Le propos n'est pas optimiste. Il est réaliste et de nature, peut-être, à éviter le pire. Conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique, en France, François Heisbourg prédit une résurgence des conflits militaires dans Retour de la guerre (1). L'accréditent, selon lui, la multiplicité des acteurs, notamment en Méditerranée et au Moyen-Orient, et la confr...

Le propos n'est pas optimiste. Il est réaliste et de nature, peut-être, à éviter le pire. Conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique, en France, François Heisbourg prédit une résurgence des conflits militaires dans Retour de la guerre (1). L'accréditent, selon lui, la multiplicité des acteurs, notamment en Méditerranée et au Moyen-Orient, et la confrontation des superpuissances à l'échelle mondiale, les Etats-Unis et la Chine, singulièrement dans l'espace indo-pacifique. François Heisbourg redoute en particulier que la question de Taïwan cristallise les tensions sino-américaines et débouche sur un conflit armé. Il résulterait du processus suivant: "Une sorte d'infraguerre existe d'ores et déjà entre la Chine et les Etats-Unis", notamment à travers des cyberopérations de toutes sortes ; "ce champ de bataille est extraordinairement propice aux dérapages et à des processus d'escalade pas forcément prévus" ; ainsi, "l'infraguerre pourrait fort bien provoquer des réactions plus classiquement militaires". Mais ce n'est pas tout. Le contexte général n'incite pas non plus à l'apaisement: le creusement des inégalités et des divisions, la fracture entre ceux du "front" et les "planqués" mise en évidence par la crise sanitaire, et les effets de plus en plus prégnants du changement climatique sont autant de sources de possibles violences. François Heisbourg souligne donc l'urgence de la prévention car "de la guerre virtuelle reposant sur l'équilibre de la terreur et des alliances américano-soviétiques, nous sommes passés à la réalité de la guerre, qu'elle soit "invisible" ou "hybride", comme elle l'est au quotidien, ou qu'elle franchisse le seuil de la violence militaire la plus meurtrière, comme elle menace de la faire en Méditerranée orientale ou ailleurs".