Violents affrontements

Le vendredi 18 octobre, Santiago est le théâtre de violents affrontements entre forces de l'ordre et manifestants protestant contre l'augmentation des prix des transports. Ces troubles obligent les autorités à boucler toutes les stations de métro. Auparavant, des appels à monter dans les trains sans billet avaient circulé pour protester contre l'augmentation des prix des tickets de métro, passés de 800 à 830 pesos (1,04 euro) aux heures de pointe, après une première augmentation de 20 pesos en janvier. Dans la soirée, le président conservateur Sebastian Piñera décrète l'état d'urgence à Santiago et confie à un militaire, le général Javier Iturriaga, la responsabilité d'assurer la sécurité publique.

Couvre-feu

Le 19, des milliers de personnes défilent contre les inégalités à Santiago, où des heurts éclatent entre protestataires et forces de l'ordre. D'autres rassemblements ont lieu dans des grandes villes comme Valparaiso et Viña del Mar, malgré la suspension de la hausse des prix des tickets de métro. Pour la première fois depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990), des milliers de militaires sont déployés dans les rues, et un couvre-feu nocturne est décrété dans la capitale.

Le Chili "en guerre"

Le 20, les émeutes se poursuivent, avec de nouveaux heurts dans le centre de Santiago et des pillages dans plusieurs quartiers. L'état d'urgence est étendu à neuf des 16 autres régions du pays, et le couvre-feu nocturne reconduit dans la capitale. "Nous sommes en guerre contre un ennemi puissant, implacable, qui ne respecte rien ni personne et qui est prêt à faire usage de la violence et de la délinquance sans aucune limite", déclare le chef de l'État.

"Les militaires dehors"

Le 21, les manifestations reprennent aux cris de "Les militaires dehors". Les cours sont suspendus dans la quasi-totalité des écoles et universités de la capitale. Les transports publics restent très perturbés. De longues files d'attente se forment pour s'approvisionner en essence et en denrées diverses. Le président Piñera annonce qu'il réunira le lendemain les partis politiques pour trouver un "accord social".

Mesures sociales sans effet

Le 22, malgré une demande de "pardon" du président et l'annonce de mesures sociales - hausse du minimum retraite, gel des tarifs de l'électricité -, la colère ne faiblit pas, avec un appel à la grève générale lancé par les principaux syndicats et mouvements sociaux du pays.

Grève générale

Le 23, au premier jour de la grève, les rassemblements se multiplient dans plusieurs villes du Chili, avec des dizaines de milliers de manifestants à Santiago. Ils exigent l'abandon des mesures d'exception, et notamment "le retour des militaires dans leurs casernes", ainsi que des réponses à la pire crise sociale que connaît le pays depuis 30 ans. Le mouvement est rejoint par les puissants syndicats des mines de cuivre -- dont le Chili est le premier producteur mondial --, les personnels de santé et les employés des ports. Le gouvernement annonce le rappel de réservistes pour seconder dans les tâches administratives les quelque 20.000 militaires déployés dans les rues du pays.

Vers une levée du couvre-feu

Le 24, grève et manifestations se poursuivent. Sebastian Piñera annonce un plan pour mettre fin au couvre-feu, qui a déjà été réduit, et à l'état d'exception. Depuis le début du mouvement, 19 personnes ont été tuées. Selon l'Institut national des droits humains (INDH), 584 personnes ont été blessées, dont 245 par armes à feu.