Cet entretien a lieu alors que la progression de l'armée syrienne, qui a encerclé vendredi un poste d'observation de l'armée turque près de la province d'Idleb, fait craindre des tensions sur le terrain entre Moscou qui soutient le régime et Ankara qui soutient les rebelles.

Les deux chefs d'Etat se sont mis d'accord "pour intensifier les efforts communs avec l'objectif de liquider la menace terroriste", a indiqué le Kremlin dans un communiqué.

Selon la présidence turque, lors de la conversation avec M. Poutine, M. Erdogan a affirmé que "les violations par le régime du cessez-le-feu à Idleb et ses attaques ont ouvert la voie à une grave crise humanitaire."

"Ces attaques nuisent aux efforts de résolution (du conflit) en Syrie et constituent une sérieuse menace contre la sécurité nationale de notre pays", a-t-il ajouté.

Les développements en Syrie seront au coeur d'un sommet le 16 septembre à Ankara entre les présidents de Russie, d'Iran et de Turquie, trois pays qui jouent un rôle de premier plan dans le conflit qui déchire ce pays depuis 2011.

Après près de quatre mois de bombardements quasi quotidiens contre la province d'Idleb et des zones de provinces voisines dominées par les jihadistes, le régime de Bachar al-Assad, soutenu par son indéfectible allié russe, a amorcé le 8 août une progression au sol.

Jeudi et vendredi, les prorégime ont repris plusieurs localités à cheval entre les provinces d'Idleb et de Hama, dont celle de Morek où se trouve le poste d'observation de l'armée turque, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Les forces du régime encerclent le poste d'observation turc à Morek", dans le nord de Hama.

Frontalière de la province d'Idleb, la Turquie qui soutient des groupes rebelles syriens et est intervenue militairement dans le conflit contre les Kurdes syriens et des jihadistes, déploie depuis près de deux ans des forces sur 12 postes d'observation dans les provinces d'Idleb et de Hama.