"Après ce merveilleux spectacle, je déclare ouverts les Jeux olympiques de Rio. " A ces paroles qui devaient symboliser une apothéose pour tout un pays, une partie du public du stade Maracana répond, en ce soir du 5 août, par une salve de huées à l'adresse du président intérimaire Miche...

"Après ce merveilleux spectacle, je déclare ouverts les Jeux olympiques de Rio. " A ces paroles qui devaient symboliser une apothéose pour tout un pays, une partie du public du stade Maracana répond, en ce soir du 5 août, par une salve de huées à l'adresse du président intérimaire Michel Temer. Grande puissance émergente, le Brésil est miné par une des plus graves crises de son histoire. La récession économique, l'usure du pouvoir du Parti des travailleurs et un scandale de corruption lié au groupe pétrolier Petrobras, qui ternit le bilan de l'ancien président Lula, fournissent un contexte propice aux tensions. Des erreurs de gouvernance de la présidente et des rivalités au sein de la coalition gouvernementale finissent de créer un climat délétère. La période de grâce de Dilma Rousseff est révolue. Elle ne tombera pas sur le dossier Petrobras mais sous l'accusation de maquillage des comptes publics. Le 31 août, une majorité de sénateurs approuve sa destitution. La présidente crie au " coup d'Etat parlementaire ". Son allié de gouvernement, le Parti du mouvement démocratique brésilien, de centre-droit, hérite de la présidence en la personne de Michel Temer. Mais le mal-être de la démocratie brésilienne est bien plus profond. En octobre, Eduardo Cunha, celui-là même qui, comme président du Sénat, avait enclenché la procédure d'impeachment contre Rousseff, est emprisonné pour son implication dans l'affaire Petrobras.