Voici les scénarios possibles, à l'approche du congrès du SPD, réuni de vendredi à dimanche à Berlin.

- La "Groko" sauve sa peau -

Le nouveau duo de dirigeants du SPD, Saskia Esken et Norbert Walter-Borjans, n'a jamais clairement dit qu'il souhaitait une sortie de la "Groko", la grande coalition formée entre chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates voilà un an et demi. Il demande néanmoins l'ouverture de discussions avec la droite sur des points précis du programme de gouvernement. Les délégués du parti devraient être amenés à voter sur ce point vendredi soir.

Ce n'est qu'au terme de ce processus que pourrait être décidé un retrait du gouvernement.

Le SPD souhaite notamment une hausse du salaire minimum, d'environ 9 euros actuellement à 12 euros, ainsi que des investissements dans les services publics et un plan climat plus ambitieux que celui présenté en septembre par la chancelière Angela Merkel.

Les deux formations de droite excluent à ce stade toute révision du contrat de gouvernement, conclu au terme d'intenses tractations début 2018.

Le porte-parole de Mme Merkel, Steffen Seibert, a toutefois semblé entrouvrir une porte lundi en assurant que la dirigeante était ouverte à la discussion, "comme d'habitude dans une coalition".

© AFP

Si Mme Merkel faisait quelques concessions dans les prochaines semaines, ce fragile attelage pourrait ainsi être préservé jusqu'au terme de la législature, en 2021, laissant le temps au SPD, nettement distancé par la droite et les Verts dans les sondages, de reprendre des couleurs avant les prochaines élections.

- Merkel bâtit une coalition minoritaire -

Ses partenaires refusant toute entorse au contrat de coalition, le SPD déciderait de sortir du gouvernement.

La chancelière, au pouvoir depuis 14 ans et déterminée à gouverner jusqu'en 2021, avant de se retirer de la politique, peut alors tenter de composer une équipe minoritaire, ce qui constituerait une première depuis l'après-Guerre.

Plusieurs personnalités de son parti, dont son grand rival Friedrich Merz, l'encouragent dans cette voie.

Cette option est possible dans la mesure où le budget 2020 a déjà été voté, et alors que le Parlement ne peut pousser la chancelière dehors qu'en élisant une autre personnalité à sa place. Ce qui paraît improbable avec une opposition allant de la gauche radicale à l'extrême droite, en passant par les écologistes et le parti libéral FDP.

Friedrich Merz © REUTERS

Mme Merkel pourrait ainsi forger des majorités de circonstances autour de textes législatifs et conserver les rênes en 2020, marquée par la présidence allemande de l'Union européenne au second semestre, et 2021.

- Une coalition "jamaïcaine" -

Si le SPD décide de sortir de la Groko, ses partenaires actuels pourraient être tentés de se tourner vers d'autres formations pour bâtir une majorité inédite dite "jamaïcaine" (les couleurs noire, verte et jaune de la droite, des écologistes et des libéraux rappellent le drapeau de la Jamaïque).

Le parti libéral FDP, qui avait laissé passer une occasion de s'allier avec la droite fin 2017, s'est dit prêt cette fois à participer.

Les Verts, en pleine ascension au point de devenir le deuxième parti du pays, semblent eux beaucoup moins tentés. Ils se préparent aux prochaines élections avec l'espoir de remporter la première place et d'envoyer pour la première fois une ou un écologiste à la chancellerie.

- De nouvelles élections -

Cette option est jugée très improbable par la presse allemande. Mais comme nombre d'observateurs, elle ne croyait pas non plus en la défaite de M. Scholz.

Pour un tel scénario, il faudrait que la chancelière Merkel prenne le risque de poser la question de confiance au Parlement et soit battue.

Frank-Walter Steinmeier © AFP/John MacDougall

Si le président de la République fédérale allemande, Frank-Walter Steinmeier, constatait ensuite, après de nouvelles négociations entre les partis pour former une éventuelle coalition, qu'il n'y a plus de majorité possible pour gouverner, il convoquerait alors de nouvelles élections, un peu moins de deux ans avant le terme prévu de la législature, en septembre 2021.

