Selon l'ordonnance présidentielle lue à la télévision, la quasi totalité des personnalités de l'ancienne équipe ont été reconduites. La nouvelle fait toutefois une place à quatre députés dissidents de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), principal parti d'opposition en République démocratique du Congo.

Sa principale mission est d'organiser, en principe avant la fin de cette année, l'élection d'un successeur au président Kabila, au pouvoir depuis 2001.

La liste du cabinet a été rendue publique un mois après la nomination comme Premier ministre d'un autre dissident de l'UDPS, Bruno Tshibala.

Ex secrétaire général du parti de l'opposant historique Étienne Tshisekedi, décédé en février à Bruxelles à 84 ans, M. Tshibala en a été radié en mars après s'être rapproché du président Kabila dans le cadre de l'accord du 31 décembre 2016 signé entre la majorité et l'opposition.

Cet accord est censé sortir la RDC de la crise née du maintien au pouvoir de M. Kabila au-delà du terme de son mandat le 20 décembre dernier. Outre l'élection de son successeur (la Constitution lui interdisant de se représenter), il prévoit la mise en place d'un gouvernement de transition, dirigé par l'opposition, jusqu'à la tenue de la présidentielle.

Le respect de l'échéance fixée pour la prochaine présidentielle semble toutefois hypothéquée par l'absence d'accord entre la majorité et les principaux partis d'opposition, dont l'UDPS, sur la composition du gouvernement de cogestion et de la crise économique et sociale qui frappe le pays.

Les quatre députés du groupe parlementaire UDPS à l'Assemblée nationale qui font leur entrée au nouveau gouvernement ont conservé l'étiquette de leur parti. Mais ils en sont exclus comme tous les membres du groupe parlementaire UDPS depuis février 2012 pour n'avoir pas respecté le mot d'ordre de M. Tshisekedi interdisant aux élus du parti de siéger au Parlement.

La RDC traverse une crise politique depuis la réélection de M. Kabila en 2011 lors d'une présidentielle entachée de fraudes massives. Les tensions ont été exacerbées avec son maintien au pouvoir après la fin de son deuxième mandat dans un climat de violences ayant fait des dizaines de morts dans le pays.

Les 59 membres du gouvernement Tshibala

Le nouveau gouvernement congolais, dirigé par un transfuge du principal parti d'opposition, Bruno Tshibala, mais dominé par le camp présidentiel, a été formé mardi et comprend 59 membres (Premier ministre, vice-Premiers ministres, ministres d'Etat, ministres et vice-ministres).

Voici la liste complète du gouvernement:

* Premier ministre: Bruno Tshibala Nzenze, un transfuge du principal parti d'opposition, l'Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS)

* Vice-Premiers ministres et chargés de:

1. Affaires étrangères et de la Coopération régionale: Leonard She Okitundu (inchangé). Cet ex-sénateur est issu de la Majorité présidentielle (MP, qui soutient l'action du président Joseph Kabila)

2. Intérieur et Sécurité: Emmanuel Ramazani Shadari (inchangé)

3. Transport et Voies de communication: José Makila Sumanda (inchangé)

* Ministres d'État:

1. Justice: Alexis Thambwe Mwamba (inchangé)

2. Plan: Modeste Bahati Lukwebo (permuté)

3. Économie nationale: Joseph Kapika (nouveau). Il a été dans le passé porte-parole de l'UDPS

4. Budget: Pierre Kangudia (inchangé)

5. Décentralisation et Réformes institutionnelles: Azarias Ruberwa (inchangé). Cet ancien vice-président est issu de la rébellion du Rassemblement congolais pour la Démocratie, soutenu par le Rwanda après l'accord de paix de 2002

6. Commerce extérieur: Jean-Lucien Bussa (permuté)

7. Travail et Emploi: Lambert Matuku Menas (inchangé)

8. Fonction publique: Michel Bongongo (inchangé)

9. Relations avec le Parlement: Jean-Pierre Lisanga Bonganga (nouveau). Cet opposant est issu de la coalition des Alliés d'Etienne Tshisekedi (le dirigeant d'opposition historique décédé à Bruxelles le 1er février dernier).

* Ministres:

1. Défense nationale: Crispin Atama Tabe (inchangé).

2. Finances: Henri Yav Mulang (inchangé)

3. Communication et Médias: Lambert Mende Omalanga (inchangé)

4. Portefeuille: Wivine Mumba Matipa (inchangée)

5. Postes, Télécommunications et Nouvelles technologies (PT-NTIC): Emery Okundji

6. Mines: Martin Kabwelulu (inchangé)

7. Affaires foncières: Lumeya Dumalegi

8. Aménagements du territoire et de la ville: Félix Kabange Numbi (permuté)

9. Infrastructures: Thomas Luhaka (un ex-dirigeant de la rébellion du Mouvement de Libération du Congo qui était vice-Premier ministre dans un précédent gouvernement)

