"C'est véritablement un empoisonnement, par une matière chimique inconnue", a déclaré aux journalistes Mme Mikhaïlova devant l'hôpital où Alexeï Navalny a été admis. "Laquelle, où cela a-t-il eu lieu, qu'est-ce que c'est ? Personne ne peut le dire. Cela n'a pas encore été déterminé", a-t-elle ajouté. Elle a précisé que les yeux d'Alexeï Navalny avaient le plus souffert et qu'une demande de libération pour raisons de santé serait déposée.

Quelques minutes plus tard, le docteur Anastasia Vassilieva, une ophtalmologue qui avait traité M. Navalny lorsqu'il avait été aspergée d'antiseptique en 2017, a déclaré que les médecins de l'hôpital avaient signé son ordre de renvoi en prison, alors qu'il n'est pas "pas totalement rétabli". "Alexeï va mieux, mais j'ai bien peur qu'aucune tentative de savoir ce qu'est cette substance ne soit entreprise", a-t-elle ajouté, se disant "étonnée" qu'il ait été renvoyé en prison. "Le laisser retourner à l'endroit où il a reçu une dose de produit chimique inconnu sans que les (conclusions des) analyses soient connues, ce n'est pas bien et pas professionnel", a-t-elle encore dit.

"Il fallait le garder en observation", a poursuivi Mme Vassilieva, assurant que l'hypothèse des autorités selon laquelle il aurait eu une réaction allergique au contact d'un produit chimique en prison ne tiennent pas la route. "La réaction dermatologique doit se situer à l'endroit où il y a eu contact. Mais Alexeï a une éruption cutanée généralisée. C'est une intoxication généralisée", a-t-elle affirmé.

Opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny, 43 ans, a été transféré dimanche de sa cellule vers un établissement hospitalier. Il avait été envoyé en prison la semaine dernière à deux jours d'un rassemblement de l'opposition pour des élections libres, qui s'est soldé samedi par plus de 1.400 arrestations à Moscou. Les autorités ont parlé d'une "grave réaction allergique", une information qui a laissé les membres de son entourage dubitatifs, car, selon eux, il n'a jamais été victime d'allergies.