Au début de l'année, quand le social-démocrate Martin Schulz, son principal rival, faisait une entrée remarquée dans la campagne et qu'elle-même peinait à se dépatouiller de la crise des migrants, qui aurait imaginé qu'Angela Merkel aborderait les élections législatives de ce 24 septembre avec la sérénité de la conquérante ? Pourtant, la chancelière allemande, au pouvoir depuis novembre 2005, l'a fait. Elle a réussi à apaiser les craintes...

Au début de l'année, quand le social-démocrate Martin Schulz, son principal rival, faisait une entrée remarquée dans la campagne et qu'elle-même peinait à se dépatouiller de la crise des migrants, qui aurait imaginé qu'Angela Merkel aborderait les élections législatives de ce 24 septembre avec la sérénité de la conquérante ? Pourtant, la chancelière allemande, au pouvoir depuis novembre 2005, l'a fait. Elle a réussi à apaiser les craintes de ses concitoyens sur la capacité de l'Allemagne à surmonter le défi de l'accueil de 800 000 étrangers et elle a retourné à son avantage une situation compromise. Angela Merkel s'apprête donc à rempiler à la chancellerie pour quatre années supplémentaires, jusqu'en 2021. La formation d'une nouvelle coalition de gouvernement n'annonce cependant pas des lendemains sans nuages. Crédité de quelque 36 % dans les sondages à quelques jours du scrutin, la CDU sera appelée à former une alliance avec un ou plusieurs partenaires. Or, son allié de la coalition sortante, la formation sociale-démocrate du SPD, si son score annoncé est confirmé (22 %), sera sans doute tenté de se refaire une santé dans l'opposition. Dans l'éventail des solutions possibles pour la chancelière, en écartant la droite populiste de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD, projetée à 11%) et la gauche radicale de Die Linke (quelque 10 %), il ne restera plus, comme partenaires potentiels, que le Parti libéral-démocratique du FDP (9 %), qui devrait signer son retour au Bundestag sous l'impulsion du jeune leader Christian Lindner, 38 ans, ou les verts, crédités de 8 % des suffrages. Mais le FDP n'est plus le parti du centre et proeuropéen qu'il était sous la figure emblématique de Hans-Dietrich Genscher. La crise de la dette publique grecque l'a conduit progressivement à adopter un discours de droite eurosceptique. Son éventuelle participation au gouvernement ne manquerait donc pas d'embarrasser les tenants d'une relance de l'Europe à travers l'harmonie retrouvée du couple franco-allemand, sous l'égide d'Angela Merkel et d'Emmanuel Macron. C'est pourquoi, malgré le succès annoncé de la droite, l'élection de dimanche demeure d'une importance cruciale pour l'Allemagne et l'Europe.