M. Lamberts en a été averti par le quotidien Le Monde qui, avec la chaîne France 2, révèle l'existence de ce fichage, a appris vendredi Belga auprès de l'intéressé. "Je vais consulter un avocat pour évaluer l'attitude à adopter, en fonction de la législation en Belgique", a-t-il commenté, dans une première réaction.

Identifié dans le fichier parmi les plus opposés aux pesticides (1 sur une échelle de 5 pour son "niveau de soutien à Monsanto"), la tête de liste Ecolo à l'élection au Parlement européen y voit ironiquement "plutôt un honneur".

Sur une échelle de crédibilité de 1 à 5, le fichier l'évalue à 3, "ce qui est normal puisque ce ne sont pas a priori les dossiers que je suis" en tant que spécialiste au sein du groupe des Verts/ALE, a-t-il ajouté.

Contacté dans la foulée, le journaliste du Monde Stéphane Foucart, qui apparaît lui aussi dans ce fichier de 2016, a indiqué à Belga qu'aucun autre Belge ne figurait sur cette liste, où M. Lamberts semble avoir été estampillé français par erreur, sans doute en raison de sa forte présence médiatique dans le débat sur les pesticides outre-Quiévrain.

La liste de 200 noms pourrait en réalité n'être que le volet français d'un listing plus large de journalistes, politiques et scientifiques intervenant dans ce débat, estime le journaliste français. Stéphane Foucart a déjà porté plainte contre X auprès du parquet de Paris, notamment pour "mise en oeuvre de traitements de données à caractère personnel illicite".

Le fichier en question provient d'une fuite d'un cabinet de lobbying et de relations publiques, Fleishman-Hillard, mandaté par Monsanto pour l'assister dans sa défense du glyphosate, le principe actif de son herbicide vedette "Roundup", controversé parce que potentiellement cancérigène.

Sollicités par Le Monde, Fleishman-Hillard et Bayer - désormais propriétaire de Monsanto -, ont répondu ne pas être en mesure de commenter ces informations car ils ne pourraient identifier concrètement le document, et disent n'avoir connaissance d'"aucun agissement non conforme qui serait le fait de nos collaborateurs".

Bayer n'avait "pas connaissance" de ces documents

Le groupe chimique allemand Bayer, propriétaire depuis 2018 de Monsanto, a indiqué vendredi à l'AFP qu'il n'avait "pas connaissance" de fichiers de personnalités françaises commandés par sa filiale et répertoriant leur position sur les pesticides.

La chaîne France 2 a révélé jeudi soir dans une enquête que le groupe américain Monsanto aurait secrètement fiché "des centaines de personnalités" en France, journalistes, politiques et scientifiques, en fonction de leur position sur les pesticides, notamment le glyphosate, utilisant parfois des informations privées.

"Concernant les fichiers évoqués dans les médias hier soir et ce matin, nous n'en avions pas connaissance", a déclaré la direction de Bayer.

Elle souligne que les fichiers incriminés dateraient de 2016 "date à laquelle Bayer et Monsanto étaient deux groupes indépendants l'un de l'autre". "Comme nous n'en avions pas connaissance, il ne nous est pas possible d'y apporter des commentaires", ajoute la direction du groupe allemand, qui assure accorder "une importance capitale" au respect des lois et règlementations, notamment en matière de confidentialité des données.

Selon France 2, les documents dont il est question datent de 2016. C'est durant cette année que la Commission européenne devait voter pour ou contre la prolongation de l'autorisation dans l'UE des herbicides à base de glyphosate.

Lors d'une assemblée générale, fin avril, les actionnaires de Bayer ont voté contre la direction du groupe, un désaveu, après le coûteux rachat en juin 2018 de Monsanto. Les investisseurs se sont notamment alarmés de la chute de près de 40% du cours de Bourse de Bayer depuis cette opération, à mesure que s'accumulaient les ennuis judiciaires pour la nouvelle entité.

Saisines ou plaintes du Monde, du Parisien et de Radio France

Le Monde, Le Parisien et Radio France ont indiqué qu'ils allaient saisir la CNIL ou engager des procédures en justice après la révélation que des personnalités, dont plusieurs de leurs journalistes, auraient été fichées par Monsanto en fonction de leur position sur le glyphosate.

