La tension monte depuis plusieurs jours entre l'Espoagne et le Maroc, sur fond de reprise de la crise migratoire aux portes de l'Union européenne. La police marocaine a finalement fermé mercredi le passage frontalier de Tarajal, et a interrompu l'exode migratoire qui, ces trois derniers jours, a permis l'entrée de 8 000 sans-papiers, dans l'enclave espagnole de Ceuta .Cela n'a pas empêché le gouvernement espagnol de hausser vivement le ton, ce jeudi. Ce qui se joue entre le Maroc et l'Espagne est bien plus qu'une simple crise migratoire. Explications.

Une crise démocratique de longue date

Le Maroc est un partenaire indispensable de l'Espagne dans la gestion des flux migratoires, surtout aux frontières entre Ceuta et Melilla. Ces deux enclaves espagnoles font partie des sujets de discorde: elles sont revendiquées depuis soixante ans par le Maroc, qui y voit des vestiges de l'empire colonial espagnol. Mais la récente la récente montée des tensions diplomatiques entre le Maroc et l'Espagnes se situe du côté du Sahara occidental: le seul territoire du continent africain dont le statut postcolonial n'est pas définitif. Depuis 1976, ce territoire situé entre le Maroc et la Mauritanie, est l'objet d'un conflit entre Rabat, qui en contrôle 80 %, et les indépendantistes sahraouis du Front Polisario. Nous sommes aujourd'hui au coeur d'une crise politique où les "migrants sont une arme démocratique" explique Saskia Bricmont, députée eurpéenne (Ecolo). Le doute au sujet d'une instrumentalisation de la question migratoire n'est pas loin et le gouvernement espagnol l'évoque ouvertment, désormais.

En plein désaccord au sujet du satut du Sahara Occidental, l'élément déclancheur de cette vague migratoire remonte au mois d'avril dernier. Le chef du mouvement indépendantiste Front Polisario, Brahm Ghali, tombe malade du coronavirus, et est acceuilli par l'Espagne pour des soins dans un centre de santé de la région de La Rioja. Cette décision espagnole suscite la colère du Maroc. Rabbat aurait alors décidé d'assouplir les controles de son coté de la frontière, laissant plus de facilité aux personnes migrantes d'entrer dans le territoire espagnol. Cette crise entre l'Espagne et le Maroc a marqué ce mardi une évolution jamais vue au cours des vingt dernières années. "L'acceptation de l'État espagnol de recevoir le président du groupe armé du Polisario, de l'héberger dans l'un de ses hôpitaux avec une fausse identité, sans tenir compte du bon voisinage qui exige une coordination et une consultation, ou du moins des nouvelles dans ces cas, est irresponsable", a déclaré Mustafa Ramid, ministre marocain des Droits de l'Homme et des relations internationales, dans un communiqué publié sur Facebook.

L'Espagne accuse le maroc de "Chantage"

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a riposté lors d'une visite à Ceuta, mardi 18 mai."L'intégrité territoriale de l'Espagne", a t-il déclaré, "sesfrontières, qui sont aussi les frontières extérieures de l'Unioneuropéenne, et surtout la sécurité de nos compatriotes et leurtranquillité, seront à tout moment défendues par le gouvernementespagnol, qui relèvera tous les défis avec tous les moyens nécessaires,avec nos partenaires européens." Après avoir déployé l'armée àCeuta, l'Espagne a apprécié le changement d'attitude du Maroc, qui adésormais fermé le passages aux frontières. Entre-temps, le ministère de l'Intérieur affirme que 5 600 des 8 000 migrants qui ont franchi lafrontière sont rentrés au Maroc. Les autorités espagnoles ont manifestéleur colère par la voix du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. "L'Espagne est actuellement défiée par un pays tiers, le Maroc", a-t-il déclaré pointant un "manque de respect" envers son pays mais aussi envers l'Union européenne. Jeudi, la ministre de la Défense Margarita Robles a dénoncé "un chantage" de Rabat, l'accusant "d'agression" et d'"utiliser des mineurs".

L'exécutif ne voit pas cette présence comme la seule cause de cette crise et pointe d'autres raisons, comme la crainte du Maroc qu'il y ait un changement d'attitude de la part de la nouvelle administration américaine de Joe Biden sur le Sahara Occidental.

Pour Catherine Woolard, directrice du Conseil Européen des Réfugiés et Exilés (ECRE), "La réponse de l'Union europénne et de l'Espagne de se concentrer sur les frontières est prévisible. Ce matin on a parlé de "chantage" de la part du Maroc, ce chantage est la conséquence tragique de la stratégie erronée de l'Union Européenne, et sa dépendance sur les pays partenaire pour empecher la migration, et les racine de ce problème permet à ces pays de "jouer", d'instrumentaliser la migration à leurs fins. La présence de Ghali en Espagne a provoqué cette réaction du Maroc, c'est une réaction qui n'est meme pas lié à la migration." Pour l'ECRE "cela montre le problème de la statégie d'externaliser les responsabilités de l'Europe et d'avoir ces formes de dépendances avec les pays partenaires. Mais ici la situation est encore plus complexe car nous devons comprendre l'histoire de ces enclaves, et voir l'Espagne dans cette situation, uniquement comme victime , serait aussi une simplification de la situation "