10. Urbanisme et Habitat: Joseph Coco Niangi (inchangé)

11. Hydrocarbures: Ngoi Mukena

12. Industrie: Marcel Ilunga Leu (inchangé)

13. Énergie et Ressources hydrauliques: Ingele Ifoto

14. Environnement et développement durable: Amy Ambatobe

15. Tourisme: Franck Muedi Apenela

16. Petites et Moyennes Entreprises (PME): Bienvenu Liyota Djoli

17. Coopération au Développement: John Kwet

18. Agriculture: Georges Kazadi Kabongo

19. Enseignement primaire, secondaire et professionnel: Gaston Musemena

20. Genre, enfant et famille: Chantal Safu

21. Affaires sociales: Eugène Serufuli (permuté). C'est un ex-responsable de la rébellion du Rassemblement congolais pour la Démocratie (RCD)

22. Solidarité et Actions humanitaires: Bernard Biango Sango

23. Sports et Loisirs: Papy Niango

24. Enseignement supérieur et universitaire: Steve Mbikayi

25. Formation professionnelle, métiers et artisanat: Pierrot Weka Ukaba

26. Recherche scientifique: Éva Makwasa

27. Développement rural: Justin Bitakwira (permuté)

28. Droits humains: Marie Ange Mushobekwa (inchangée)

29. Santé: Oly Ilunga Kalenga (inchangé)

30. Jeunesse et Nouvelle citoyenneté: Magyu Kiala Bolenga

31. Pêche et élevage: Paluku Kisaka Yereyere

32. Affaires coutumières: Guy Mukulu Pumbu

33. Culture et arts: Astride Madiya

34. Délégué chargé des Congolais de l'étranger: Emmanuel Ilunga Ngoyi Kasongo (ex-vice-ministre)

35: Délégué près le Premier ministre: Tshibangu Kalala (nouveau). Il est issu du Rassemblement de l'opposition (Rassop), mais de l'aile dissidente, dite Olenghankoy

* Vice-ministres:

1. Affaires étrangères: Aggee Matembo (nouveau)

2. Coopération internationale: Freddy Kita Bukusu

3. Intérieur et sécurité: Basile Olongo

4. Budget: Maguy Rwakabuba

5. Finances: Jean-François Mukuna

6. PT-NTIC: Omer Egwake

7. Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction: Papy Mantezolo

8. Travail et Prévoyance sociale: Athis Kabongo Kalonji

9. Agriculture: Noël Botakile Botanga

10. Urbanisme et Habitat: Willy Bolio Emina

11. Plan: Jean-Pierre Zepele Mondombe

Au total 27 membres du gouvernement éphémère de Samy Badibanga - un autre transfuge de l'UDPS nommé Premier ministre à la surprise générale le 17 novembre dernier mais qui avait démissionné début avril - à n'avoir pas survécu au remaniement. La purge a été particulièrement sévère en ce qui concerne les vice-ministres

Selon l'ordonnance présidentielle lue à la télévision, la quasi totalité des personnalités de l'ancienne équipe ont été reconduites. La nouvelle fait toutefois une place à quatre députés dissidents de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), principal parti d'opposition en République démocratique du Congo.Sa principale mission est d'organiser, en principe avant la fin de cette année, l'élection d'un successeur au président Kabila, au pouvoir depuis 2001.La liste du cabinet a été rendue publique un mois après la nomination comme Premier ministre d'un autre dissident de l'UDPS, Bruno Tshibala.Ex secrétaire général du parti de l'opposant historique Étienne Tshisekedi, décédé en février à Bruxelles à 84 ans, M. Tshibala en a été radié en mars après s'être rapproché du président Kabila dans le cadre de l'accord du 31 décembre 2016 signé entre la majorité et l'opposition.Cet accord est censé sortir la RDC de la crise née du maintien au pouvoir de M. Kabila au-delà du terme de son mandat le 20 décembre dernier. Outre l'élection de son successeur (la Constitution lui interdisant de se représenter), il prévoit la mise en place d'un gouvernement de transition, dirigé par l'opposition, jusqu'à la tenue de la présidentielle.Le respect de l'échéance fixée pour la prochaine présidentielle semble toutefois hypothéquée par l'absence d'accord entre la majorité et les principaux partis d'opposition, dont l'UDPS, sur la composition du gouvernement de cogestion et de la crise économique et sociale qui frappe le pays.Les quatre députés du groupe parlementaire UDPS à l'Assemblée nationale qui font leur entrée au nouveau gouvernement ont conservé l'étiquette de leur parti. Mais ils en sont exclus comme tous les membres du groupe parlementaire UDPS depuis février 2012 pour n'avoir pas respecté le mot d'ordre de M. Tshisekedi interdisant aux élus du parti de siéger au Parlement.La RDC traverse une crise politique depuis la réélection de M. Kabila en 2011 lors d'une présidentielle entachée de fraudes massives. Les tensions ont été exacerbées avec son maintien au pouvoir après la fin de son deuxième mandat dans un climat de violences ayant fait des dizaines de morts dans le pays.