Voici les scénarios possibles, à l'approche du congrès du SPD, réuni de vendredi à dimanche à Berlin.Le nouveau duo de dirigeants du SPD, Saskia Esken et Norbert Walter-Borjans, n'a jamais clairement dit qu'il souhaitait une sortie de la "Groko", la grande coalition formée entre chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates voilà un an et demi. Il demande néanmoins l'ouverture de discussions avec la droite sur des points précis du programme de gouvernement. Les délégués du parti devraient être amenés à voter sur ce point vendredi soir.Ce n'est qu'au terme de ce processus que pourrait être décidé un retrait du gouvernement.Le SPD souhaite notamment une hausse du salaire minimum, d'environ 9 euros actuellement à 12 euros, ainsi que des investissements dans les services publics et un plan climat plus ambitieux que celui présenté en septembre par la chancelière Angela Merkel.Les deux formations de droite excluent à ce stade toute révision du contrat de gouvernement, conclu au terme d'intenses tractations début 2018.Le porte-parole de Mme Merkel, Steffen Seibert, a toutefois semblé entrouvrir une porte lundi en assurant que la dirigeante était ouverte à la discussion, "comme d'habitude dans une coalition". Si Mme Merkel faisait quelques concessions dans les prochaines semaines, ce fragile attelage pourrait ainsi être préservé jusqu'au terme de la législature, en 2021, laissant le temps au SPD, nettement distancé par la droite et les Verts dans les sondages, de reprendre des couleurs avant les prochaines élections.Ses partenaires refusant toute entorse au contrat de coalition, le SPD déciderait de sortir du gouvernement.La chancelière, au pouvoir depuis 14 ans et déterminée à gouverner jusqu'en 2021, avant de se retirer de la politique, peut alors tenter de composer une équipe minoritaire, ce qui constituerait une première depuis l'après-Guerre.Plusieurs personnalités de son parti, dont son grand rival Friedrich Merz, l'encouragent dans cette voie.Cette option est possible dans la mesure où le budget 2020 a déjà été voté, et alors que le Parlement ne peut pousser la chancelière dehors qu'en élisant une autre personnalité à sa place. Ce qui paraît improbable avec une opposition allant de la gauche radicale à l'extrême droite, en passant par les écologistes et le parti libéral FDP.Mme Merkel pourrait ainsi forger des majorités de circonstances autour de textes législatifs et conserver les rênes en 2020, marquée par la présidence allemande de l'Union européenne au second semestre, et 2021.Si le SPD décide de sortir de la Groko, ses partenaires actuels pourraient être tentés de se tourner vers d'autres formations pour bâtir une majorité inédite dite "jamaïcaine" (les couleurs noire, verte et jaune de la droite, des écologistes et des libéraux rappellent le drapeau de la Jamaïque). Le parti libéral FDP, qui avait laissé passer une occasion de s'allier avec la droite fin 2017, s'est dit prêt cette fois à participer.Les Verts, en pleine ascension au point de devenir le deuxième parti du pays, semblent eux beaucoup moins tentés. Ils se préparent aux prochaines élections avec l'espoir de remporter la première place et d'envoyer pour la première fois une ou un écologiste à la chancellerie.Cette option est jugée très improbable par la presse allemande. Mais comme nombre d'observateurs, elle ne croyait pas non plus en la défaite de M. Scholz.Pour un tel scénario, il faudrait que la chancelière Merkel prenne le risque de poser la question de confiance au Parlement et soit battue.Si le président de la République fédérale allemande, Frank-Walter Steinmeier, constatait ensuite, après de nouvelles négociations entre les partis pour former une éventuelle coalition, qu'il n'y a plus de majorité possible pour gouverner, il convoquerait alors de nouvelles élections, un peu moins de deux ans avant le terme prévu de la législature, en septembre 2021.