"Plus de 3.000 personnes ont été tuées", soit "le bilan de victimes le plus élevé de l'année", a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) dans un communiqué.

Quelque 955 civils, dont 207 enfants, sont morts dans ces violences, a ajouté l'ONG, qui dispose d'un vaste réseau de sources à travers le pays.

"Plus de 70% des victimes civiles ont été tuées dans les frappes aériennes du régime ou de la Russie, ou dans les raids de la coalition internationale" emmenée par les Etats-Unis, a précisé à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Déclenché en 2011 par la répression des manifestations pacifiques contre le régime de Bachar al-Assad, le conflit en Syrie s'est complexifié avec l'implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé. Il a fait, à ce jour, plus de 330.000 morts et des millions de réfugiés et déplacés.

En mai, quatre zones de désescalade ont été annoncées par les alliés internationaux du régime et des rebelles afin d'instaurer des trêves dans plusieurs régions. Mais, ces dernières semaines, des violences ont éclaté dans certains de ces secteurs.

Par ailleurs, le pays est toujours le théâtre d'offensives distinctes qui visent à reprendre aux jihadistes de l'EI les territoires encore sous leur contrôle.

La hausse du nombre de victimes est due à "l'intensification des raids de la coalition internationale et de la Russie contre les bastions jihadistes (...), mais aussi à l'intensification des frappes russes et celles du régime contre les régions contrôlées par les rebelles", a affirmé le directeur de l'OSDH.

Appuyées par l'aviation russe, les forces du régime mènent une offensive contre l'EI à Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie.

De son côté, la coalition emmenée par les Etats-Unis fournit un appui aérien aux Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes engagée contre l'EI dans son bastion de Raqa (nord) ainsi qu'à Deir Ezzor.

'738 jihadistes' tués

D'après l'OSDH, les combats de septembre ont fait 790 morts dans les rangs du régime et de ses alliés, et 550 dans le camp des rebelles ou des FDS. Un total de 738 jihadistes, appartenant notamment à l'EI ou à Tahrir al-Cham, dirigé par l'ex-branche d'Al-Qaïda en Syrie, ont été tués.

Acculés de toutes parts en Syrie, les jihadistes de l'EI ont mené ces derniers jours des contre-offensives dans le désert de la Badiya, qui s'étend notamment dans l'ouest de Deir Ezzor et dans la province centrale de Homs.

Dimanche, l'EI s'est en outre emparé d'Al-Qaryatayn --dans le désert de Homs--, une ville qui a longtemps été un symbole de coexistence entre musulmans et chrétiens en Syrie selon l'OSDH.

Depuis mai et l'annonce de la création de zones de désescalade, un calme relatif régnait dans les régions concernées: la province d'Idleb (nord-ouest), la Ghouta orientale, près de Damas, Homs et le sud.

L'initiative, négociée par la Russie, l'Iran --des alliés du régime-- et la Turquie --parrain des rebelles-- doit ouvrir la voie à un cessez-le-feu durable.

Mais un regain de violence a été constaté ces derniers jours dans certains secteurs inclus dans ces zones.

Au moins 34 civils ont ainsi été tués dans la nuit de vendredi à samedi dans des frappes aériennes à Armanaz, une localité de la province d'Idleb, selon le nouveau bilan de l'OSDH.

La journée de vendredi avait aussi été sanglante dans la Ghouta orientale, où au moins 21 civils, dont près de la moitié étaient des enfants, ont péri dans des tirs d'artillerie du régime, d'après la même source.