Le bureau du président Ashraf Ghani, exclu des pourparlers, rappelle avoir "toujours insisté sur le fait qu'une vraie paix est atteignable seulement si les talibans arrêtent de tuer des Afghans, acceptent un cessez-le-feu et des discussions directes avec le gouvernement afghan".

Le président américain a annoncé samedi mettre fin aux "négociations de paix" engagées avec les talibans depuis décembre en les accusant d'être "incapables d'accepter un cessez-le-feu durant ces discussions". Il leur a notamment reproché d'avoir tenté "à mauvais escient d'accroître la pression" sur les Etats-Unis par des attentats dont l'un a tué un militaire américain à Kaboul jeudi.

Le gouvernement afghan avait exprimé récemment sa "préoccupation" face à un accord dont il ne serait pas partie. De nombreux responsables redoutaient qu'une fois conclu, les talibans reviennent sur les libertés publiques et refusent tout partage du pouvoir.

La présidence afghane s'est affirmée dimanche "prête à travailler avec les Etats-Unis et d'autres alliés pour arriver à une paix durable". Par ailleurs, elle "insiste sur la tenue des élections présidentielles" prévues le 28 septembre prochain. L'administration américaine n'avait pas caché privilégier la conclusion d'un accord avec les talibans à la tenue de ce scrutin.

Les pourparlers avec les talibans devaient mettre fin à un conflit entamé en 2001 avec l'intervention américaine en Afghanistan en réaction aux attaques organisées par Al-Qaïda aux Etats-Unis.

L'accord sur le point d'être conclu prévoyait un retrait progressif des force américaines, devant passer de 13.000 à 14.000 soldats à 8.600 dans les prochains mois. En échange les talibans interdiraient la présence sur le territoire d'organisations "terroristes", s'engageraient à une "réduction de la violence" dans certaines zones et entameraient un dialogue direct avec le gouvernement à Kaboul.