"Kevin McAleenan a accompli un travail fantastique", a tweeté le président américain. "Après de nombreuses années au gouvernement, Kevin veut désormais passer plus de temps avec sa famille et aller dans le secteur privé", a-t-il poursuivi, précisant qu'il annoncerait la semaine prochaine le nom de son remplaçant.

Ce ministre chargé de l'immigration avait pris ses fonctions en avril, succédant à Kirstjen Nielsen, qui n'avait plus les faveurs de Donald Trump.

Auparavant chef du service des douanes et de protection des frontières, M. McAleenan a reçu les louanges du locataire de la Maison Blanche: "Nous avons bien travaillé ensemble, avec un nombre de traversées à la frontière largement en baisse".

M. McAleenan lui a rendu la pareille, remerciant le président. "Avec son soutien, ces six derniers mois, nous avons fait des progrès impressionnants pour régler la sécurité à la frontière et la crise humanitaire à laquelle nous avons fait face cette année", a écrit le ministre démissionnaire sur Twitter.

Le départ de Kevin McAleenan intervient cependant après que ce dernier a confié au Washington Post qu'il ne se sentait pas en mesure de contrôler son ministère.

"Ce que je ne contrôle pas, c'est le ton, le message, les relations avec l'extérieur et l'approche du ministère, dans une période de plus en plus polarisée", "une position inconfortable" pour un responsable de (son) niveau, a-t-il affirmé au quotidien.

Eviction

Pour Bennie Thompson, le président démocrate de la commission de la Sécurité intérieure à la Chambre des représentants, la démission de M. McAleenan est une "éviction", signe "que le président Trump continue de décimer" la tête du ministère de la Sécurité intérieure.

"Ceci ne fera qu'ajouter au chaos" dans un ministère où il n'y a que "trop de postes de direction vacants et de postes occupés par des responsables +par intérim+", a-t-il critiqué, en demandant que Donald Trump nomme rapidement un successeur permanent au ministre démissionnaire.

Le président "a obligé le ministère à s'éloigner du coeur de sa mission de contre-terrorisme pour se concentrer presque uniquement sur son programme d'immigration xénophobe et cruel", a estimé M. Thompson.

Le 45e président des Etats-Unis a fait de la lutte contre l'immigration clandestine l'un de ses chevaux de bataille et compte bien en faire un axe principal de sa campagne pour l'élection présidentielle de 2020.

Malgré une politique de "tolérance zéro" à l'encontre de l'immigration clandestine, le nombre d'arrestations à la frontière avait atteint un pic de 144.000 en mai. Il a depuis baissé à un rythme soutenu pour atteindre 52.000 en septembre, selon les autorités.

Près d'un million de personnes ont été arrêtées à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique depuis octobre 2018, un record en 12 ans, ont annoncé en début de semaine les autorités.

L'administration Trump est régulièrement sous le feu des critiques des associations de droits humains pour sa politique migratoire.