L'application de ces mesures "peut entraîner des conséquences non désirables", a réagi la police catalane dans un message diffusé sur Twitter pendant que son chef Josep Lluís Trapero, participait à une réunion de coordination avec le parquet.

"Ces conséquences ont trait à la sécurité citoyenne et au risque plus que prévisible d'altération de l'ordre public que cela peut engendrer", a-t-elle ajouté, en réponse à la demande la veille du parquet de bloquer l'accès aux bureaux de vote jusqu'à dimanche soir.

Une mission délicate pour la police régionale, comptant quelque 16.000 agents, vu sa proximité avec la population. Le gouvernement catalan avait annoncé son intention de disposer de près de 2.700 bureaux de vote. Le responsable régional en charge de la sécurité, Joaquim Forn, a qualifié les mesures du parquet "d'énorme erreur".

"Ils vont probablement empêcher que les gens votent dans les grandes villes", réduisant ainsi au maximum le nombre de votants pour que le référendum ait le moins de légitimité possible, estimait mercredi une source judiciaire haut placée.

"C'est faisable... le problème c'est les troubles que cela pourrait entraîner", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'association Juges pour la démocratie Ignacio Gonzalez, dans un contexte de tension dans une région très divisée sur le référendum.

Sur le front judiciaire, l'Audience nationale, juridiction spécialisée dans les affaires complexes, a déclaré recevable une plainte pour sédition présentée par le parquet contre les organisateurs d'une manifestation la semaine dernière. Celle-ci avait empêché pendant de longues heures des agents de la Garde civile de quitter un immeuble qu'ils avaient perquisitionné à Barcelone.

Les lycéens favorables au référendum ont décidé de se mettre en grève à partir de mercredi pour occuper leurs établissements, qui pourraient servir de bureaux de vote.

Pour ajouter à l'agitation ambiante, un petit syndicat anarchiste, la CGT, a appelé à une grève générale à partir du 3 octobre. Les deux principales organisations syndicales (UGT et CCOO) ont pour leur part rapidement pris leurs distances.

"Voir tous ces policiers, les hélicoptères (qui survolent la ville en permanence, ndlr), ca effraye un peu. On dirait une invasion. Mais de notre côté je ne crois pas qu'il y aura de violence", confiait Marga Millet, une libraire barcelonaise de 67 ans décidée malgrè tout à voter.

L'attitude "déconcertante" de Rajoy

Après la nouvelle décision du parquet, les critiques contre le gouvernement de Mariano Rajoy ont fusé. Dans un éditorial virulent, le quotidien El Pais a dénoncé "l'absence du gouvernement" et une attitude "qui frôle l'irresponsabilité".

L'un des plus connus des écrivains espagnols, le catalan Eduardo Mendoza, a signé mercredi une tribune où il fustige les capacités intellectuelles selon lui "limitées" du gouvernement.

"Il gronde, rappelle à l'ordre et menace, obtenant un résultat complètement contraire à celui recherché, pour autant qu'il cherche à trouver une solution et non à crisper les esprits à des fins électorales", a-t-il regretté.

"Nous vivons peut-être un moment historique sans précédent en raison de l'acharnement de certains indépendantistes à nier des siècles d'histoire partagée entre les Espagnols, et pour en finir avec des années de stabilité démocratique pour laquelle se sont battus nos parents", a semblé répondre la vice-présidente Soraya de Santamaria devant le Congrès.

Peu avant, le groupe séparatiste basque ETA a assuré que l'Etat espagnol était "une prison pour les peuples", dans un communiqué publié par le journal basque Gara.

La crise catalane porte d'ores et déjà atteinte à la gestion des affaires courantes.

M. Rajoy, qui a obtenu mardi à Washington le soutien du président américain Donald Trump, a annulé sa participation au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne en Estonie vendredi.

Et le gouvernement a reconnu mardi soir qu'il ne serait peut-être pas en mesure d'obtenir l'approbation du budget 2018 avant la fin de l'année, les élus nationalistes basques ayant refusé de le soutenir.

