Assiégés par les jihadistes depuis le début de 2015, quelque 100.000 habitants survivent dans la partie tenue par le régime, qui représente un tiers de cette ville de l'est syrien.

Depuis samedi, l'EI mobilise de nombreux combattants pour s'emparer de la totalité de Deir Ezzor, en ayant recours massivement à des bombes humaines.

"Les civils sont anxieux et terrifiés. Ils craignent que l'EI ne rentre dans la ville, d'autant que les jihadistes accusent les habitants d'être des 'malfrats du régime'", témoigne Abou Nour, 51 ans, dont la maison se trouve à un kilomètre seulement des premières lignes de l'EI.

Joint par téléphone, il explique à l'AFP que les habitants vivent dans la hantise de la répétition des rapts et surtout des exécutions sommaires de masse que l'EI a commis dans cette riche province pétrolière.

"La manière dont ils ont tué est profondément ancrée dans l'esprit des gens ici", souligne Abou Nour.

L'EI s'est rendu tristement célèbre par les méthodes barbares utilisées pour tuer des membres des forces du régime, des rebelles mais aussi des civils, notamment en les décapitant, en les brûlant ou en tirant sur eux des roquettes.

Ainsi, lors de leur avancée sur la ville antique de Palmyre de 2015, ils avaient tué des dizaines de civils présentés comme des suppôts du régime, puis exécuté, en les filmant, des soldats dans le théâtre antique de cette célèbre cité.

Selon un groupe de militants, l'EI a déjà commencé à mettre à mort des combattants du régime faits prisonniers ces derniers jours à Deir Ezzor.

Ainsi Deir Ezzor 24, un site publiant des informations sur la ville, a révélé que 10 soldats avaient été exécutés "en étant écrasés par des chars".

"Si l'EI s'empare des zones gouvernementales, il commettra des massacres. C'est une grande source d'inquiétude pour nous", s'alarme l'un de ses membres, Omar Abou Leila.

Famine

Depuis le début de l'offensive, le groupe jihadiste a tiré des salves de roquettes sur les quartiers assiégés. "Cela fait des jours que des obus pleuvent sur nous", témoigne par téléphone Oum Inas, une autre résidente.

"Les rues sont presque désertes car les gens craignent les obus qui n'épargnent personne", précise cette femme de 45 ans.

Selon elle, la situation humanitaire ne cesse d'empirer, notamment après la décision prise dimanche par le Programme Alimentaire Mondial (PAM) de cesser de larguer de la nourriture en raison des combats.

"Si la situation continue ainsi, la famine va provoquer des ravages. Les largages étaient notre bouée de sauvetage", s'inquiète Oum Inas.

L'aide apportée par le PAM depuis avril 2016 s'ajoutait à celle fournie, aussi par air, par le gouvernement et les Russes.

Une source médicale dans la ville a indiqué à l'AFP que plus de 100 personnes avaient été blessées dans les derniers combats.

Le territoire contrôlé par l'EI a diminué de près d'un quart en 2016

Par ailleurs, l'EI a perdu en 2016 près du quart (23%) du territoire qu'il contrôlait en Irak et en Syrie, un recul qui menace sa "cohésion", selon une étude publiée jeudi par le cabinet d'analyse IHS Markit. Entre le mois de janvier 2016 et la fin de l'année, la superficie du "califat" proclamé par l'EI sur ces deux pays est passée de 78.000 km2 à 60.400 km2, soit une zone représentant la moitié d'un pays comme la Corée du Nord, explique cette firme basée à Londres.

En 2015, le territoire contrôlé par les djihadistes avait déjà fondu de 14%, passant de 90.800 km2 à 78.000 km2.

L'EI "a souffert de pertes territoriales sans précédent en 2016, notamment des zones cruciales pour le projet de gouvernance du groupe", souligne un analyste d'IHS, Columb Strack. "Et ceci malgré la reconquête en décembre de Palmyre", la ville syrienne antique inscrite par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité.

L'EI a notamment perdu en 2016 en Syrie les villes de Dabiq ou Minbej, et en Irak celles de Ramadi ou Fallouja. Selon IHS, les pertes territoriales enregistrées par l'EI ont entraîné des dissensions en interne sur la manière d'y répondre, qui menacent la "cohésion" du groupe. "Cela fait peser sur le groupe Etat islamique le risque de défections vers des groupes djihadistes rivaux en Syrie, ou même d'un possible éclatement interne" de l'EI, estime un autre expert d'IHS, Ludovico Carlino.

