groupe qu'il est sous terre depuis dix jours, ajoutant: "vous être très forts".

Puis, il donne une lampe au groupe. La caméra tremble et le son disparaît, mais la vidéo se stabilise. "Je suis très heureux", dit alors l'un des adolescents."On est heureux aussi", répond le secouriste. "Merci beaucoup", répondent les enfants. Les plongeurs britanniques Robert Harper, Richard Stanton et John Volanthen sont parvenus jusqu'aux enfants avant les spécialistes de la marine thaïlandaise. On ignore pour l'heure lequel d'entre eux parle dans la vidéo. Depuis une semaine, l'équipe de plongeurs s'est soigneusement tenue à l'écart de la presse.

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Une vidéo poignante filmée par les sauveteurs montre un groupe d'enfants maigres, vêtus de maillots de football trop grands et maculés de boue. Ils sont réfugiés sur un promontoire étroit entouré d'eau. "Merci", s'exclame l'un d'eux. Un autre répond "13" quand un des plongeurs à l'accent britannique demande combien ils sont.

- "Comme une équipe" -

Nopparat Kantawong, l'entraîneur principal du club de foot des enfants, s'est dit certain que le fait que les enfants pratiquaient un sport d'équipe a joué un rôle dans leur survie.

"Je suis si heureux. Nous leur enseignons à s'aimer les uns les autres, comme une équipe", a-t-il dit à la télévision nationale.

A cela s'ajoute le fait que "le football est un sport de combattants", a assuré celui qui va désormais attendre les enfants devant la grotte, comme nombre de proches.

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Les scénarios possibles

Retour à l'alimentation, cours accéléré de plongée malgré le stress de retourner dans l'eau... L'opération d'évacuation des douze enfants et de leur jeune entraîneur, coincés depuis dix jours dans une grotte en Thaïlande, est risquée et plusieurs scénarios sont possibles.

- Une sortie rapide ? -

Les secouristes estiment d'ores et déjà que leur évacuation dès mardi est peu probable, mais ils attendent l'évaluation des médecins-plongeurs dépêchés dans la grotte auprès d'eux.

La première étape est de leur redonner des forces, les enfants n'ayant pas mangé depuis des jours. Mais leur réalimentation doit être progressive car ils peuvent sinon être pris de nausées, insistent les secouristes.

Ensuite, ils devront être entraînés à parcourir plus de quatre kilomètres de boyaux étriqués, dont de larges portions inondées pour lesquelles ils seront équipés de bouteilles d'oxygène.

"Faire de la plongée sous-marine dans des grottes est très technique, et dangereux, surtout pour des plongeurs débutants. Donc il vaut peut-être mieux les assister dans la grotte jusqu'à ce qu'ils puissent être sortis par d'autres moyens", analyse depuis les Etats-Unis Anmar Mirza, coordinateur de la Commission nationale américaine de sauvetage souterrain, interrogé par l'AFP.

Un plongeur chevronné met six heures pour parcourir cette distance, ont précisé les secouristes.

- Une autre voie de sortie ? -

Les sauveteurs ont repéré plusieurs puits à la verticale de la grotte. Et ces derniers jours, la forêt a été défrichée près de l'un d'eux pour permettre l'atterrissage d'hélicoptères en vue d'une possible évacuation par les airs. Mais pour l'heure il n'a pas été prouvé qu'un de ces puits soit connecté avec la portion de la grotte où sont les enfants.

La voie privilégiée reste donc l'entrée principale de la grotte, où des spécialistes, notamment japonais, oeuvrent toujours pour drainer l'eau. Plus l'eau baissera, moins les enfants auront à parcourir de distance avec un équipement de plongée.

Cependant, plus le temps passe, plus le risque de nouvelles inondations est grand en cette période de mousson en Asie du Sud-Est.

- Des enfants mentalement prêts ? -

Outre leur condition physique, leur état psychologique est capital pour l'évacuation: immerger son corps dans une eau boueuse qu'on a vu peu à peu monter autour de soi n'est pas une chose facile.

D'autant plus que comme souvent en Asie du Sud-Est, notamment en zone rurale, nombre de Thaïlandais ne savent pas nager.

