"C'est quelque chose qui est rejeté", a dit M. Jubeir lors d'une conférence de presse à Ryad en rappelant que le royaume saoudien disposait d'un organisme d'enquête. La veille, son homologue turc Mevlut Cavusoglu avait estimé "indispensable" l'ouverture d'une enquête internationale sur l'assassinat du journaliste par des agents saoudiens venus à Istanbul. Jeudi, le bureau du procureur général d'Arabie saoudite a annoncé que 11 suspects saoudiens avaient été déférés devant la justice et que la peine de mort était requise contre cinq d'entre eux. Le procureur a dédouané le prince héritier Mohammed ben Salmane que la presse turque a montré du doigt depuis plus d'un mois en liaison avec l'ordre de tuer Khashoggi. Comme on lui demandait s'il considérait aussi que le prince héritier était dédouané, M. Jubeir a répondu: "Absolument. Le prince héritier n'a rien à voir avec cette question".

"L'affaire est maintenant judiciaire et elle est traitée par le système judiciaire en Arabie saoudite", a dit le chef de la diplomatie de Ryad. Certes, "il y a encore un mystère et nous espérons que nos frères en Turquie" aideront l'Arabie saoudite à dissiper les zones d'ombre restantes, a-t-il poursuivi, alors que les restes du corps du journaliste, démembré, sont toujours introuvables. M. Jubeir a toutefois déploré la poursuite d'une "violente campagne dans les médias turcs et qataris" contre le royaume saoudien. "Il est regrettable qu'il y ait des tentatives de politiser cette question".