Ce week-end, même les journaux les plus sérieux ont envoyé un correspondant à Greenville, au fin fond de la Caroline du Sud. Là-bas, prenait place au Trophy Club, un bar à strip-tease, le spectacle Stormy Daniels au nom évocateur de 'MAKE AMERICA HORNY AGAIN'.
...

Ce week-end, même les journaux les plus sérieux ont envoyé un correspondant à Greenville, au fin fond de la Caroline du Sud. Là-bas, prenait place au Trophy Club, un bar à strip-tease, le spectacle Stormy Daniels au nom évocateur de 'MAKE AMERICA HORNY AGAIN'.Madame Daniels et le président démentent pourtant depuis des semaines avoir eu une relation. La Maison-Blanche arguant même qu'il s'agit de vieilles rumeurs réchauffées. Or, et c'est ça qui rend l'affaire si piquante, ces rumeurs n'ont justement jamais été publiées. On a même fait beaucoup pour les étouffer durant la campagne. L'actrice, Stephanie Clifford de son vrai nom, dément ne jamais avoir reçu de l'argent de la part de Trump pour se taire. Cette partie semble vraie. Selon le Wall Street Journal: 130.000 dollars (106.000 euros ) auraient été payés par Michael Cohen, l'avocat du président, et non par le président en personne. Cette somme a été payée près de trois semaines avant les élections par Essential Consultants LLC, qui a été créé spécialement pour l'occasion le 17 octobre 2016 dans l'état du Delaware. Pratique, dans cet état les propriétaires et dirigeants d'une compagnie peuvent rester anonymes. Cette transaction aura encouragé Stormy à garder le silence alors qu'elle s'apprêtait à révéler son histoire au monde. Slate et The Daily Beast ou encore Fox News étaient en pourparlers avec l'actrice et sur le point de publier un article. Ce n'est pourtant pas la première fois que cette affaire fait parler d'elle. Déjà en 2011, le magazine people Touch Weekly était sur le point de publier un article pour lequel la dame avait dû passer par le détecteur de mensonges. Mais Trump avait menacé de telles représailles judiciaires que le magazine avait laissé tomber. D'autant plus que l'homme n'était qu'un simple homme d'affaires et le scoop n'était pas assez juteux pour affronter un enfer judiciaire. A l'heure d'écrire ces lignes, les choses ont changé et le magazine a décidé de ressortir l'article de ses archives. Stormy raconte qu'elle a rencontré Trump lors d'un tournoi de golf au lac Tahoe en 2006. S'en suivent quelques rencontres rares et guère passionnantes. Ce qui intéressait surtout la jeune femme c'était de décrocher une place dans l'émission que Trump présentait alors, Celebrity Apprentice. Ce n'étaient que des paroles en l'air, elle s'en rendra rapidement compte et les choses en resteront là. Au moment de cette liaison, Trump est déjà marié à Melania qui venait d'accoucher quelques mois auparavant de leur fils.Pourquoi Touch Weekly n'a-t-il pas publié plus tôt son interview ? Le rédacteur en chef actuel jure qu'il n'était pas au courant. Les autres n'ont pas publié cette histoire en 2016 parce qu'on avait acheté le silence de l'actrice et sans son témoignage, l'histoire ne valait plus rien. 'Des centaines de femmes'On est aussi en droit de se demander pourquoi le Wall Street Journal, un journal d'affaires fidèle au président, était-il parmi les premiers à rebondir sur l'affaire?Selon les journalistes, ce n'est pas tant l'affaire qui les intrigue, mais bien les questions qu'elle entraîne dans son sillage. En effet, qui a payé les 130 000 $ et quelles lois électorales a-t-on violées pour ce faire ? L'avocat Michael Cohen a-t-il payé Stormy de sa poche? Est-ce que cet argent vient des fonds de campagne et est-ce, du même coup, une contribution illégale ? Y a-t-il d'autres cas similaires ? Le journal mène vaille que vaille son enquête. La relation entre un ancien homme d'affaires et une actrice porno peut-elle peser sur la présidence ? Trump, qui a vécu une vie de playboy et qui a été à de multiples reprises interviewé dans le magazine Playboy, ne cachait pas vraiment ses relations extra-conjugales. Il affiche aujourd'hui un évangélisme de bon aloi qui veut qu'il a changé et laissé le passé derrière lui. Il est remarquable que cette affaire provoque si peu de remous. Cela doit être un effet Trump. Avec un autre président, la révélation d'une relation avec une star du porno aurait signé la fin de sa carrière. Chez Trump, cela ne surprend pas et le scoop est relégué dans le fond des journaux. Bien loin après son commentaire "shithole" et le "shutdown".Peut-être que la presse est trop "cool" avec lui ? Bien plus que les potentiels électeurs et ses proches en tous cas. Ben Ferguson, un présentateur radio conservateur, a en effet déclaré à CNN que ses auditeurs ne s'en fichaient pas tant que ça. Et surtout que cette affaire pourrait bien avoir des répercussions privées selon CNN. Dans son tweet pour les un an de la présidence, Melania a omis de mentionner le président et accompagné son tweet d'une photo où on la voit avec un autre homme que Donald.