M. Duterte a décrété la loi martiale mardi soir dans la région méridionale de Mindanao, où vivent environ 20 millions de personnes, lorsque des combattants ayant prêté serment à l'organisation jihadiste Etat islamique (EI) ont saccagé la localité de Marawi.

Au moins trois membres des forces de sécurité ont été tués lors des affrontements dans cette ville en grande majorité musulmane de 200.000 habitants. Les islamistes ont entre autres incendié une église catholique, d'après les autorités.

"Compatriotes philippins, n'ayez pas trop peur", a dit le président à Moscou, où il venait tout juste d'entamer une visite officielle qu'il a écourtée pour faire face à la crise.

Le chef de l'Etat a promis d'être sans pitié contre la menace terroriste à Mindanao. Il a dressé des parallèles avec la loi martiale instaurée sous la dictature de Ferdinand Marcos, renversé par la révolution du "Pouvoir du peuple" en 1986.

"Cela ne sera pas différent de ce qu'a fait le président Marcos", a-t-il ajouté, rappelant qu'il avait promis lors de la campagne électorale pour la présidentielle de 2016 de se montrer "sévère" face au terrorisme.

"Je dois le faire pour préserver la République des Philippines, le peuple philippin".

La loi martiale pourrait durer un an sur Mindanao, a-t-il ajouté, bien que Constitution limite à 60 jours la durée de ce régime d'exception.

'Vigilance'

Les opposants au chef de l'Etat, initiateur d'une guerre controversée contre la drogue qui a fait des milliers de morts, ont dit leurs craintes de le voir se servir des questions de sécurité pour imposer une forme d'autoritarisme.

Le sénateur de l'opposition Francis Pangilinan, président du Parti libéral, s'est inquiété d'éventuels abus de l'armée. Il en a voulu pour preuve les meurtres extrajudiciaires commis sous le défunt dictateur.

"Notre expérience douloureuse de la loi martiale sous la dictature de Ferdinand Marcos doit servir à nous rappeler que comme citoyens, nous devons rester vigilants", a-t-il dit dans un communiqué.

Les combats de Marawi ont éclaté après un raid des forces de sécurité contre une maison qu'ils pensaient être une cache d'Isnilon Hapilon, un des leaders d'Abou Sayyaf -groupe islamiste spécialisé dans les enlèvements crapuleux- également le chef de l'EI aux Philippines.

Les Etats-Unis considèrent Isnilon Hapilon comme l'un des terroristes les plus dangereux au monde et ont mis sa tête à prix cinq millions de dollars.

En réaction, une centaine de combattants armés ont incendié des bâtiments et mené diverses opérations de diversion, d'après le ministre de la Défense Delfin Lorenzana.

Sur des photographies postées sur les réseaux sociaux par des habitants, on voit des hommes armés déambuler dans les rues de Marawi et y hisser des drapeaux noirs semblables à ceux de l'EI.

M. Lorenzana avait expliqué mardi soir que de nombreux tireurs embusqués s'étaient cachés dans les bâtiments et qu'il était difficile de les combattre.

Alerte aux enlèvements

Mercredi, rien ne transpirait sur l'éventuelle poursuite des combats. Il était impossible de savoir si les islamistes étaient toujours dans la ville ou s'ils avaient pris la fuite dans les montagnes et la jungle avoisinantes, qui leur servent de longue date de repaire.

Les autorités n'ont pas précisé ce qu'il était advenu d'Isnilon Hapilon.

Abou Sayyaf, présent sur la plupart des îles de la région de Mindanao, a enlevé contre rançon des centaines de Philippins et d'étrangers depuis les années 1990.

Il a décapité un ressortissant allemand au début de cette année et deux Canadiens l'année dernière, leurs exigences de rançons n'ayant pas été satisfaites.

D'après les spécialistes des questions de sécurité, Isnilon Hapilon s'efforce d'unifier les groupes philippins qui ont prêté allégeance à l'EI.

Parmi eux, le groupe Maute, établi près de Marawi. Maute a livré ces 12 derniers mois des combats meurtriers contre l'armée.

Depuis les années 1970, la rébellion musulmane réclame une région autonome ou indépendante sur Mindanao et les combats ont fait plus de 130.000 morts.

Les principaux groupes de la rébellion musulmane négocient la paix avec le gouvernement.

Mais Abou Sayyaf, Maute et d'autres groupes islamistes affirment vouloir y établir un califat islamiste au nom de l'EI, expliquent les spécialiste.

Les Etats-Unis comme d'autres pays occidentaux viennent de prévenir que des terroristes projetaient d'enlever des étrangers dans des sites touristiques de l'ouest et du centre de l'archipel, ajoutant aux mises en garde en vigueur de longue date pour Mindanao.

