La France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, cosignataires de l'accord, ont activé la procédure de règlement des différends prévue dans le texte en cas de violation des engagements.

"Nous n'avons plus d'autre choix, étant donné les mesures prises par l'Iran", ont annoncé les chefs de la diplomatie des trois pays, Jean-Yves Le Drian, Dominic Raab et Heiko Maas, dans un communiqué commun.

Le 5 janvier, Téhéran avait annoncé la "cinquième et dernière phase" de son plan de réduction de ses engagements, en riposte à la sortie des Etats-Unis de l'accord en 2018 et au rétablissement de lourdes sanctions américaines qui étranglent son économie.

"Nos trois pays ne rejoignent pas la campagne visant à exercer une pression maximale contre l'Iran", ont toutefois souligné les trois ministres, en allusion à la politique de sanctions des Etats-Unis.

Réaction pour autant courroucée des Iraniens: "Si les Européens [...] cherchent à abuser [de ce processus], ils doivent également être prêts à en accepter les conséquences, qui leur ont déjà été notifiées", a déclaré le ministère des Affaires étrangères iranien dans un communiqué.

Car le déclenchement du mécanisme de règlement des différends (MRD), dont Paris agitait la menace depuis plusieurs semaines, pourrait de facto mener à terme au rétablissement de sanctions de l'ONU.

Les Européens ne veulent pas "précipiter" ce scénario mais faire pression sur l'Iran pour sauver l'accord de 2015, souligne-t-on à Paris. "La préservation du JCPOA est aujourd'hui plus importante que jamais", a abondé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

- Un axe Johnson/ Trump ? -

Ils prennent ainsi le contrepied de Donald Trump qui les a appelés à sortir du texte et a décrété de nouvelles sanctions le 8 janvier, après l'escalade militaire déclenchée par la mort du général Qassem Soleimani dans un tir de drone américain.

Paris, Berlin et Londres espèrent au contraire que la diplomatie reprenne ses droits, un pari risqué qui pourrait en outre être contrarié par les nouvelles manifestations contre le régime à Téhéran.

"Ce qu'ils veulent mettre sur la table en échange d'un rétropédalage iranien n'est pas clair. Cela pourrait continuer à miner le cadre du JCPOA", a averti Ellie Geranmayeh, experte à l'European Council on Foreign Relations (ECFR), dans un tweet.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson n'a en outre pas tardé à jouer les trouble-fête, en se disant prêt remplacer l'accord de 2015.

"Le président Trump est un excellent négociateur (...). Travaillons ensemble pour remplacer (l'accord de 2015) et le remplacer par l'accord de Trump", a-t-il lancé sur la BBC.

Les Européens ne pèsent "pas bien lourd" politiquement et sont en outre divisés, relève Alex Vatanka, expert au Middle East Institute à Washington, qui s'attend à un "rapprochement" entre Boris Johnson et Donald Trump.

Les signaux envoyés par Téhéran ces derniers jours ont pu encourager les tenants de la diplomatie, alors que l'émotion suscitée par la disparition de Qassem Soleimani avait d'abord fait craindre le pire.

La République islamique a opté pour une riposte proportionnée, tirant certes pour la première fois des missiles contre des soldats américains, mais sans faire de victimes.

- Macron toujours disponible -

Elle a aussi reconnu que les Gardiens de la Révolution, bras armé du régime, avaient abattu par erreur un avion de ligne ukrainien quelques heures après la salve de missiles contre des bases américaines en Irak.

Le président français Emmanuel Macron, qui avait tenté en vain d'organiser une rencontre entre les présidents Donald Trump et Hassan Rohani en 2019 pour sauver l'accord sur le nucléaire iranien, reste prêt à jouer les bons offices.

"Nous considérons que cette initiative française n'a pas échoué. Il n'y a pas d'autre leader capable en ce moment de parler à tout le monde et de dire la même chose à tous", assure une source diplomatique française.

Mais le président Trump, soucieux de sa réélection, est-il toujours en quête d'une poignée de mains, aussi médiatique soit-elle, avec le dirigeant iranien ?

La colère suscitée en Iran par le crash du Boeing ukrainien - dont l'ampleur reste pour l'heure difficile à évaluer - peut bousculer la donne.

"Trump pourrait opter au vu des événements pour un changement de régime, se dire: +en fait je ne veux pas parler à l'Iran, j'ai changé d'avis, voyons ce qu'il va se passer+", relève Alex Vatanka.

