"Il n'y a pas d'appel pour une mission de l'Otan dans le nord-est de la Syrie", a affirmé M. Stoltenberg à son arrivée au siège bruxellois de l'Alliance atlantique avant une réunion de deux jours des ministres de la Défense alliés. "La manière dont je comprends la proposition faite par l'Allemagne, par la ministre (de la Défense) Annegret Kramp-Karrenbauer, c'est qu'il y a un besoin pour une décision (de la part) des Nations unies. Et cela requiert un processus au sein de l'ONU", a-t-il ajouté devant la presse.

Mme Kramp-Karrenbauer a pris ses alliés - et même ses collègues au sein du gouvernement allemand, dont le chef de la diplomatie, le social-démocrate Heiko Maas - par surprise en proposant lundi la création d'une "zone de sécurité sous contrôle international" dans le nord de la Syrie. "Cette une proposition qui doit être discutée plus en detail avant que toute decision puisse être prise", s'est contenté d'indiquer M. Stoltenberg, tout en qualifiant de "positif" le fait que des alliés fassent des suggestions pour trouver des solutions à la crise syrienne.

Le secrétaire général a souligné que l'Otan avait un intéret "légitime" dans la région, en tant que membre de la coalition dirigée par les Etats-Unis pour combattre le groupe djihadiste Etat islamique (EI). "Il est extrêmement important de s'assurer que les combattants de l'EI capturés (par les forces kurdes alliées des Occidentaux jusqu'à ce que les Etats-Unis les abandonnent à leur sort face à l'offensive lancée le 9 octobre par la Turquie) ne sont pas libérés. Dès lors, ceux qui sont présents au sol ont la responsabilité de s'assurer (...) qu'ils demeurent en captivité", a poursuivi M. Stoltenberg.

Sur le terrain, les forces kurdes syriennes ont quitté jeudi des positions qu'elles tenaient depuis des années le long de la frontière turque, se conformant à un accord russo-turc conclu mardi. L'armée russe poursuivait de son côté les patrouilles qui ont débuté mercredi le long de la frontière, remplissant le vide laissé par le départ soudain des troupes américaines de ce secteur du nord de la Syrie, en guerre depuis 2011. Allié de Moscou, le régime de Damas a également déployé ses troupes dans la zone, l'accord russo-turc trouvé mardi permettant au président Bachar al-Assad de réinvestir une partie importante du territoire qui lui échappait.