Lina Bouzekri

La tension monte depuis plusieurs jours entre l'Espoagne et le Maroc, sur fond de reprise de la crise migratoire aux portes de l'Union européenne. La police marocaine a finalement fermé mercredi le passage frontalier de Tarajal, et a interrompu l'exode migratoire qui, ces trois derniers jours, a permis l'entrée de 8 000 sans-papiers, dans l'enclave espagnole de Ceuta .Cela n'a pas empêché le gouvernement espagnol de hausser vivement le ton, ce jeudi. Ce qui se joue entre le Maroc et l'Espagne est bien plus qu'une simple crise migratoire. Explications. Une crise démocratique de longue date Le Maroc est un partenaire indispensable de l'Espagne dans la gestion des flux migratoires, surtout aux frontières entre Ceuta et Melilla. Ces deux enclaves espagnoles font partie des sujets de discorde: elles sont revendiquées depuis soixante ans par le Maroc, qui y voit des vestiges de l'empire colonial espagnol. Mais la récente la récente montée des tensions diplomatiques entre le Maroc et l'Espagnes se situe du côté du Sahara occidental: le seul territoire du continent africain dont le statut postcolonial n'est pas définitif. Depuis 1976, ce territoire situé entre le Maroc et la Mauritanie, est l'objet d'un conflit entre Rabat, qui en contrôle 80 %, et les indépendantistes sahraouis du Front Polisario. Nous sommes aujourd'hui au coeur d'une crise politique où les "migrants sont une arme démocratique" explique Saskia Bricmont, députée eurpéenne (Ecolo). Le doute au sujet d'une instrumentalisation de la question migratoire n'est pas loin et le gouvernement espagnol l'évoque ouvertment, désormais.En plein désaccord au sujet du satut du Sahara Occidental, l'élément déclancheur de cette vague migratoire remonte au mois d'avril dernier. Le chef du mouvement indépendantiste Front Polisario, Brahm Ghali, tombe malade du coronavirus, et est acceuilli par l'Espagne pour des soins dans un centre de santé de la région de La Rioja. Cette décision espagnole suscite la colère du Maroc. Rabbat aurait alors décidé d'assouplir les controles de son coté de la frontière, laissant plus de facilité aux personnes migrantes d'entrer dans le territoire espagnol. Cette crise entre l'Espagne et le Maroc a marqué ce mardi une évolution jamais vue au cours des vingt dernières années. "L'acceptation de l'État espagnol de recevoir le président du groupe armé du Polisario, de l'héberger dans l'un de ses hôpitaux avec une fausse identité, sans tenir compte du bon voisinage qui exige une coordination et une consultation, ou du moins des nouvelles dans ces cas, est irresponsable", a déclaré Mustafa Ramid, ministre marocain des Droits de l'Homme et des relations internationales, dans un communiqué publié sur Facebook.L'Espagne accuse le maroc de "Chantage"Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a riposté lors d'une visite à Ceuta, mardi 18 mai."L'intégrité territoriale de l'Espagne", a t-il déclaré, "sesfrontières, qui sont aussi les frontières extérieures de l'Unioneuropéenne, et surtout la sécurité de nos compatriotes et leurtranquillité, seront à tout moment défendues par le gouvernementespagnol, qui relèvera tous les défis avec tous les moyens nécessaires,avec nos partenaires européens." Après avoir déployé l'armée àCeuta, l'Espagne a apprécié le changement d'attitude du Maroc, qui adésormais fermé le passages aux frontières. Entre-temps, le ministère de l'Intérieur affirme que 5 600 des 8 000 migrants qui ont franchi lafrontière sont rentrés au Maroc. Les autorités espagnoles ont manifestéleur colère par la voix du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. "L'Espagne est actuellement défiée par un pays tiers, le Maroc", a-t-il déclaré pointant un "manque de respect" envers son pays mais aussi envers l'Union européenne. Jeudi, la ministre de la Défense Margarita Robles a dénoncé "un chantage" de Rabat, l'accusant "d'agression" et d'"utiliser des mineurs".L'exécutif ne voit pas cette présence comme la seule cause de cette crise et pointe d'autres raisons, comme la crainte du Maroc qu'il y ait un changement d'attitude de la part de la nouvelle administration américaine de Joe Biden sur le Sahara Occidental. Pour Catherine Woolard, directrice du Conseil Européen des Réfugiés et Exilés (ECRE), "La réponse de l'Union europénne et de l'Espagne de se concentrer sur les frontières est prévisible. Ce matin on a parlé de "chantage" de la part du Maroc, ce chantage est la conséquence tragique de la stratégie erronée de l'Union Européenne, et sa dépendance sur les pays partenaire pour empecher la migration, et les racine de ce problème permet à ces pays de "jouer", d'instrumentaliser la migration à leurs fins. La présence de Ghali en Espagne a provoqué cette réaction du Maroc, c'est une réaction qui n'est meme pas lié à la migration." Pour l'ECRE "cela montre le problème de la statégie d'externaliser les responsabilités de l'Europe et d'avoir ces formes de dépendances avec les pays partenaires. Mais ici la situation est encore plus complexe car nous devons comprendre l'histoire de ces enclaves, et voir l'Espagne dans cette situation, uniquement comme victime , serait aussi une simplification de la situation "Lina Bouzekri