Pour la première fois vendredi, le secrétaire d'Etat, toujours soucieux de se montrer loyal envers le président des Etats-Unis, a reçu une forme de feu vert à une éventuelle candidature au Sénat aux élections de novembre 2020 dans cet Etat au coeur de l'Amérique.

"Mike aime vraiment ce qu'il fait", a dit le milliardaire républicain sur la chaîne Fox News.

"Mais il aime le Kansas", a-t-il ajouté. "Si je réalisais que nos candidats potentiels pouvaient ne pas gagner", et "si lui-même venait à penser qu'il y avait un risque de perdre ce siège, je pense qu'il irait. Et il gagnerait dans un raz-de-marée".

L'enjeu, pour le locataire de la Maison Blanche, est politique: s'il est réélu l'an prochain, il doit s'assurer de conserver la majorité républicaine au Sénat.

Pour Mike Pompeo, il est plus personnel.

Cela fait plusieurs mois que la rumeur court d'une candidature dans cet Etat où il a été chef d'entreprise puis élu à la Chambre des représentants. Alimentée par ses multiples déplacements sur place et les innombrables entretiens avec des médias locaux.

- Pris au piège -

Mais mi-septembre encore, le secrétaire d'Etat devait gérer des problèmes de riche.

A 55 ans, il s'était imposé comme l'homme fort de la politique étrangère de Donald Trump après le départ de son rival, le conseiller à la sécurité nationale John Bolton.

Mike Pompeo se mettait déjà sur les rangs pour éventuellement porter les couleurs conservatrices dans la course à la Maison Blanche en... 2024. L'équation à résoudre: depuis quel tremplin? Rester quatre ans de plus dans une administration Trump si l'ex-homme d'affaires new-yorkais est reconduit l'an prochain -- au risque de se retrouver sans rien s'il perd? Partir dans le privé? Ou alors s'installer dans un confortable siège de sénateur?

L'affaire ukrainienne est venue bousculer ses calculs.

Cible de toutes les critiques, Mike Pompeo semble surtout tenter de ne pas se retrouver pris au piège.

Il est d'abord accusé d'avoir laissé tomber ses diplomates: pressé par plusieurs conseillers et adjoints, puis par la presse, le patron du département d'Etat s'est abstenu de défendre son ex-ambassadrice en Ukraine Marie Yovanovitch lorsque Donald Trump l'a attaquée, à plusieurs reprises, avec des propos parfois menaçants.

Le chef de la diplomatie américaine est également fragilisé sur le fond de l'affaire ukrainienne.

Il a en effet assisté au fameux appel du 25 juillet, lorsque le président des Etats-Unis a demandé à son homologue ukrainien d'enquêter sur ses adversaires politiques américains.

- Témoignage embarrassant -

Surtout, plusieurs diplomates qui ont témoigné au Congrès lui ont reproché d'avoir laissé l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, prendre la main sur le dossier ukrainien, avec d'évidentes arrières-pensées électoralistes.

L'audition de l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, a été encore plus embarrassante: il a décrit un Mike Pompeo totalement au courant des démarches pour obtenir de Kiev des enquêtes sur les démocrates américains. Et qui n'a pas contredit l'ambassadeur lorsqu'il lui a dit qu'il pensait que le déblocage d'une aide militaire gelée était conditionné à l'annonce de ces enquêtes -- le "donnant-donnant" au coeur de la procédure de destitution contre Donald Trump.

Les démocrates réclament désormais que Mike Pompeo "se récuse" sur tout ce qui est lié à l'Ukraine.

Un éditorialiste du New York Times, Thomas Friedman, a résumé les reproches dans une formule assassine: il est peut-être sorti major de la prestigieuse académie militaire de West Point, mais il était sûrement "dernier de la classe en intégrité", "éthique" et "leadership".

