La justice équatorienne a lancé mardi un mandat d'arrêt contre l'ancien dirigeant socialiste, au pouvoir de 2007 à 2017, et a saisi Interpol en l'accusant d'avoir commandité une tentative d'enlèvement d'un opposant, Fernando Balda, en 2012.

Lui dénonce depuis Bruxelles un "complot" politique et accuse l'actuel président Lenin Moreno d'être "derrière tout cela".

Moreno a été le vice-président de Correa, avant d'entrer en conflit avec lui.

A son arrivée au pouvoir en janvier 2007, Rafael Correa se retrouve à la tête d'un pays ingouvernable: sept présidents en dix ans, dont trois renversés.

Yeux plissés volontiers narquois, costumes élégants et cheveux peignés sur le côté, cet économiste aujourd'hui âgé de 55 ans sera réélu en 2009, lors d'un scrutin provoqué par l'adoption d'une nouvelle Constitution, puis en 2013, battant un record de longévité dans ce pays de 15 millions d'habitants.

Une fois au pouvoir, il met en oeuvre au pas de charge de multiples changements et promeut le socialisme, en privilégiant les investissements sociaux, en redistribuant les bénéfices du secteur pétrolier et en annulant un tiers de la dette extérieure. "Nous avons réussi. Je rend un pays totalement différent de celui que j'ai reçu", fait-il valoir avant de quitter le pouvoir.

Charismatique mais d'un tempérament volcanique, Rafael Correa a parcouru tout le pays au long de ces dix années de présidence pour son programme radio-télévisé hebdomadaire, durant lequel il n'a pas hésité à critiquer ses détracteurs, dont les organisations indigènes opposées à l'exploitation pétrolière et minière, ainsi que la presse qualifiée de "corrompue" et "menteuse".

Correa est né dans une famille modeste de Guayaquil (sud-ouest) et grâce à une bourse, il est allé étudier à l'Université catholique de Louvain, puis a obtenu son doctorat à l'Université d'Illinois, aux Etats-Unis.

Asile en Belgique?

Marié à une Belge, Anne Malherbe, avec laquelle il a eu trois enfants, Rafael Correa a tenu sa promesse de s'installer en Belgique au terme de ses mandats.

Le moment le plus critique de sa présidence a été le 30 septembre 2010 lorsque des centaines de policiers se sont rebellés contre une loi modifiant leur régime salarial. Face à la violence des mutins d'une caserne de Quito, il avait dû se réfugier dans un hôpital policier proche, d'où il avait été extrait par des militaires au milieu d'une fusillade qui avait fait dix morts.

"Ce furent des années difficiles, intenses, mais très heureuses et pleines de satisfactions; la plus grande étant sans aucun doute celle de l'affection de tout un peuple", déclare-t-il à la fin de sa présidence. Rafael Correa, était jusque là considéré comme l'héritier du leadership latino-américain du président vénézuélien défunt, Hugo Chavez.

Honni par les milieux d'affaires et en particulier le secteur financier, l'ex-chef de l'Etat répondait souvent par une ironie mordante: "On ne m'a pas élu pour être M. Sympa".

A l'image d'Hugo Chavez, son ancien allié, M. Correa adopte un style flamboyant sur la scène extérieure et un ton critique envers Washington. Il chasse ainsi l'armée américaine de la base anti-drogue de Manta sur la côte Pacifique.

Proche de pays non-alignés, dont l'Iran, l'ex-président équatorien fait un pied de nez à Washington en accordant en 2012 dans son ambassade à Londres l'asile à Julian Assange, le fondateur australien du site WikiLeaks, qui a révélé des secrets de la diplomatie américaine.

En Belgique, depuis mai 2017, cet homme au crâne désormais grisonnant et légèrement dégarni confie à l'AFP que lui et ses avocats "n'ont pas exclu" la possibilité d'y demander l'asile politique.

"Rentrer en Equateur serait un suicide dans les conditions actuelles. Si j'étais célibataire, je le ferais. Mais pourquoi sacrifier à nouveau ma famille ? Après l'avoir délaissée pendant dix années pour me consacrer entièrement à ma patrie et transformé le pays - ce que personne ne peut nier - j'ai décidé de leur offrir la tranquillité en Belgique", explique M. Correa à l'AFP.

