Lundi à Diriamba (sud-ouest), à 45 kilomètres de la capitale Managua, des forces pro-Ortega ont fait irruption dans la basilique San Sebastian, où une dizaine de manifestants de l'opposition s'étaient réfugiés depuis les violences meurtrières de dimanche, et où s'est rendue une délégation d'évêques et de prêtres.

l'Eglise catholique fait office de médiatrice au Nicaragua et avait annoncé une reprise du dialogue lundi entre le gouvernement et l'opposition, alors que le pays est secoué depuis avril par une vague de contestation exigeant le départ du président.

A son arrivée, la délégation menée par le cardinal Leopoldo Brenes, archevêque de Managua et président de la Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN), et par le nonce apostolique (ambassadeur du pape), Stanislaw Waldemar Sommertag, a été accueillie aux cris d'"Assassins!", "Menteurs!" et "Fils de pute!", lancés par des soutiens du gouvernement.

Les prélats ont ensuite été entourés et bousculés avant de se frayer difficilement un chemin jusqu'à l'intérieur de l'édifice. Les paramilitaires cagoulés en ont profité pour faire irruption dans la basilique et en expulser des opposants.

Dans un coin, près de l'autel, se trouvaient plusieurs personnes dont la plupart avaient le visage couvert d'une chemise ou d'une veste.

"Nous avons été pris au piège par la fusillade dimanche, nous avons très peur pour nos vies", a déclaré à l'AFP l'une d'entre elles, un homme de 40 ans.

Quelques minutes plus tard, un groupe d'hommes encagoulés, dont au moins trois étaient armés, ont malmené les prêtres.

- "Jamais vu une telle situation" -

L'évêque auxiliaire de Managua, Silvio Baez, a déclaré avoir été blessé au bras et frappé à l'estomac. Mais "la souffrance qu'endure notre peuple" est bien "plus grave", a-t-il dit.

Après l'incursion, il a indiqué que les personnes qui s'étaient réfugiées dans la basilique avaient été "libérées". L'une d'entre elles a indiqué par téléphone à l'AFP qu'elles se trouvaient maintenant à Managua et déposaient des plaintes auprès de groupes de défense des droits de l'homme.

"Nous avons subi cette action dure, forte et brutale contre nos prêtres, nous n'avions jamais vu de telles situations au Nicaragua, c'est vraiment triste", a déclaré le cardinal Brenes à son retour à Managua.

Des partisans du président Ortega ont également investi une église à Jinotepe (sud-ouest), où ils ont causé quelques dégâts et insulté des prêtres.

"Il est douloureux de voir que les droits de l'homme ne sont pas respectés. Ils ne respectent même pas les évêques", a déclaré à l'AFP Alvaro Leiva, secrétaire de l'Association nicaraguayenne des droits de l'homme (ANPDH).

À Washington, l'Organisation des Etats américains (OEA) a annoncé qu'elle discuterait de la situation au Nicaragua mercredi, lors d'une réunion du Conseil permanent au cours de laquelle la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) rendra compte de son enquête à Managua.

"La campagne de violence et d'intimidation sape le dialogue et doit cesser", a réagi le secrétaire d'Etat adjoint américain aux Affaires de l'hémisphère occidental, Francisco Palmieri. Il s'est dit "indigné" que des religieux aient été malmenés.

Dimanche, des affrontements entre des forces gouvernementales et des opposants avaient fait au moins 14 morts - dont deux policiers - dans les villes de Jinotepe et de Diriamba (département de Carazo).

La vague de protestation, déclenchée le 18 avril, cible le chef de l'Etat et son épouse, la vice-présidente Rosario Murillo, accusés de confisquer le pouvoir et de brider les libertés. Elle a déjà fait quelque 250 morts et près de 2.000 blessés.

Comme l'opposition, l'Eglise catholique du Nicaragua a appelé le président Ortega, 72 ans, à organiser des élections générales anticipées en mars 2019 au lieu de fin 2021, date de la fin de son mandat.

Mais l'ex-guérillero sandiniste, au pouvoir depuis 2007 après l'avoir déjà été de 1979 à 1990, a exclu samedi d'avancer la date des élections, qualifiant ses opposants de "putschistes" et de "vandales".

"Nous continuons à travailler dur pour bannir la tentative de coup d'Etat d'une minorité antipatriotique", a déclaré lundi Mme Murillo.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Denis Moncada, a accusé l'opposition de commettre "des actes de terrorisme" et a assuré que le gouvernement remplirait "son devoir constitutionnel, son obligation institutionnelle de maintenir l'ordre, la sécurité et la paix".

Pour accentuer la pression sur M. Ortega, l'opposition nicaraguayenne a annoncé une grève générale de 24 heures pour vendredi, précédée d'une manifestation jeudi.