L'application de ces mesures "peut entraîner des conséquences non désirables", a réagi la police catalane dans un message diffusé sur Twitter pendant que son chef Josep Lluís Trapero, participait à une réunion de coordination avec le parquet. "Ces conséquences ont trait à la sécurité citoyenne et au risque plus que prévisible d'altération de l'ordre public que cela peut engendrer", a-t-elle ajouté, en réponse à la demande la veille du parquet de bloquer l'accès aux bureaux de vote jusqu'à dimanche soir. Une mission délicate pour la police régionale, comptant quelque 16.000 agents, vu sa proximité avec la population. Le gouvernement catalan avait annoncé son intention de disposer de près de 2.700 bureaux de vote. Le responsable régional en charge de la sécurité, Joaquim Forn, a qualifié les mesures du parquet "d'énorme erreur". "Ils vont probablement empêcher que les gens votent dans les grandes villes", réduisant ainsi au maximum le nombre de votants pour que le référendum ait le moins de légitimité possible, estimait mercredi une source judiciaire haut placée."C'est faisable... le problème c'est les troubles que cela pourrait entraîner", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'association Juges pour la démocratie Ignacio Gonzalez, dans un contexte de tension dans une région très divisée sur le référendum. Sur le front judiciaire, l'Audience nationale, juridiction spécialisée dans les affaires complexes, a déclaré recevable une plainte pour sédition présentée par le parquet contre les organisateurs d'une manifestation la semaine dernière. Celle-ci avait empêché pendant de longues heures des agents de la Garde civile de quitter un immeuble qu'ils avaient perquisitionné à Barcelone. Les lycéens favorables au référendum ont décidé de se mettre en grève à partir de mercredi pour occuper leurs établissements, qui pourraient servir de bureaux de vote. Pour ajouter à l'agitation ambiante, un petit syndicat anarchiste, la CGT, a appelé à une grève générale à partir du 3 octobre. Les deux principales organisations syndicales (UGT et CCOO) ont pour leur part rapidement pris leurs distances."Voir tous ces policiers, les hélicoptères (qui survolent la ville en permanence, ndlr), ca effraye un peu. On dirait une invasion. Mais de notre côté je ne crois pas qu'il y aura de violence", confiait Marga Millet, une libraire barcelonaise de 67 ans décidée malgrè tout à voter.Après la nouvelle décision du parquet, les critiques contre le gouvernement de Mariano Rajoy ont fusé. Dans un éditorial virulent, le quotidien El Pais a dénoncé "l'absence du gouvernement" et une attitude "qui frôle l'irresponsabilité". L'un des plus connus des écrivains espagnols, le catalan Eduardo Mendoza, a signé mercredi une tribune où il fustige les capacités intellectuelles selon lui "limitées" du gouvernement. "Il gronde, rappelle à l'ordre et menace, obtenant un résultat complètement contraire à celui recherché, pour autant qu'il cherche à trouver une solution et non à crisper les esprits à des fins électorales", a-t-il regretté."Nous vivons peut-être un moment historique sans précédent en raison de l'acharnement de certains indépendantistes à nier des siècles d'histoire partagée entre les Espagnols, et pour en finir avec des années de stabilité démocratique pour laquelle se sont battus nos parents", a semblé répondre la vice-présidente Soraya de Santamaria devant le Congrès.Peu avant, le groupe séparatiste basque ETA a assuré que l'Etat espagnol était "une prison pour les peuples", dans un communiqué publié par le journal basque Gara. La crise catalane porte d'ores et déjà atteinte à la gestion des affaires courantes. M. Rajoy, qui a obtenu mardi à Washington le soutien du président américain Donald Trump, a annulé sa participation au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne en Estonie vendredi.Et le gouvernement a reconnu mardi soir qu'il ne serait peut-être pas en mesure d'obtenir l'approbation du budget 2018 avant la fin de l'année, les élus nationalistes basques ayant refusé de le soutenir.