Angela Merkel a beau répéter qu'elle connaît beaucoup d'Européens " prêts à se battre pour les valeurs démocratiques ", elle est plus que jamais l'incarnation de ces valeurs. La victoire du populiste Donald Trump outre-Atlantique, la fragilité actuelle de la France, plongée dans les turbulences préélectorales, et la poussée de l'antilibéralisme et de la xénophobie en Pologne et dans beaucoup d'autres pays de l'Union européenne, dont l'Allemagne, n'ont fait que renforcer ce...

Angela Merkel a beau répéter qu'elle connaît beaucoup d'Européens " prêts à se battre pour les valeurs démocratiques ", elle est plus que jamais l'incarnation de ces valeurs. La victoire du populiste Donald Trump outre-Atlantique, la fragilité actuelle de la France, plongée dans les turbulences préélectorales, et la poussée de l'antilibéralisme et de la xénophobie en Pologne et dans beaucoup d'autres pays de l'Union européenne, dont l'Allemagne, n'ont fait que renforcer cette image. En déplacement sur le Vieux Continent en novembre pour y faire ses adieux, Barack Obama n'a pas caché ses préférences : il s'est rendu à Berlin, qu'il considère comme le centre de l'Europe, et a multiplié les déclarations élogieuses au sujet de la chancelière, réduisant les autres dirigeants de l'Union au rôle de simples figurants. Dressant le bilan de leur relation de huit années, le président américain sortant a qualifié Merkel de " partenaire extraordinaire " et a rendu hommage à son " sérieux " et à sa " crédibilité ". Sur la même longueur d'onde que lui, le New York Times qualifie Merkel de " gardienne des valeurs libérales occidentales ". Antithèse de Trump, elle est aussi précise qu'il est imprévisible, aussi discrète qu'il est extravagant. Une grande partie de l'opinion allemande et bon nombre d'Européens voient en elle la seule et unique dirigeante forte et expérimentée d'Europe. Certes, ses maladresses lors de la crise migratoire de 2015, qui ont inquiété son électorat conservateur et ont fait le jeu des populistes, ont entamé son insolente popularité. Seule contre tous, elle a défendu une politique d'asile généreuse, puis elle a perdu le contrôle des événements. Mais les sondages lui sont à nouveau favorables, surtout depuis qu'elle a prononcé son " mea culpa " sur la question des réfugiés, restée sensible. Face à une gauche allemande faible et dépourvue de stratégie, Angela Merkel, candidate à un quatrième mandat, semble cumuler assez d'atouts pour l'emporter aux élections fédérales de septembre 2017. Elle reste sans rival au sein de la CDU et la tension avec la CSU bavaroise s'est allégée. Elle est aussi persuadée que l'AfD, parti anti-immigrants et anti-Europe, troisième force politique du pays, qui se présente comme la " seule opposition " à la chancelière, finira par refluer électoralement. Pour autant que le flux migratoire soit réellement jugulé !