Lundi à Diriamba (sud-ouest), à 45 kilomètres de la capitale Managua, des forces pro-Ortega ont fait irruption dans la basilique San Sebastian, où une dizaine de manifestants de l'opposition s'étaient réfugiés depuis les violences meurtrières de dimanche, et où s'est rendue une délégation d'évêques et de prêtres. l'Eglise catholique fait office de médiatrice au Nicaragua et avait annoncé une reprise du dialogue lundi entre le gouvernement et l'opposition, alors que le pays est secoué depuis avril par une vague de contestation exigeant le départ du président.A son arrivée, la délégation menée par le cardinal Leopoldo Brenes, archevêque de Managua et président de la Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN), et par le nonce apostolique (ambassadeur du pape), Stanislaw Waldemar Sommertag, a été accueillie aux cris d'"Assassins!", "Menteurs!" et "Fils de pute!", lancés par des soutiens du gouvernement.Les prélats ont ensuite été entourés et bousculés avant de se frayer difficilement un chemin jusqu'à l'intérieur de l'édifice. Les paramilitaires cagoulés en ont profité pour faire irruption dans la basilique et en expulser des opposants. Dans un coin, près de l'autel, se trouvaient plusieurs personnes dont la plupart avaient le visage couvert d'une chemise ou d'une veste. "Nous avons été pris au piège par la fusillade dimanche, nous avons très peur pour nos vies", a déclaré à l'AFP l'une d'entre elles, un homme de 40 ans.Quelques minutes plus tard, un groupe d'hommes encagoulés, dont au moins trois étaient armés, ont malmené les prêtres. L'évêque auxiliaire de Managua, Silvio Baez, a déclaré avoir été blessé au bras et frappé à l'estomac. Mais "la souffrance qu'endure notre peuple" est bien "plus grave", a-t-il dit.Après l'incursion, il a indiqué que les personnes qui s'étaient réfugiées dans la basilique avaient été "libérées". L'une d'entre elles a indiqué par téléphone à l'AFP qu'elles se trouvaient maintenant à Managua et déposaient des plaintes auprès de groupes de défense des droits de l'homme. "Nous avons subi cette action dure, forte et brutale contre nos prêtres, nous n'avions jamais vu de telles situations au Nicaragua, c'est vraiment triste", a déclaré le cardinal Brenes à son retour à Managua.Des partisans du président Ortega ont également investi une église à Jinotepe (sud-ouest), où ils ont causé quelques dégâts et insulté des prêtres. "Il est douloureux de voir que les droits de l'homme ne sont pas respectés. Ils ne respectent même pas les évêques", a déclaré à l'AFP Alvaro Leiva, secrétaire de l'Association nicaraguayenne des droits de l'homme (ANPDH).À Washington, l'Organisation des Etats américains (OEA) a annoncé qu'elle discuterait de la situation au Nicaragua mercredi, lors d'une réunion du Conseil permanent au cours de laquelle la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) rendra compte de son enquête à Managua."La campagne de violence et d'intimidation sape le dialogue et doit cesser", a réagi le secrétaire d'Etat adjoint américain aux Affaires de l'hémisphère occidental, Francisco Palmieri. Il s'est dit "indigné" que des religieux aient été malmenés.Dimanche, des affrontements entre des forces gouvernementales et des opposants avaient fait au moins 14 morts - dont deux policiers - dans les villes de Jinotepe et de Diriamba (département de Carazo).La vague de protestation, déclenchée le 18 avril, cible le chef de l'Etat et son épouse, la vice-présidente Rosario Murillo, accusés de confisquer le pouvoir et de brider les libertés. Elle a déjà fait quelque 250 morts et près de 2.000 blessés.Comme l'opposition, l'Eglise catholique du Nicaragua a appelé le président Ortega, 72 ans, à organiser des élections générales anticipées en mars 2019 au lieu de fin 2021, date de la fin de son mandat.Mais l'ex-guérillero sandiniste, au pouvoir depuis 2007 après l'avoir déjà été de 1979 à 1990, a exclu samedi d'avancer la date des élections, qualifiant ses opposants de "putschistes" et de "vandales"."Nous continuons à travailler dur pour bannir la tentative de coup d'Etat d'une minorité antipatriotique", a déclaré lundi Mme Murillo.De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Denis Moncada, a accusé l'opposition de commettre "des actes de terrorisme" et a assuré que le gouvernement remplirait "son devoir constitutionnel, son obligation institutionnelle de maintenir l'ordre, la sécurité et la paix".Pour accentuer la pression sur M. Ortega, l'opposition nicaraguayenne a annoncé une grève générale de 24 heures pour vendredi, précédée d'une manifestation jeudi.