Les pensées du souverain pontife "se tournent en premier lieu vers les victimes, avec un immense chagrin pour leurs blessures et gratitude pour leur courage de dénoncer", a déclaré le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni. "Elles se tournent aussi vers l'Église de France, afin que, ayant pris conscience de cette effroyable réalité (...) elle puisse entreprendre la voie de la rédemption", a-t-il ajouté.

"L'Eglise n'a pas su voir, n'a pas su entendre"

L'état des lieux dressé par la Commission indépendante sur les abus dans l'Eglise est "accablant": son rapport estime à quelque 216.000 le nombre de mineurs victimes de prêtres, diacres et religieux depuis 1950. Le nombre grimpe même à 330.000 si l'on ajoute les personnes agressées par des laïcs travaillant dans des institutions de l'Église (enseignants, surveillants, cadres de mouvements de jeunesse...), a précisé le président de la commission, Jean-Marc Sauvé, en présentant ses conclusions.

Ce dernier a dénoncé "un ensemble de négligences, de défaillances, le silence, une couverture institutionnelle qui ont présenté un caractère systémique". "L'Eglise n'a pas su voir, n'a pas su entendre, n'a pas su capter les signaux faibles, n'a pas su prendre les mesures rigoureuses qui s'imposaient", a-t-il estimé, appelant l'institution à reconnaître sans détour sa "responsabilité".

L'Eglise n'a pas su voir, n'a pas su entendre, n'a pas su capter les signaux faibles, n'a pas su prendre les mesures rigoureuses qui s'imposaient

"Une honte absolue"

Le président de la Conférence des évêques de France, Eric de Moulins-Beaufort, a exprimé "sa honte", "son effroi" et a demandé "pardon". La voix des victimes "nous bouleverse, leur nombre nous accable", a-t-il déclaré. Véronique Margron, la présidente de la Corref (instituts et ordres religieux), a évoqué de son côté "un désastre": "que dire, sinon éprouver (...) une honte charnelle, une honte absolue".

Face à eux, M. Sauvé a asséné que l'Eglise catholique avait manifesté "jusqu'au début des années 2000 une indifférence profonde, et même cruelle à l'égard des victimes" de pédocriminalité. De 1950 aux années 2000, "les victimes ne sont pas crues, entendues, on considère qu'elles ont peu ou prou contribué à ce qui leur est arrivé", a-t-il insisté. Les garçons "représentent près de 80% des victimes, avec une très forte concentration entre 10 et 13 ans", a relevé Jean-Marc Sauvé. Il avait auparavant révélé une "estimation minimale" du nombre de prédateurs: "2.900 à 3.200" hommes - prêtres ou religieux - entre 1950 et 2020.

Les pensées du souverain pontife "se tournent en premier lieu vers les victimes, avec un immense chagrin pour leurs blessures et gratitude pour leur courage de dénoncer", a déclaré le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni. "Elles se tournent aussi vers l'Église de France, afin que, ayant pris conscience de cette effroyable réalité (...) elle puisse entreprendre la voie de la rédemption", a-t-il ajouté. L'état des lieux dressé par la Commission indépendante sur les abus dans l'Eglise est "accablant": son rapport estime à quelque 216.000 le nombre de mineurs victimes de prêtres, diacres et religieux depuis 1950. Le nombre grimpe même à 330.000 si l'on ajoute les personnes agressées par des laïcs travaillant dans des institutions de l'Église (enseignants, surveillants, cadres de mouvements de jeunesse...), a précisé le président de la commission, Jean-Marc Sauvé, en présentant ses conclusions.Ce dernier a dénoncé "un ensemble de négligences, de défaillances, le silence, une couverture institutionnelle qui ont présenté un caractère systémique". "L'Eglise n'a pas su voir, n'a pas su entendre, n'a pas su capter les signaux faibles, n'a pas su prendre les mesures rigoureuses qui s'imposaient", a-t-il estimé, appelant l'institution à reconnaître sans détour sa "responsabilité".Le président de la Conférence des évêques de France, Eric de Moulins-Beaufort, a exprimé "sa honte", "son effroi" et a demandé "pardon". La voix des victimes "nous bouleverse, leur nombre nous accable", a-t-il déclaré. Véronique Margron, la présidente de la Corref (instituts et ordres religieux), a évoqué de son côté "un désastre": "que dire, sinon éprouver (...) une honte charnelle, une honte absolue".Face à eux, M. Sauvé a asséné que l'Eglise catholique avait manifesté "jusqu'au début des années 2000 une indifférence profonde, et même cruelle à l'égard des victimes" de pédocriminalité. De 1950 aux années 2000, "les victimes ne sont pas crues, entendues, on considère qu'elles ont peu ou prou contribué à ce qui leur est arrivé", a-t-il insisté. Les garçons "représentent près de 80% des victimes, avec une très forte concentration entre 10 et 13 ans", a relevé Jean-Marc Sauvé. Il avait auparavant révélé une "estimation minimale" du nombre de prédateurs: "2.900 à 3.200" hommes - prêtres ou religieux - entre 1950 et 2020.