"Il y a des tirs d'artillerie sporadiques et on peut entendre des tirs dans la ville de Ras al-Aïn", a indiqué à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane, après que la Turquie a accepté de suspendre son offensive pendant cinq jours sous certaines conditions.

Côté turc de la frontière, une correspondante de l'AFP pouvait entendre des tirs d'artillerie et des explosions tandis que des volutes de fumée blanche s'élevaient dans le ciel du côté syrien.

"Un calme prudent règne dans les autres régions du nord syrien près de la frontière", a souligné M. Abdel Rahmane.

Jeudi soir à Ankara, le vice-président américain Mike Pence a annoncé que la Turquie allait suspendre pendant cinq jours son offensive en Syrie voisine et y mettre fin si les forces kurdes se retiraient d'un secteur frontalier durant ce délai.

Les forces kurdes devront se retirer d'un secteur d'une profondeur de 32 kilomètres censé se transformer à terme en "zone de sécurité", souhaitée depuis des mois par la Turquie.

Ankara n'a pas immédiatement précisé la longueur de ce secteur. Par le passé le président turc Recep Tayyip Erdogan avait déclaré que cette zone devrait s'étirer, à terme, du fleuve Euphrate à la frontière irakienne, soit une longueur de 480 kilomètres.

A la faveur de leur offensive lancée le 9 octobre, les forces turques et les supplétifs syriens ont pu conquérir une bande frontalière de près de 120 kilomètres allant de la ville de Tal Abyad jusqu'à l'ouest de Ras al-Aïn.

Ces derniers jours les affrontements les plus violents se sont concentrés dans la ville de Ras al-Aïn, où un réseau de tunnels souterrains permet aux forces kurdes de livrer une résistance farouche.

Jeudi les forces turques et les supplétifs syriens ont toutefois pu conquérir la moitié de la ville, selon l'OSDH.