L'État américain s'est fait secouer la semaine passée par deux tremblements de terre majeurs : un à 6,4 et un à 7,1 sur l'échelle de Richter. Selon les sismologues, il y a un risque que la région soit frappée par un autre séisme dans les prochains jours.
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L'État américain s'est fait secouer la semaine passée par deux tremblements de terre majeurs : un à 6,4 et un à 7,1 sur l'échelle de Richter. Selon les sismologues, il y a un risque que la région soit frappée par un autre séisme dans les prochains jours. Et quand vous citez "Californie" et "tremblement de terre" dans la même phrase, les habitants de l'État américain pensent inévitablement au "Big One", un séisme de 8 ou plus sur l'échelle de Richter qui est écrit dans les étoiles. Ce séisme, d'une magnitude telle qu'il devrait dévaster la Californie, régulièrement sujette aux secousses, plus ou moins dangereuses, est dépeint dans la culture populaire comme d'ampleur quasi apocalyptique.Les experts mettent en garde depuis longtemps contre un tremblement de terre qui va surprendre le monde. Et ce scénario se réalisera, si on en croit les scientifiques. Le violent tremblement de terre qui a frappé le Népal et une grande partie de l'Inde en 2015 n'aurait par exemple été qu'un avant-goût de ce qui nous attend. "Nous savons qu'une grande quantité d'énergie accumulée stagne dans cette région, et qu'elle pourrait être libérée par un tremblement de terre ou une série de séismes de plus de 8 sur l'échelle de Richter", déclare Harsh K. Gupta, ex-directeur du National Geophysical Research Institute (Inde) à l'Indian Express. Si cet amas d'énergie cherche une issue, il pourrait provoquer un tremblement de terre plus puissant que celui du Népal. En Californie, on redoute particulièrement le "Big One" sur la faille de San Andreas, une ligne de fracture qui va de l'extrémité nord du golfe de Californie à l'ouest de l'Etat, pour arriver à l'Océan pacifique via San Francisco. Statistiquement, il est presque certain que le "Big One" aura lieu dans les décennies à venir. Selon l'US Geological Survey, la faille en question est généralement à l'origine d'un tremblement de terre majeur tous les 150 ans, et le dernier remonte à 1857. Paradoxalement, avant le premier séisme de jeudi dernier, la Californie du Sud connaissait une "sécheresse sismique", avec aucun tremblement de terre à une magnitude plus de 6 depuis 2010. "L'actuelle période relativement calme, au cours de laquelle l'énergie libérée a été beaucoup moins importante que celle stockée par le mouvement des plaques tectoniques, ne peut durer éternellement", assure le célèbre sismologue américain James Dolan (University of Southern California).Cependant, le "Big One" ne va pas arriver du jour au lendemain. L'US Geological Survey estime que le méga-séisme sera précédé d'une période d'activité sismique accrue pendant un certain nombre d'années. En plus de la faille de San Andreas, celle de Cascadia, découverte il n'y a pas longtemps et qui s'étend du nord de la Californie à Vancouver, représente également un grand danger, écrivait déjà un article du New Yorker il y a quelques années. Les prévisions les plus conservatrices, soit en dehors de la saison touristique, montrent que le "Really Big One" pourrait causer 13.000 décès, 27.000 blessés et des millions de réfugiés. Les informations les moins optimistes indiquent que cette faille provoque des dégâts tous les 230 ans et que le dernier évènement date d'il y a 311 ans. Il avait engendré un tsunami avec des vagues de 10m de haut. En janvier 1994, un violent séisme de magnitude 6,7 avait secoué la région de Los Angeles, faisant près de 60 morts et plus de 9.000 blessés. Depuis 2008, un exercice pratique de réaction en cas de catastrophe se tient tous les ans dans le sud de la Californie. Le maire de Los Angeles a pris des décrets forçant plus de 10.000 immeubles dans sa ville à prendre des mesures pour renforcer leur sécurité. Mais selon une étude de 2008, moins de 20% des foyers en Californie du Sud ont d'eux-mêmes engagé des travaux de protection ou souscrit des assurances contre les séismes. Comme si la situation n'était pas déjà inquiétante, on sait que les tremblements de terre ne peuvent être prévus à court terme. Est-ce pour demain dans 50 ans ou dans 100 ans ? Nous ne le savons tout simplement pas. Les habitants de la région ne peuvent donc pas suffisamment se préparer au pire. Mais ils vont essayer. Plus tôt cette année, une radio californienne a publié un podcast nommé "The Big One : Your Survival Guide" pour préparer les résidents au mieux à un séisme potentiellement dévastateur. Chaque année, il y aurait 2% de chances que le "Big One" éclate, soit 1 chance sur 20.000 par jour. À titre de comparaison, la probabilité d'être impliqué dans un accident de voiture est de 1 sur 7.000.