Une enquête diffusée jeudi dans le 20H de France 2 a montré qu'une société de communication, Fleishman Hillard, aurait secrètement fiché des centaines de personnes (responsables politiques, scientifiques et journalistes) en fonction de leurs positions sur les pesticides, pour le compte du géant américain Monsanto (filiale depuis l'an dernier du groupe allemand Bayer).

Le quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France, dont trois journalistes auraient ainsi été fichés, a confirmé vendredi que le journal allait saisir la CNIL, l'agence publique de protection des données. Le média se réserve la possibilité, avec les journalistes en question, d'engager une procédure judiciaire.

Radio France, dont six journalistes figurent dans les fichiers, a dénoncé dans un communiqué ce "type de fichage (...) avec la plus grande fermeté. Le groupe public a indiqué préparer "aux côtés de ses journalistes" une action en justice "afin qu'une enquête détermine clairement toutes les responsabilités".

Le journal Le Monde et Stéphane Foucart, un de ses journalistes cité dans les documents, ont quant à eux porté plainte contre X le 26 avril auprès du parquet de Paris, notamment pour "mise en oeuvre de traitements de données à caractère personnel illicite", comme l'a indiqué la direction du journal jeudi sur son site.

En Belgique, l'eurodéputé Verts Philippe Lamberts (Ecolo), lui aussi fiché, a indiqué qu'il allait consulter un avocat pour envisager l'attitude à adopter vis-à-vis de la légiclation belge. L'ONG Foodwatch a également annoncé qu'elle portait plainte, après avoir appris que sa directrice générale, Karine Jacquemart, ainsi que la directrice de l'information de l'ONG, Ingrid Kragl, figuraient "sur la liste établie par un cabinet de lobbying mandaté par Monsanto".

"Elles y sont mentionnées de façon nominative avec la note maximale pour leur opposition à la multinationale. Foodwatch va donc porter plainte auprès du procureur de la République du tribunal de grande instance de Paris", indique l'association dans un communiqué, dénonçant "une utilisation frauduleuse de nos données personnelles".