M. Duterte a décrété la loi martiale mardi soir dans la région méridionale de Mindanao, où vivent environ 20 millions de personnes, lorsque des combattants ayant prêté serment à l'organisation jihadiste Etat islamique (EI) ont saccagé la localité de Marawi.Au moins trois membres des forces de sécurité ont été tués lors des affrontements dans cette ville en grande majorité musulmane de 200.000 habitants. Les islamistes ont entre autres incendié une église catholique, d'après les autorités."Compatriotes philippins, n'ayez pas trop peur", a dit le président à Moscou, où il venait tout juste d'entamer une visite officielle qu'il a écourtée pour faire face à la crise.Le chef de l'Etat a promis d'être sans pitié contre la menace terroriste à Mindanao. Il a dressé des parallèles avec la loi martiale instaurée sous la dictature de Ferdinand Marcos, renversé par la révolution du "Pouvoir du peuple" en 1986."Cela ne sera pas différent de ce qu'a fait le président Marcos", a-t-il ajouté, rappelant qu'il avait promis lors de la campagne électorale pour la présidentielle de 2016 de se montrer "sévère" face au terrorisme. "Je dois le faire pour préserver la République des Philippines, le peuple philippin".La loi martiale pourrait durer un an sur Mindanao, a-t-il ajouté, bien que Constitution limite à 60 jours la durée de ce régime d'exception.Les opposants au chef de l'Etat, initiateur d'une guerre controversée contre la drogue qui a fait des milliers de morts, ont dit leurs craintes de le voir se servir des questions de sécurité pour imposer une forme d'autoritarisme.Le sénateur de l'opposition Francis Pangilinan, président du Parti libéral, s'est inquiété d'éventuels abus de l'armée. Il en a voulu pour preuve les meurtres extrajudiciaires commis sous le défunt dictateur."Notre expérience douloureuse de la loi martiale sous la dictature de Ferdinand Marcos doit servir à nous rappeler que comme citoyens, nous devons rester vigilants", a-t-il dit dans un communiqué.Les combats de Marawi ont éclaté après un raid des forces de sécurité contre une maison qu'ils pensaient être une cache d'Isnilon Hapilon, un des leaders d'Abou Sayyaf -groupe islamiste spécialisé dans les enlèvements crapuleux- également le chef de l'EI aux Philippines.Les Etats-Unis considèrent Isnilon Hapilon comme l'un des terroristes les plus dangereux au monde et ont mis sa tête à prix cinq millions de dollars.En réaction, une centaine de combattants armés ont incendié des bâtiments et mené diverses opérations de diversion, d'après le ministre de la Défense Delfin Lorenzana.Sur des photographies postées sur les réseaux sociaux par des habitants, on voit des hommes armés déambuler dans les rues de Marawi et y hisser des drapeaux noirs semblables à ceux de l'EI.M. Lorenzana avait expliqué mardi soir que de nombreux tireurs embusqués s'étaient cachés dans les bâtiments et qu'il était difficile de les combattre.Mercredi, rien ne transpirait sur l'éventuelle poursuite des combats. Il était impossible de savoir si les islamistes étaient toujours dans la ville ou s'ils avaient pris la fuite dans les montagnes et la jungle avoisinantes, qui leur servent de longue date de repaire.Les autorités n'ont pas précisé ce qu'il était advenu d'Isnilon Hapilon.Abou Sayyaf, présent sur la plupart des îles de la région de Mindanao, a enlevé contre rançon des centaines de Philippins et d'étrangers depuis les années 1990.Il a décapité un ressortissant allemand au début de cette année et deux Canadiens l'année dernière, leurs exigences de rançons n'ayant pas été satisfaites.D'après les spécialistes des questions de sécurité, Isnilon Hapilon s'efforce d'unifier les groupes philippins qui ont prêté allégeance à l'EI.Parmi eux, le groupe Maute, établi près de Marawi. Maute a livré ces 12 derniers mois des combats meurtriers contre l'armée.Depuis les années 1970, la rébellion musulmane réclame une région autonome ou indépendante sur Mindanao et les combats ont fait plus de 130.000 morts.Les principaux groupes de la rébellion musulmane négocient la paix avec le gouvernement.Mais Abou Sayyaf, Maute et d'autres groupes islamistes affirment vouloir y établir un califat islamiste au nom de l'EI, expliquent les spécialiste.Les Etats-Unis comme d'autres pays occidentaux viennent de prévenir que des terroristes projetaient d'enlever des étrangers dans des sites touristiques de l'ouest et du centre de l'archipel, ajoutant aux mises en garde en vigueur de longue date pour Mindanao.