Assiégés par les jihadistes depuis le début de 2015, quelque 100.000 habitants survivent dans la partie tenue par le régime, qui représente un tiers de cette ville de l'est syrien.Depuis samedi, l'EI mobilise de nombreux combattants pour s'emparer de la totalité de Deir Ezzor, en ayant recours massivement à des bombes humaines."Les civils sont anxieux et terrifiés. Ils craignent que l'EI ne rentre dans la ville, d'autant que les jihadistes accusent les habitants d'être des 'malfrats du régime'", témoigne Abou Nour, 51 ans, dont la maison se trouve à un kilomètre seulement des premières lignes de l'EI.Joint par téléphone, il explique à l'AFP que les habitants vivent dans la hantise de la répétition des rapts et surtout des exécutions sommaires de masse que l'EI a commis dans cette riche province pétrolière."La manière dont ils ont tué est profondément ancrée dans l'esprit des gens ici", souligne Abou Nour.L'EI s'est rendu tristement célèbre par les méthodes barbares utilisées pour tuer des membres des forces du régime, des rebelles mais aussi des civils, notamment en les décapitant, en les brûlant ou en tirant sur eux des roquettes.Ainsi, lors de leur avancée sur la ville antique de Palmyre de 2015, ils avaient tué des dizaines de civils présentés comme des suppôts du régime, puis exécuté, en les filmant, des soldats dans le théâtre antique de cette célèbre cité.Selon un groupe de militants, l'EI a déjà commencé à mettre à mort des combattants du régime faits prisonniers ces derniers jours à Deir Ezzor.Ainsi Deir Ezzor 24, un site publiant des informations sur la ville, a révélé que 10 soldats avaient été exécutés "en étant écrasés par des chars". "Si l'EI s'empare des zones gouvernementales, il commettra des massacres. C'est une grande source d'inquiétude pour nous", s'alarme l'un de ses membres, Omar Abou Leila.Depuis le début de l'offensive, le groupe jihadiste a tiré des salves de roquettes sur les quartiers assiégés. "Cela fait des jours que des obus pleuvent sur nous", témoigne par téléphone Oum Inas, une autre résidente."Les rues sont presque désertes car les gens craignent les obus qui n'épargnent personne", précise cette femme de 45 ans.Selon elle, la situation humanitaire ne cesse d'empirer, notamment après la décision prise dimanche par le Programme Alimentaire Mondial (PAM) de cesser de larguer de la nourriture en raison des combats."Si la situation continue ainsi, la famine va provoquer des ravages. Les largages étaient notre bouée de sauvetage", s'inquiète Oum Inas.L'aide apportée par le PAM depuis avril 2016 s'ajoutait à celle fournie, aussi par air, par le gouvernement et les Russes.Une source médicale dans la ville a indiqué à l'AFP que plus de 100 personnes avaient été blessées dans les derniers combats.Par ailleurs, l'EI a perdu en 2016 près du quart (23%) du territoire qu'il contrôlait en Irak et en Syrie, un recul qui menace sa "cohésion", selon une étude publiée jeudi par le cabinet d'analyse IHS Markit. Entre le mois de janvier 2016 et la fin de l'année, la superficie du "califat" proclamé par l'EI sur ces deux pays est passée de 78.000 km2 à 60.400 km2, soit une zone représentant la moitié d'un pays comme la Corée du Nord, explique cette firme basée à Londres.En 2015, le territoire contrôlé par les djihadistes avait déjà fondu de 14%, passant de 90.800 km2 à 78.000 km2. L'EI "a souffert de pertes territoriales sans précédent en 2016, notamment des zones cruciales pour le projet de gouvernance du groupe", souligne un analyste d'IHS, Columb Strack. "Et ceci malgré la reconquête en décembre de Palmyre", la ville syrienne antique inscrite par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité. L'EI a notamment perdu en 2016 en Syrie les villes de Dabiq ou Minbej, et en Irak celles de Ramadi ou Fallouja. Selon IHS, les pertes territoriales enregistrées par l'EI ont entraîné des dissensions en interne sur la manière d'y répondre, qui menacent la "cohésion" du groupe. "Cela fait peser sur le groupe Etat islamique le risque de défections vers des groupes djihadistes rivaux en Syrie, ou même d'un possible éclatement interne" de l'EI, estime un autre expert d'IHS, Ludovico Carlino.