L'émotion se lit sur les visages des anciens combattants quand retentit, sur l'esplanade du War Memorial de Séoul, la sonnerie du Last Post. Parmi eux, Raymond Behr. Aujourd'hui âgé de 86 ans, il est l'un des 3 500 volontaires belges ayant servi en Corée. Aux côtés de huit vétérans des troupes sud-coréennes adjointes dès 1951 au contingent belge, il aura été, par sa cordialité et sa vivacité d'esprit, la figure marquante de la cérémonie d'hommage aux victimes belges de la "guerre oubliée" ; une commémoration organisée à l'occasion de la visite d'Etat de Philippe et Mathilde en Corée du Sud (25 au 28 mars). Au total, en plus de deux ans de combats (de mars 1951 à l'armistice du 27 juillet 1953), 101 Belges sont morts, cinq ont été portés disparus et près de 500 ont été blessés.
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L'émotion se lit sur les visages des anciens combattants quand retentit, sur l'esplanade du War Memorial de Séoul, la sonnerie du Last Post. Parmi eux, Raymond Behr. Aujourd'hui âgé de 86 ans, il est l'un des 3 500 volontaires belges ayant servi en Corée. Aux côtés de huit vétérans des troupes sud-coréennes adjointes dès 1951 au contingent belge, il aura été, par sa cordialité et sa vivacité d'esprit, la figure marquante de la cérémonie d'hommage aux victimes belges de la "guerre oubliée" ; une commémoration organisée à l'occasion de la visite d'Etat de Philippe et Mathilde en Corée du Sud (25 au 28 mars). Au total, en plus de deux ans de combats (de mars 1951 à l'armistice du 27 juillet 1953), 101 Belges sont morts, cinq ont été portés disparus et près de 500 ont été blessés."Comprenez que les mots me manquent pour exprimer ce qu'a été cet épisode terrible de l'histoire de l'humanité", a confié Raymond Behr devant la plaque où figurent les noms des soldats belges tués. Depuis l'époque de la guerre de Corée, le limbourgeois s'est rendu une vingtaine de fois en Corée, devenue sa "seconde patrie". Il y retrouve d'anciens camarades de combat et évoque avec eux le souvenir de ceux qui sont tombés lors des batailles de la rivière Imjin, d'Haktang-Ni et du "Triangle de fer" de Chatkol (une cinquantaine d'assauts chinois subis de nuit). Le conflit a dévasté la péninsule, a détruit à 75 % la ville de Séoul et a fait plus de 2 millions de morts parmi les civils, plus de 800 000 morts parmi les militaires coréens nordistes et sudistes et 57 000 parmi les militaires des forces de l'ONU. Il a débouché sur la création, le long du 38e parallèle, de la fameuse "DMZ", la zone-tampon démilitarisée entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, devenue aujourd'hui une attraction touristique majeure.Futurs lauréats du Reine Elisabeth ?La cérémonie du War Memorial terminée, le couple royal s'est séparé, Philippe et Mathilde ayant chacun leur propre programme. La reine a traversé le fleuve Han qui coupe Séoul en deux pour rejoindre K-Arts, l'Université nationale des Arts de Corée, pépinière de brillants musiciens. Au cours de ces huit dernières années, le concours musical Reine Elisabeth, dont Mathilde est depuis 2014 la présidente d'honneur, a été remporté trois fois par de jeunes Sud-Coréens issus de K-Arts : en 2010 (composition), en 2011 (chant) et en 2015 (violon). Sur la même période, pas moins de six talents de l'université ont été primés au concours. En compagnie de Kim Jung-sook, épouse du président sud-coréen Moon Jae-in, Mathilde a assisté à des master classes et à un récital donné par des étudiants.La ville hyperconnectéeLe lendemain, 27 mars, la reine Mathilde s'est rendue dans la cité nouvelle ultra-connectée de Songdo, à soixante-cinq kilomètres de Séoul. Cette ville de 610 hectares construite sur des marais asséchés compte aujourd'hui 310 000 habitants, dont un peu plus de 5 000 étrangers. Elle bardée d'immeubles HLM et de gratte-ciels de bureaux d'allure assez banale et elle est traversée par de larges boulevards où l'on croise peu de véhicules. Truffée de capteurs, Songdo a été présentée à la délégation belge comme un modèle de développement durable : la consommation énergétique de chaque bâtiment est enregistrée et contrôlée afin de faire des économies d'énergie, l'éclairage s'adapte au nombre de passants, le mobilier urbain est connecté pour densifier les bus aux heures de pointe, les stationnements sont souterrains, les déchets domestiques sont directement aspirés des logements pour être expédiés par canalisations vers les lieux de recyclage.De même, la sécurité des citoyens est garantie par des centaines de caméras vidéo dont les images sont analysées en direct au sein d'une control room high-tech un rien Big Brother. Les loyers à Songdo sont moins élevés qu'à Séoul, mais la smart city née d'un partenariat public-privé peine à séduire : les jeunes Coréens la trouvent un brin ennuyeuse et lui préfèrent Séoul, sa vie trépidante et ses innombrables lieux de sorties nocturnes. Sogdo, ville du futur idéale, en Asie et au-delà ? A voir...