Sur les images vidéo filmées par les sauveteurs lundi soir, les enfants, amaigris, ne semblent pas céder à la panique.

"Ils sont mentalement stables ce qui est bien (...) L'entraîneur a eu la présence d'esprit de les garder serrés les uns contre les autres", ce qui a eu un effet rassurant, analyse pour l'AFP le plongeur belge Ben Reymenants, qui participe aux opérations de sauvetage.

La pratique de la méditation est courante dans ce pays bouddhiste, ce qui a pu aider les enfants à ne pas paniquer pendant ces longues journées d'attente.

Ce n'est pas la première fois qu'un sauvetage souterrain se finit bien, après plus d'une semaine: en 2014 en Allemagne, un homme a pu être secouru dans une grotte après 11 jours d'attente.

En 2012, au Pérou, des mineurs avaient pu être sauvés après sept jours sous terre. Et en 2010, au Chili, des mineurs avaient tenu 17 jours.

Mais ici, l'inondation, la raréfaction des poches d'air et le fait que le groupe soit composé d'enfants, plus enclins à la panique que les adultes a priori, avait compliqué la donne.

Avec l'AFP

"Notre mission de recherche a été couronnée de succès, mais il nous reste à les sortir de là", a déclaré le gouverneur de la province de Chiang Rai, Narongsak Osottanakorn, chef de la cellule de secours, se félicitant d'avoir réussi cette "mission impossible"."C'est inimaginable. Cela fait dix jours que j'attendais cela. Je n'imaginais pas que ce jour arriverait", a réagi le père d'un des enfants disparus. Mardi, une ligne directe, de plusieurs kilomètres de long, devrait finir d'être installée le long de la galerie principale, afin que les enfants puissent communiquer avec le monde extérieur, notamment avec leurs parents.Les chances qu'ils puissent être sortis dès mardi étaient minces: le niveau actuel de l'eau implique un parcours sous-marin qu'un plongeur chevronné met six heures à parcourir, ont précisé les secouristes. Les enfants, âgés de 11 à 16 ans, ont été découverts tard lundi avec leur entraîneur de 25 ans par des plongeurs britanniques, émaciés mais "sains et saufs", à plus de quatre kilomètres à l'intérieur de la galerie.Le groupe était perché sur un rebord situé loin dans les méandres de cette grotte, située à la frontière avec la Birmanie et le Laos, où ils ont été piégés le 23 juin par la montée des eaux.La découverte des enfants a suscité la liesse dans le pays après des journées de recherches difficiles, entravées par des pluies torrentielles. La télévision continue de suivre en direct l'opération.Les plongeurs ont trouvé les jeunes à quelques centaines de mètres au-delà de "Pattaya Beach", la zone soupçonnée de leur tenir lieu d'abri, qui était elle-même inondée.Une vidéo poignante filmée par les sauveteurs montre un groupe d'enfants maigres, vêtus de maillots de football trop grands et maculés de boue. Ils sont réfugiés sur un promontoire étroit entouré d'eau. "Merci", s'exclame l'un d'eux. Un autre répond "13" quand un des plongeurs à l'accent britannique demande combien ils sont.Nopparat Kantawong, l'entraîneur principal du club de foot des enfants, s'est dit certain que le fait que les enfants pratiquaient un sport d'équipe a joué un rôle dans leur survie."Je suis si heureux. Nous leur enseignons à s'aimer les uns les autres, comme une équipe", a-t-il dit à la télévision nationale. A cela s'ajoute le fait que "le football est un sport de combattants", a assuré celui qui va désormais attendre les enfants devant la grotte, comme nombre de proches.Ce n'est pas la première fois qu'un sauvetage souterrain se finit bien, après plus d'une semaine: en 2014 en Allemagne, un homme a pu être secouru dans une grotte après 11 jours d'attente. En 2012, au Pérou, des mineurs avaient pu être sauvés après sept jours sous terre. Et en 2010, au Chili, des mineurs avaient tenu 17 jours. Mais ici, l'inondation, la raréfaction des poches d'air et le fait que le groupe soit composé d'enfants, plus enclins à la panique que les adultes a priori, avait compliqué la donne.Avec l'AFP