La France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, cosignataires de l'accord, ont activé la procédure de règlement des différends prévue dans le texte en cas de violation des engagements."Nous n'avons plus d'autre choix, étant donné les mesures prises par l'Iran", ont annoncé les chefs de la diplomatie des trois pays, Jean-Yves Le Drian, Dominic Raab et Heiko Maas, dans un communiqué commun.Le 5 janvier, Téhéran avait annoncé la "cinquième et dernière phase" de son plan de réduction de ses engagements, en riposte à la sortie des Etats-Unis de l'accord en 2018 et au rétablissement de lourdes sanctions américaines qui étranglent son économie."Nos trois pays ne rejoignent pas la campagne visant à exercer une pression maximale contre l'Iran", ont toutefois souligné les trois ministres, en allusion à la politique de sanctions des Etats-Unis.Réaction pour autant courroucée des Iraniens: "Si les Européens [...] cherchent à abuser [de ce processus], ils doivent également être prêts à en accepter les conséquences, qui leur ont déjà été notifiées", a déclaré le ministère des Affaires étrangères iranien dans un communiqué.Car le déclenchement du mécanisme de règlement des différends (MRD), dont Paris agitait la menace depuis plusieurs semaines, pourrait de facto mener à terme au rétablissement de sanctions de l'ONU.Les Européens ne veulent pas "précipiter" ce scénario mais faire pression sur l'Iran pour sauver l'accord de 2015, souligne-t-on à Paris. "La préservation du JCPOA est aujourd'hui plus importante que jamais", a abondé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.Ils prennent ainsi le contrepied de Donald Trump qui les a appelés à sortir du texte et a décrété de nouvelles sanctions le 8 janvier, après l'escalade militaire déclenchée par la mort du général Qassem Soleimani dans un tir de drone américain.Paris, Berlin et Londres espèrent au contraire que la diplomatie reprenne ses droits, un pari risqué qui pourrait en outre être contrarié par les nouvelles manifestations contre le régime à Téhéran."Ce qu'ils veulent mettre sur la table en échange d'un rétropédalage iranien n'est pas clair. Cela pourrait continuer à miner le cadre du JCPOA", a averti Ellie Geranmayeh, experte à l'European Council on Foreign Relations (ECFR), dans un tweet.Le Premier ministre britannique Boris Johnson n'a en outre pas tardé à jouer les trouble-fête, en se disant prêt remplacer l'accord de 2015."Le président Trump est un excellent négociateur (...). Travaillons ensemble pour remplacer (l'accord de 2015) et le remplacer par l'accord de Trump", a-t-il lancé sur la BBC.Les Européens ne pèsent "pas bien lourd" politiquement et sont en outre divisés, relève Alex Vatanka, expert au Middle East Institute à Washington, qui s'attend à un "rapprochement" entre Boris Johnson et Donald Trump. Les signaux envoyés par Téhéran ces derniers jours ont pu encourager les tenants de la diplomatie, alors que l'émotion suscitée par la disparition de Qassem Soleimani avait d'abord fait craindre le pire.La République islamique a opté pour une riposte proportionnée, tirant certes pour la première fois des missiles contre des soldats américains, mais sans faire de victimes.Elle a aussi reconnu que les Gardiens de la Révolution, bras armé du régime, avaient abattu par erreur un avion de ligne ukrainien quelques heures après la salve de missiles contre des bases américaines en Irak.Le président français Emmanuel Macron, qui avait tenté en vain d'organiser une rencontre entre les présidents Donald Trump et Hassan Rohani en 2019 pour sauver l'accord sur le nucléaire iranien, reste prêt à jouer les bons offices."Nous considérons que cette initiative française n'a pas échoué. Il n'y a pas d'autre leader capable en ce moment de parler à tout le monde et de dire la même chose à tous", assure une source diplomatique française.Mais le président Trump, soucieux de sa réélection, est-il toujours en quête d'une poignée de mains, aussi médiatique soit-elle, avec le dirigeant iranien ?La colère suscitée en Iran par le crash du Boeing ukrainien - dont l'ampleur reste pour l'heure difficile à évaluer - peut bousculer la donne."Trump pourrait opter au vu des événements pour un changement de régime, se dire: +en fait je ne veux pas parler à l'Iran, j'ai changé d'avis, voyons ce qu'il va se passer+", relève Alex Vatanka.