Les députés la conspuent, l'accusant de vouloir "envoyer les cadavres des bébés au four crématoire". Les injures, menaces et croix gammées se déversent, avec un degré d'abjection difficile à imaginer, quarante a...

Les députés la conspuent, l'accusant de vouloir "envoyer les cadavres des bébés au four crématoire". Les injures, menaces et croix gammées se déversent, avec un degré d'abjection difficile à imaginer, quarante ans plus tard. Mais la loi est votée, en 1975. Simone Veil ne se laissait jamais abattre par la médiocrité. L'ancienne ministre, également à l'oeuvre dans le gouvernement Balladur, puis députée et présidente du Parlement européen, s'est éteinte le 30 juin, à 89 ans. Celle qui était l'une des personnalités politiques préférées des Français n'aura eu de cesse, durant sa vie, de témoigner de la Shoah, elle qui a été déportée, à 16 ans et demi, vers Auschwitz-Birkenau et a perdu ses parents et son frère dans les camps. Attachée à défendre les droits des prisonniers et des femmes, cette avocate de centre-droit a été membre du Conseil constitutionnel et admise à l'Académie française. Sur son épée d'immortelle, elle avait fait graver les cinq chiffres de son matricule de déportation, inscrits à l'encre bleue sur son avant-bras gauche: 78651.