La justice équatorienne a lancé mardi un mandat d'arrêt contre l'ancien dirigeant socialiste, au pouvoir de 2007 à 2017, et a saisi Interpol en l'accusant d'avoir commandité une tentative d'enlèvement d'un opposant, Fernando Balda, en 2012.Lui dénonce depuis Bruxelles un "complot" politique et accuse l'actuel président Lenin Moreno d'être "derrière tout cela". Moreno a été le vice-président de Correa, avant d'entrer en conflit avec lui. A son arrivée au pouvoir en janvier 2007, Rafael Correa se retrouve à la tête d'un pays ingouvernable: sept présidents en dix ans, dont trois renversés. Yeux plissés volontiers narquois, costumes élégants et cheveux peignés sur le côté, cet économiste aujourd'hui âgé de 55 ans sera réélu en 2009, lors d'un scrutin provoqué par l'adoption d'une nouvelle Constitution, puis en 2013, battant un record de longévité dans ce pays de 15 millions d'habitants.Une fois au pouvoir, il met en oeuvre au pas de charge de multiples changements et promeut le socialisme, en privilégiant les investissements sociaux, en redistribuant les bénéfices du secteur pétrolier et en annulant un tiers de la dette extérieure. "Nous avons réussi. Je rend un pays totalement différent de celui que j'ai reçu", fait-il valoir avant de quitter le pouvoir.Charismatique mais d'un tempérament volcanique, Rafael Correa a parcouru tout le pays au long de ces dix années de présidence pour son programme radio-télévisé hebdomadaire, durant lequel il n'a pas hésité à critiquer ses détracteurs, dont les organisations indigènes opposées à l'exploitation pétrolière et minière, ainsi que la presse qualifiée de "corrompue" et "menteuse".Correa est né dans une famille modeste de Guayaquil (sud-ouest) et grâce à une bourse, il est allé étudier à l'Université catholique de Louvain, puis a obtenu son doctorat à l'Université d'Illinois, aux Etats-Unis.Asile en Belgique? Marié à une Belge, Anne Malherbe, avec laquelle il a eu trois enfants, Rafael Correa a tenu sa promesse de s'installer en Belgique au terme de ses mandats.Le moment le plus critique de sa présidence a été le 30 septembre 2010 lorsque des centaines de policiers se sont rebellés contre une loi modifiant leur régime salarial. Face à la violence des mutins d'une caserne de Quito, il avait dû se réfugier dans un hôpital policier proche, d'où il avait été extrait par des militaires au milieu d'une fusillade qui avait fait dix morts."Ce furent des années difficiles, intenses, mais très heureuses et pleines de satisfactions; la plus grande étant sans aucun doute celle de l'affection de tout un peuple", déclare-t-il à la fin de sa présidence. Rafael Correa, était jusque là considéré comme l'héritier du leadership latino-américain du président vénézuélien défunt, Hugo Chavez.Honni par les milieux d'affaires et en particulier le secteur financier, l'ex-chef de l'Etat répondait souvent par une ironie mordante: "On ne m'a pas élu pour être M. Sympa".A l'image d'Hugo Chavez, son ancien allié, M. Correa adopte un style flamboyant sur la scène extérieure et un ton critique envers Washington. Il chasse ainsi l'armée américaine de la base anti-drogue de Manta sur la côte Pacifique.Proche de pays non-alignés, dont l'Iran, l'ex-président équatorien fait un pied de nez à Washington en accordant en 2012 dans son ambassade à Londres l'asile à Julian Assange, le fondateur australien du site WikiLeaks, qui a révélé des secrets de la diplomatie américaine.En Belgique, depuis mai 2017, cet homme au crâne désormais grisonnant et légèrement dégarni confie à l'AFP que lui et ses avocats "n'ont pas exclu" la possibilité d'y demander l'asile politique."Rentrer en Equateur serait un suicide dans les conditions actuelles. Si j'étais célibataire, je le ferais. Mais pourquoi sacrifier à nouveau ma famille ? Après l'avoir délaissée pendant dix années pour me consacrer entièrement à ma patrie et transformé le pays - ce que personne ne peut nier - j'ai décidé de leur offrir la tranquillité en Belgique", explique M. Correa à l'AFP.