C'est ce qu'on appelle communément les "revolving doors". En français, les "portes tambour". Ce concept illustre le passage de fonctionnaires du secteur public vers des postes, souvent importants, dans le secteur privé, faisant planer le doute sur l'émergence de conflits d'intérêts. Dans la réalité européenne, les exemples ne manquent pas quant à la proximité entre les institutions européennes et les différents lobbys (industriels, financiers,...).
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C'est ce qu'on appelle communément les "revolving doors". En français, les "portes tambour". Ce concept illustre le passage de fonctionnaires du secteur public vers des postes, souvent importants, dans le secteur privé, faisant planer le doute sur l'émergence de conflits d'intérêts. Dans la réalité européenne, les exemples ne manquent pas quant à la proximité entre les institutions européennes et les différents lobbys (industriels, financiers,...). C'est en se basant sur cette notion importante de "revolving doors" que l'association Corporate Europe Observatory (CEO) publie une enquête sur le parcours des membres de la Commission Barroso II, dont le mandat s'est achevé en octobre 2014. Parmi les résultats de cette enquête, on apprend notamment que 9 anciens commissaires, soit un tiers d'entre eux, ont pris des fonctions dans de grandes entreprises privées, ou en sont relativement proches. Au total, cela représente un cumul de 98 fonctions. Parmi celles-ci, 37 ont fait l'objet d'un examen par le Comité d'éthique, mais aucune n'a été empêchée ou suspendue. L'enquête révèle que neuf d'entre elles n'auraient pas dû être autorisées.Parmi les neufs personnes pointées du doigt par la recherche, on retrouve notamment un belge, Karel de Gucht, ancien commissaire au Commerce. C'est notamment lui qui était en charge du la négociation du Traité transatlantique, le décrié "TTIP", lors de la commission Barroso II. Il serait à présent membre des conseils d'administration de Proximus, CVC Partners et Merit Capital, un gestionnaire de patrimoine.La néerlandaise Neelie Kroes, ancienne commissaire européenne à la concurrence puis à la société numérique, elle serait aussi salariée de la Bank of America Merrill Lynch. Ou encore la luxembourgeoise Viviane Reding, commissaire de 1999 à 2014, qui s'est notamment chargée de la culture, de l'éducation ou encore à la citoyenneté. Elle serait aujourd'hui présente au sein d'Agfa Gevaert, de la compagnie minière Nyrstar et de la fondation Bertelsmann, un des plus grandes entreprises de médias. Et ce n'est rien à côté du Slovène Janez Potocnik. Cet ancien commissaire à l'Environnement est désormais au Forum for the Future of Agriculture, qui n'est autre qu'un lobby créé par la société Syngenta, spécialisée dans l'agrochimie.L'ancien Président de la Commission lui-même, le portugais José Manuel Barroso, n'est pas en reste. Il aurait été recasé dans pas moins de 22 organisations, la plupart d'entre elles étant à titre honorifique. On y retrouve tout de même des instances majeures de lobbying, comme les Bilderberg Conferences ou le European Business Summit, poursuit l'étude.Le problème n'est pas inédit. En effet, ce qu'on appelle la Brussels Bubble "conduit à une proximité relationnelle malsaine entre législateurs et sujets de la législation", mais le phénomène n'en reste pas moins édifiant et préoccupant.