...

Marine Le Pen affirme que la France aura "une monnaie nationale" si elle est élue présidente. Cette monnaie nationale concernerait les achats quotidiens des français, une sorte de monnaie interne. L'euro deviendrait alors une monnaie commune, et non plus une monnaie unique, et concernerait les entreprises qui font du commerce à l'international. Elle répète d'ailleurs régulièrement que, dès son élection, elle entamera une négociation avec l'UE pour "restituer au peuple français sa souveraineté monétaire". À l'issue de cette négociation, à laquelle elle accorde environ six mois, elle prévoit un référendum sur l'appartenance à l'UE.Mais de récentes déclarations jettent un flou sur la politique du Front National et ses priorités. Marine Le Pen a récusé toute contradiction sur l'euro après avoir affirmé samedi dans son projet d'accord avec le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan que sortir de l'euro n'était pas "un préalable" à toute politique économique. Pour Florian Philippot, vice-président du FN, il y aura bel et bien une sortie de l'euro mais des réformes économiques seront déjà possibles durant la négociation. En outre, le programme de la candidate du FN ne fait pas mention de l'euro, nous apprend Le Monde. Elle y parle uniquement de "rétablissement d'une monnaie nationale adaptée à notre économie" et d'une "négociation avec nos partenaires européens" qui sera validée par référendum.De son côté, Emmanuel Macron est considéré comme le candidat pro-Europe et le chouchou des personnalités politiques européennes. Il a notamment reçu le soutien de la Chancelière allemande Angela Merkel. Au point de devenir le suiveur dans le duo franco-allemand ? Merkel réfute cette accusation : "chaque leader européen représente les intérêts de son propre pays et de son peuple. La relation franco-allemande est indispensable pour les deux pays, mais aussi pour l'Union européenne".Et pour cause, bien que qualifié de pro-européen, le candidat d'En Marche ! n'hésite pas à aborder sa réforme. Il en a notamment fait état dans une interview accordée lundi à la BBC : "je suis un pro-européen, j'ai défendu constamment durant cette élection l'idée européenne et les politiques européennes" car il les juge primordiales pour l'avenir de la France. "Mais en même temps, nous devons faire face à la situation, écouter notre peuple et écouter le fait qu'il soit extrêmement en colère aujourd'hui, impatient et que le dysfonctionnement de l'UE ne peut plus durer ", poursuit le candidat d'En Marche ! qui considère que son mandat présidentiel sera le moment "de réformer en profondeur l'Union européenne et notre projet européen". Pour lui, laisser l'UE continuer à fonctionner de cette manière pourrait être vu comme une "trahison" pour les citoyens déçus et pourrait mener, par la suite, "à devoir faire face à un Frexit ou à nouveau au Front National". Tout ou presque les oppose, et pourtant, ils se revendiquent tous deux "patriotes". Marine Le Pen se présente comme la candidate des "patriotes contre les mondialistes", avec son slogan "Choisir la France". Emmanuel Macron veut être le "candidat des patriotes contre les nationalistes", avec son slogan "Ensemble, la France!".Dans leurs meetings, les partisans des deux camps agitent avec fierté des drapeaux français, La Marseillaise ponctuant la fin des discours des candidats. Ils citent aussi volontiers le général de Gaulle pour appeler leurs partisans à la liberté, tout en exaltant le destin national, l'Histoire de France, ses écrivains, ses faits de gloire... Selon le sondage publié ce mercredi matin par Le Monde, Emmanuel Macron est crédité de 59% des intentions de vote des Français, contre 41% pour Marine Le Pen.(OL avec AFP)