Interpellé en séance plénière de la Chambre par plusieurs députés, le chef de la diplomatie belge a déploré l'attitude "déstabilisatrice" tant de la Turquie, qui a rassemblé des troupes à la frontière turco-syrienne, que des Etats-Unis, qui, par le voix du président Trump, ont annoncé un retrait de leurs troupes sur place, avant de relativiser la portée de celui-ci.

Face aux risques d'un conflit armé direct entre armée turque et forces kurdes -dont des milliers des combattants djihadistes pourraient profiter pour s'échapper des camps où ils sont actuellement détenus par les Kurdes-, M. Reynders a indiqué que la Belgique préconisait la prise d'une décision concertée au niveau européen. "Ce que nous tentons, c'est de faire pression sur la Turquie pour qu'elle ne s'engage pas dans cette opération (militaire contre les Kurdes)", a-t-il indiqué.

Pour éviter tout affrontement, il conviendrait, selon lui, de maintenir une présence militaire internationale suffisante dans le nord-est de la Syrie. La France et la Grande-Bretagne y sont déjà, a-t-il souligné. Des pistes sont actuellement étudiées pour y assurer une représentation (militaire) européenne plus forte, a-t-il ajouté.

Dans leurs répliques, les députés Georges Dallemagne (cdH) et Christophe Lacroix (PS) ont laissé entendre que leur groupe politique serait prêt à soutenir la participation de militaires belges à une telle opération internationale dans le nord-est de la Syrie.