Au cours du mois dernier, le nombre de nouveaux cas a augmenté à rythme jamais vu depuis le début de l'épidémie, l'an dernier, dans cette région gangrenée par les conflits. "Je suis très inquiet - aussi inquiet qu'on puisse l'être ", déclare Jeremy Farrar, le patron du Wellcome Trust, une fondation caritative, qui appelle dans The Guardian à un cessez-le-feu pour permettre aux équipes de santé d'atteindre les malades et de protéger les autres personnes de la communauté. "Qu'elle atteigne ou non le niveau qu'elle avait atteint en Afrique de l'Ouest, il s'agit d'ores et déjà d'une épidémie massive et elle est toujours en expansion. Bien qu'elle ne soit pas étendue géographiquement, les chiffres sont effrayants et le fait qu'ils augmentent est encore plus terrifiant. Il est vital d'obtenir un cessez-le-feu de six à neuf mois pour arrêter la propagation"
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Au cours du mois dernier, le nombre de nouveaux cas a augmenté à rythme jamais vu depuis le début de l'épidémie, l'an dernier, dans cette région gangrenée par les conflits. "Je suis très inquiet - aussi inquiet qu'on puisse l'être ", déclare Jeremy Farrar, le patron du Wellcome Trust, une fondation caritative, qui appelle dans The Guardian à un cessez-le-feu pour permettre aux équipes de santé d'atteindre les malades et de protéger les autres personnes de la communauté. "Qu'elle atteigne ou non le niveau qu'elle avait atteint en Afrique de l'Ouest, il s'agit d'ores et déjà d'une épidémie massive et elle est toujours en expansion. Bien qu'elle ne soit pas étendue géographiquement, les chiffres sont effrayants et le fait qu'ils augmentent est encore plus terrifiant. Il est vital d'obtenir un cessez-le-feu de six à neuf mois pour arrêter la propagation" "Depuis le début de l'épidémie, le cumul des cas est de 1.680, dont 1.592 confirmés et 88 probables. Au total, il y a eu 1.117 décès (1.029 confirmés et 88 probables) et 450 personnes guéries", indiquent les autorités. D'autre part, cette dixième épidémie, déclarée en août dans les provinces du Nord-Kivu et d'Ituri, a déjà contaminé 99 agents de santé dont 34 sont décédés, d'après les autorités sanitaires congolaises. Entretemps, un bébé de 42 jours a été guéri de cette fièvre hémorragique, selon le bulletin quotidien du ministère de la Santé daté de dimanche. L'actuelle épidémie de fièvre hémorragique Ebola est la dixième et la plus grave enregistrée sur le sol congolais depuis 1976. Elle est la deuxième la plus grave après celle en Afrique de l'Ouest en 2014 (plus de 11.000 morts en Guinée, Sierra Leone et au Liberia principalement). 10 mois après le début de l'épidémie, le nombre de cas augmente régulièrement et le taux de mortalité est plus élevé que lors des flambées précédentes, soit d'environ 67 %.De retour d'une visite à ses équipes dans la région, David Miliband, le chef du Comité international de secours, a appelé à une "réinitialisation" de l'intervention. "La situation est bien plus dangereuse que ne le suggère la statistique de 1 000 décès, qui est tout de même la deuxième plus importante de l'histoire. La suspension de services clés menace de créer un point de rupture dans la trajectoire de la maladie. Le danger est que le nombre de cas devienne incontrôlable, malgré un vaccin et un traitement qui a montré son efficacité." Le directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a également exprimé sa profonde inquiétude, car, malgré l'urgence, la région reste instable et rend impossible tout progrès dans la lutte contre la maladie. La semaine dernière, des combattants du groupe rebelle armé Maï-Maï ont attaqué un centre de traitement à Butembo, l'une des villes au centre de la crise. C'est aussi dans cette ville qu'un épidémiologiste de l'OMS, le Dr Richard Mouzoko, a été tué par des hommes armés alors qu'il travaillait avec des collègues pour trouver une réponse à Ebola. Pour ceux qui sont sur la ligne de front au Nord-Kivu il y a peu de chance qu'une fin soit en vue, ce qui fait craindre que l'épidémie se propage au Rwanda ou dans l'Ouganda voisin.Dans cette zone du Nord-Kivu, la riposte anti-Ebola est compliquée par la présence de groupes armés et par les "résistances" d'une partie de la population (déni de la maladie, refus de la prévention, des soins, des enterrements "dignes et sécurisés" conduits par la Croix-Rouge). Une population aussi de plus en plus hostile et suspicieuse suite à l'intervention de la police armée et l'annulation des élections dans la région. Au point que dans l'Est congolais, les Maï-Maï désignent des miliciens membres de groupes armés d'autodéfense communautaire.Il est pourtant vital que les populations et les organisations locales soient associées à la prise de décision et participent à l'éradication de la maladie. Sans elles rien n'est possible. L'OMS a récemment annoncé une extension des directives de vaccination et l'introduction d'un deuxième vaccin pour essayer de protéger les gens. Des médicaments expérimentaux ont également été administrés à 700 personnes, mais personne ne sait encore dans quelle mesure ils ont été efficaces. Mais pour que ces nouveaux remèdes soient d'une quelconque aide, il faut encore qu'il soit possible d'atteindre les différentes communautés. "Ce qui est tragique, c'est que nous avons les moyens techniques d'arrêter Ebola, mais tant que toutes les parties concernées lutteront ensemble à la riposte, il sera très difficile de mettre fin à cette épidémie ", a encore déclaré le Dr Tedros vendredi sur Twitter.