Les combats se déroulent dans la province de Deraa, proche de la Jordanie et de la zone démilitarisée séparant le Golan syrien de la partie du plateau annexée par Israël.

Ces affrontements, qui ont fait au moins 132 morts depuis lundi selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), opposent l'Armée Khaled Ben al-Walid, un groupuscule qui a prêté allégeance à l'EI en mai 2016, à une dizaine de mouvements rebelles islamistes, dont l'influent Ahrar al-Cham.

Ils ont commencé par une attaque surprise du groupuscule djihadiste contre les rebelles dans l'ouest de cette province. Le groupe pro-EI s'est emparé de trois localités, notamment Sahem al-Joulane, non loin de la frontière jordanienne. Il a pris également le contrôle d'une colline stratégique surplombant Nawa, l'une des principales villes rebelles de la province de Deraa.

Le groupe Khaled Ben al-Walid "veut étendre son influence dans ce triangle stratégique entre Deraa, la Jordnaie et le Golan", explique Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

La province de Deraa, berceau de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad en 2011, est morcelée entre différents belligérants, notamment les rebelles qui en contrôlent la majorité, le régime, et l'EI. La ville éponyme est divisée entre armée et insurgés.

L'opposition réclame des "négociations directes" avec le régime à Genève

L'opposition syrienne a réclamé mercredi des "négociations directes" avec le régime de Damas pendant les pourparlers de paix qui s'ouvrent jeudi à Genève sous l'égide de l'ONU, a déclaré le porte-parole du Haut comité des négociations (HCN).

"Nous demandons des négociations directes. Cela économisera du temps et sera une preuve de sérieux plutôt que de négocier dans des salles" séparées, a dit Salem Meslet, au nom du HCN qui rassemble des groupes clés de l'opposition.

Lors des trois précédentes séries de pourparlers organisées à Genève en février, mars et avril 2016, le médiateur de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, n'avait pas réussi à rassembler autour d'une même table les délégués de l'opposition et du gouvernement, et avait dû faire l'intermédiaire.

Cette fois, il espère que les deux camps accepteront de s'asseoir autour d'une même table et d'échanger en direct.

Mais interrogé mercredi par les journalistes, il s'est montré très prudent.

"Je veux d'abord en parler avec les délégations demain matin lors de rencontres bilatérales", a répondu M. De Mistura.

M. Salem Meslet a rappelé que le HCN avait déjà demandé des discussions directes lors de la dernière rencontre en avril. "Nous sommes ici pour négocier. Commençons par des négociations directes et discutons de l'organe de gouvernance de transition", a-t-il dit.

L'opposition réclame le départ du président syrien Bachar al-Assad et la mise en place d'un organe de transition pouvant mener à des élections.

Le régime est prêt à accepter des élections une fois la paix revenue, mais ne veut pas discuter du sort du chef de l'Etat syrien.