Dans ce contexte, des médias ont aussi pour la première fois fait état de frictions entre Donald Trump et son ministre des Affaires étrangères, dont les relations avaient toujours était dépeintes comme excellentes. Là-dessus, le milliardaire l'a rassuré vendredi: "c'est un gars incroyable, qui fait un super boulot dans un monde très compliqué".

fff/sdu

Pour la première fois vendredi, le secrétaire d'Etat, toujours soucieux de se montrer loyal envers le président des Etats-Unis, a reçu une forme de feu vert à une éventuelle candidature au Sénat aux élections de novembre 2020 dans cet Etat au coeur de l'Amérique."Mike aime vraiment ce qu'il fait", a dit le milliardaire républicain sur la chaîne Fox News."Mais il aime le Kansas", a-t-il ajouté. "Si je réalisais que nos candidats potentiels pouvaient ne pas gagner", et "si lui-même venait à penser qu'il y avait un risque de perdre ce siège, je pense qu'il irait. Et il gagnerait dans un raz-de-marée".L'enjeu, pour le locataire de la Maison Blanche, est politique: s'il est réélu l'an prochain, il doit s'assurer de conserver la majorité républicaine au Sénat.Pour Mike Pompeo, il est plus personnel.Cela fait plusieurs mois que la rumeur court d'une candidature dans cet Etat où il a été chef d'entreprise puis élu à la Chambre des représentants. Alimentée par ses multiples déplacements sur place et les innombrables entretiens avec des médias locaux.Mais mi-septembre encore, le secrétaire d'Etat devait gérer des problèmes de riche.A 55 ans, il s'était imposé comme l'homme fort de la politique étrangère de Donald Trump après le départ de son rival, le conseiller à la sécurité nationale John Bolton.Mike Pompeo se mettait déjà sur les rangs pour éventuellement porter les couleurs conservatrices dans la course à la Maison Blanche en... 2024. L'équation à résoudre: depuis quel tremplin? Rester quatre ans de plus dans une administration Trump si l'ex-homme d'affaires new-yorkais est reconduit l'an prochain -- au risque de se retrouver sans rien s'il perd? Partir dans le privé? Ou alors s'installer dans un confortable siège de sénateur?L'affaire ukrainienne est venue bousculer ses calculs.Cible de toutes les critiques, Mike Pompeo semble surtout tenter de ne pas se retrouver pris au piège.Il est d'abord accusé d'avoir laissé tomber ses diplomates: pressé par plusieurs conseillers et adjoints, puis par la presse, le patron du département d'Etat s'est abstenu de défendre son ex-ambassadrice en Ukraine Marie Yovanovitch lorsque Donald Trump l'a attaquée, à plusieurs reprises, avec des propos parfois menaçants.Le chef de la diplomatie américaine est également fragilisé sur le fond de l'affaire ukrainienne.Il a en effet assisté au fameux appel du 25 juillet, lorsque le président des Etats-Unis a demandé à son homologue ukrainien d'enquêter sur ses adversaires politiques américains.Surtout, plusieurs diplomates qui ont témoigné au Congrès lui ont reproché d'avoir laissé l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, prendre la main sur le dossier ukrainien, avec d'évidentes arrières-pensées électoralistes.L'audition de l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, a été encore plus embarrassante: il a décrit un Mike Pompeo totalement au courant des démarches pour obtenir de Kiev des enquêtes sur les démocrates américains. Et qui n'a pas contredit l'ambassadeur lorsqu'il lui a dit qu'il pensait que le déblocage d'une aide militaire gelée était conditionné à l'annonce de ces enquêtes -- le "donnant-donnant" au coeur de la procédure de destitution contre Donald Trump.Les démocrates réclament désormais que Mike Pompeo "se récuse" sur tout ce qui est lié à l'Ukraine.Un éditorialiste du New York Times, Thomas Friedman, a résumé les reproches dans une formule assassine: il est peut-être sorti major de la prestigieuse académie militaire de West Point, mais il était sûrement "dernier de la classe en intégrité", "éthique" et "leadership".Dans ce contexte, des médias ont aussi pour la première fois fait état de frictions entre Donald Trump et son ministre des Affaires étrangères, dont les relations avaient toujours était dépeintes comme excellentes. Là-dessus, le milliardaire l'a rassuré vendredi: "c'est un gars incroyable, qui fait un super boulot dans un monde très compliqué".fff/sdu