M. Lamberts en a été averti par le quotidien Le Monde qui, avec la chaîne France 2, révèle l'existence de ce fichage, a appris vendredi Belga auprès de l'intéressé. "Je vais consulter un avocat pour évaluer l'attitude à adopter, en fonction de la législation en Belgique", a-t-il commenté, dans une première réaction. Identifié dans le fichier parmi les plus opposés aux pesticides (1 sur une échelle de 5 pour son "niveau de soutien à Monsanto"), la tête de liste Ecolo à l'élection au Parlement européen y voit ironiquement "plutôt un honneur". Sur une échelle de crédibilité de 1 à 5, le fichier l'évalue à 3, "ce qui est normal puisque ce ne sont pas a priori les dossiers que je suis" en tant que spécialiste au sein du groupe des Verts/ALE, a-t-il ajouté. Contacté dans la foulée, le journaliste du Monde Stéphane Foucart, qui apparaît lui aussi dans ce fichier de 2016, a indiqué à Belga qu'aucun autre Belge ne figurait sur cette liste, où M. Lamberts semble avoir été estampillé français par erreur, sans doute en raison de sa forte présence médiatique dans le débat sur les pesticides outre-Quiévrain. La liste de 200 noms pourrait en réalité n'être que le volet français d'un listing plus large de journalistes, politiques et scientifiques intervenant dans ce débat, estime le journaliste français. Stéphane Foucart a déjà porté plainte contre X auprès du parquet de Paris, notamment pour "mise en oeuvre de traitements de données à caractère personnel illicite". Le fichier en question provient d'une fuite d'un cabinet de lobbying et de relations publiques, Fleishman-Hillard, mandaté par Monsanto pour l'assister dans sa défense du glyphosate, le principe actif de son herbicide vedette "Roundup", controversé parce que potentiellement cancérigène. Sollicités par Le Monde, Fleishman-Hillard et Bayer - désormais propriétaire de Monsanto -, ont répondu ne pas être en mesure de commenter ces informations car ils ne pourraient identifier concrètement le document, et disent n'avoir connaissance d'"aucun agissement non conforme qui serait le fait de nos collaborateurs". Le groupe chimique allemand Bayer, propriétaire depuis 2018 de Monsanto, a indiqué vendredi à l'AFP qu'il n'avait "pas connaissance" de fichiers de personnalités françaises commandés par sa filiale et répertoriant leur position sur les pesticides.La chaîne France 2 a révélé jeudi soir dans une enquête que le groupe américain Monsanto aurait secrètement fiché "des centaines de personnalités" en France, journalistes, politiques et scientifiques, en fonction de leur position sur les pesticides, notamment le glyphosate, utilisant parfois des informations privées. "Concernant les fichiers évoqués dans les médias hier soir et ce matin, nous n'en avions pas connaissance", a déclaré la direction de Bayer.Elle souligne que les fichiers incriminés dateraient de 2016 "date à laquelle Bayer et Monsanto étaient deux groupes indépendants l'un de l'autre". "Comme nous n'en avions pas connaissance, il ne nous est pas possible d'y apporter des commentaires", ajoute la direction du groupe allemand, qui assure accorder "une importance capitale" au respect des lois et règlementations, notamment en matière de confidentialité des données.Selon France 2, les documents dont il est question datent de 2016. C'est durant cette année que la Commission européenne devait voter pour ou contre la prolongation de l'autorisation dans l'UE des herbicides à base de glyphosate. Lors d'une assemblée générale, fin avril, les actionnaires de Bayer ont voté contre la direction du groupe, un désaveu, après le coûteux rachat en juin 2018 de Monsanto. Les investisseurs se sont notamment alarmés de la chute de près de 40% du cours de Bourse de Bayer depuis cette opération, à mesure que s'accumulaient les ennuis judiciaires pour la nouvelle entité. Le Monde, Le Parisien et Radio France ont indiqué qu'ils allaient saisir la CNIL ou engager des procédures en justice après la révélation que des personnalités, dont plusieurs de leurs journalistes, auraient été fichées par Monsanto en fonction de leur position sur le glyphosate.Une enquête diffusée jeudi dans le 20H de France 2 a montré qu'une société de communication, Fleishman Hillard, aurait secrètement fiché des centaines de personnes (responsables politiques, scientifiques et journalistes) en fonction de leurs positions sur les pesticides, pour le compte du géant américain Monsanto (filiale depuis l'an dernier du groupe allemand Bayer). Le quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France, dont trois journalistes auraient ainsi été fichés, a confirmé vendredi que le journal allait saisir la CNIL, l'agence publique de protection des données. Le média se réserve la possibilité, avec les journalistes en question, d'engager une procédure judiciaire. Radio France, dont six journalistes figurent dans les fichiers, a dénoncé dans un communiqué ce "type de fichage (...) avec la plus grande fermeté. Le groupe public a indiqué préparer "aux côtés de ses journalistes" une action en justice "afin qu'une enquête détermine clairement toutes les responsabilités".Le journal Le Monde et Stéphane Foucart, un de ses journalistes cité dans les documents, ont quant à eux porté plainte contre X le 26 avril auprès du parquet de Paris, notamment pour "mise en oeuvre de traitements de données à caractère personnel illicite", comme l'a indiqué la direction du journal jeudi sur son site. En Belgique, l'eurodéputé Verts Philippe Lamberts (Ecolo), lui aussi fiché, a indiqué qu'il allait consulter un avocat pour envisager l'attitude à adopter vis-à-vis de la légiclation belge. L'ONG Foodwatch a également annoncé qu'elle portait plainte, après avoir appris que sa directrice générale, Karine Jacquemart, ainsi que la directrice de l'information de l'ONG, Ingrid Kragl, figuraient "sur la liste établie par un cabinet de lobbying mandaté par Monsanto". "Elles y sont mentionnées de façon nominative avec la note maximale pour leur opposition à la multinationale. Foodwatch va donc porter plainte auprès du procureur de la République du tribunal de grande instance de Paris", indique l'association dans un communiqué, dénonçant "une utilisation frauduleuse de nos données personnelles".