Pour la première fois, la justice suisse a reconnu, lors d'une audience ce lundi 13 janvier, que la désobéissance civile pratiquée par les manifestants pour le climat se justifiait. Invoqué par les avocats, l'état de "nécessité licite" - une exception juridique qui rend légale une action punie par la loi si elle est justifiée par la sauvegarde d'intérêts prépondérants - a été retenu.

En novembre 2018, 12 activistes avaient investi les locaux de trois agence de la banque Crédit Suisse déguisés en joueurs de tennis. Ils voulaient de cette manière attirer l'attention sur les émissions de gaz à effet de serre générées par les investissements de l'institution bancaire et interpeller par la même occasion le joueur star de tennis Roger Federer, l'un de ses ambassadeurs. Les douze membres de Lausanne Action Climat avaient été condamnés l'an dernier à payer des amendes, ils viennent donc d'être acquittés en appel

#RogerForClimate

Sur les réseaux sociaux, les activistes appelaient la semaine dernière le champion de tennis à se "réveiller" via #RogerWakeUpNow.

Ils ont lancé en ce début de semaine un nouveau mot d'ordre: #RogerForClimate, accompagné d'une vidéo dans laquelle on peut, entre autres, écouter le climatologue belge de renommée internationale Jean-Pascal Van Ypersele, interpeller le champion de tennis par rapport à ses relations avec la banque.

Critiqué par des militants de la cause environnementale, dont Greta Thunberg, pour ses liens avec ce sponsor qui, selon eux, a prêté des milliards de dollars à l'industrie des énergies fossiles, Federer a déclaré qu'il allait utiliser sa "position privilégiée pour dialoguer" avec ses sponsors. Le Crédit Suisse investirait dans les énergies fossiles plus de 57 milliards de dollars depuis trois ans pour rechercher des gisements, d'après les ONG, qui se mobilisent contre le groupe.

Dans la foulée, et à l'instar des nombreuses autres personnalités du tennis qui se sont engagées à verser des centaines de milliers de dollars, Federer a indiqué qu'il fera "aussi un don personnel mercredi" à Melbourne lors d'un match de charité de levée de fonds pour l'Australie, aux côtés notamment de Rafael Nadal ou Serena Williams.

Des sponsors 'dignes aux yeux de la société'

En visant directement le joueur - plus que le Crédit Suisse - les défenseurs du climat ont trouvé un levier d'action extrêmement efficace, comme l'explique le spécialiste en communication Jean-Christophe Alquier dans une chronique sur France Inter :"C'est parce que 'le sportif' est une star, une personnalité mondialement connue, visible, que l'on peut amasser le maximum de points médiatiques, et le maximum d'exposition. Et maintenant pour les grands sportifs, il y a cette obligation de 'moraliser', en quelque sorte, l'éventail de sponsors avec lesquels il travaille."

"Des sponsors 'dignes aux yeux de la société' " ajoute-t-il, rappelant, par exemple, comment Total a été exclu pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, ou le partenariat historique entre Shell et Lego non renouvelé en 2014, après une campagne de Greenpeace.

Cependant, choisir entre son image, et les dizaines de millions que certains sponsors rapportent aux sportifs, n'est pas évident explique France Inter. Federer n'a d'ailleurs pas dit renoncer au Crédit suisse. Serena Williams, est quand à elle, sponsorisée par le géant JP Morgan qui fait partie du Top 4 mondial pour les investissements bancaires dans les énergies fossiles. Nadal est ambassadeur d'un constructeur automobile...

Interrogé par l'AFP, Credit Suisse a assuré de son côté se "réjouir de poursuivre ce dialogue", soulignant qu'elle "entend aligner son portefeuille de crédits sur les objectifs de l'Accord de Paris et a récemment annoncé, dans le cadre de sa stratégie climatique mondiale, qu'elle ne financera plus de nouvelles centrales électriques au charbon".

Pour la première fois, la justice suisse a reconnu, lors d'une audience ce lundi 13 janvier, que la désobéissance civile pratiquée par les manifestants pour le climat se justifiait. Invoqué par les avocats, l'état de "nécessité licite" - une exception juridique qui rend légale une action punie par la loi si elle est justifiée par la sauvegarde d'intérêts prépondérants - a été retenu. En novembre 2018, 12 activistes avaient investi les locaux de trois agence de la banque Crédit Suisse déguisés en joueurs de tennis. Ils voulaient de cette manière attirer l'attention sur les émissions de gaz à effet de serre générées par les investissements de l'institution bancaire et interpeller par la même occasion le joueur star de tennis Roger Federer, l'un de ses ambassadeurs. Les douze membres de Lausanne Action Climat avaient été condamnés l'an dernier à payer des amendes, ils viennent donc d'être acquittés en appelSur les réseaux sociaux, les activistes appelaient la semaine dernière le champion de tennis à se "réveiller" via #RogerWakeUpNow. Ils ont lancé en ce début de semaine un nouveau mot d'ordre: #RogerForClimate, accompagné d'une vidéo dans laquelle on peut, entre autres, écouter le climatologue belge de renommée internationale Jean-Pascal Van Ypersele, interpeller le champion de tennis par rapport à ses relations avec la banque.Critiqué par des militants de la cause environnementale, dont Greta Thunberg, pour ses liens avec ce sponsor qui, selon eux, a prêté des milliards de dollars à l'industrie des énergies fossiles, Federer a déclaré qu'il allait utiliser sa "position privilégiée pour dialoguer" avec ses sponsors. Le Crédit Suisse investirait dans les énergies fossiles plus de 57 milliards de dollars depuis trois ans pour rechercher des gisements, d'après les ONG, qui se mobilisent contre le groupe.Dans la foulée, et à l'instar des nombreuses autres personnalités du tennis qui se sont engagées à verser des centaines de milliers de dollars, Federer a indiqué qu'il fera "aussi un don personnel mercredi" à Melbourne lors d'un match de charité de levée de fonds pour l'Australie, aux côtés notamment de Rafael Nadal ou Serena Williams.En visant directement le joueur - plus que le Crédit Suisse - les défenseurs du climat ont trouvé un levier d'action extrêmement efficace, comme l'explique le spécialiste en communication Jean-Christophe Alquier dans une chronique sur France Inter :"C'est parce que 'le sportif' est une star, une personnalité mondialement connue, visible, que l'on peut amasser le maximum de points médiatiques, et le maximum d'exposition. Et maintenant pour les grands sportifs, il y a cette obligation de 'moraliser', en quelque sorte, l'éventail de sponsors avec lesquels il travaille.""Des sponsors 'dignes aux yeux de la société' " ajoute-t-il, rappelant, par exemple, comment Total a été exclu pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, ou le partenariat historique entre Shell et Lego non renouvelé en 2014, après une campagne de Greenpeace.Cependant, choisir entre son image, et les dizaines de millions que certains sponsors rapportent aux sportifs, n'est pas évident explique France Inter. Federer n'a d'ailleurs pas dit renoncer au Crédit suisse. Serena Williams, est quand à elle, sponsorisée par le géant JP Morgan qui fait partie du Top 4 mondial pour les investissements bancaires dans les énergies fossiles. Nadal est ambassadeur d'un constructeur automobile... Interrogé par l'AFP, Credit Suisse a assuré de son côté se "réjouir de poursuivre ce dialogue", soulignant qu'elle "entend aligner son portefeuille de crédits sur les objectifs de l'Accord de Paris et a récemment annoncé, dans le cadre de sa stratégie climatique mondiale, qu'elle ne financera plus de nouvelles centrales électriques au charbon".