Tensions diplomatiques entre Trump et Macron

10/11/18 à 13:53 - Mise à jour à 13:52

Source: Afp

"L'armée européenne" prônée par Emmanuel Macron ne vise pas les Etats-Unis, a déclaré la présidence française, évoquant une "confusion" dans l'interprétation des propos du président français qui ont déclenché la fureur de Donald Trump.

Tensions diplomatiques entre Trump et Macron

© Reuters

Cette déclaration du chef de l'Etat français mardi sur la radio Europe 1, avait suscité un tweet furieux vendredi soir du président américain, jugeant "très insultant" que M. Macron ait suggéré selon lui que l'Europe construise "sa propre armée" pour se protéger contre la Russie et la Chine mais aussi les Etats-Unis.

Dans cet entretien, M. Macron avait successivement évoqué les menaces pour l'Europe d'intrusions dans le cyberespace, le retrait américain annoncé du traité sur les armes nucléaires à portée intermédiaire (INF), conclu à l'époque de la Guerre froide, et appelé de ses voeux la création d'une "vraie armée européenne".

"Je comprends que l'enchaînement des sujets dans l'interview puissent créer de la confusion mais ce sont bien deux sujets différents, le traité INF et ce sujet d'une force de défense des Européens où il y a des travaux en cours", a souligné samedi la présidence française auprès de la presse.

Emmanuel Macron "n'a jamais dit qu'il fallait créer une armée européenne contre les Etats-Unis", a-t-on ajouté.

Mais dans la mesure où le retrait du traité INF "concerne la sécurité de l'Europe, il faut que l'Europe puisse être associée au dialogue sur ce sujet", a-t-on poursuivi.

Le président Macron avait déclaré mardi: "Nous sommes bousculés par les tentatives d'intrusion dans le cyberespace et l'intervention d'ailleurs dans notre vie démocratique de plusieurs. Nous devons nous protéger à l'égard de la Chine, de la Russie et même des Etats-Unis d'Amérique". Avant d'ajouter: "Quand je vois le président Trump annoncer il y a quelques semaines le fait qu'il sorte d'un grand traité de désarmement qui avait été pris je le rappelle après la crise des euromissiles au milieu des années 80 qui avait frappé l'Europe. Qui en est la victime principale ? L'Europe et sa sécurité".

"On ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d'avoir une vraie armée européenne", avait aussi insisté le chef de l'Etat français.

"Face à la Russie qui est à nos frontières et qui a montré qu'elle pouvait être menaçante (...) on doit avoir une Europe qui se défend davantage seule, sans dépendre seulement des Etats Unis, et de manière plus souveraine, avait-il conclu.

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