Le débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen ne restera pas comme le plus digne de l'histoire des présidentielles françaises. Echanges très tendus, attaques agressives, coupures incessantes de l'adversaire... La responsabilité de cette confusion, Marine Le Pen en porte la plus grande part. C'est elle qui d'emblée a choisi l'invective, préférant souvent fustiger le programme d'Emmanuel Macron que de développer le sien. Classiquement, elle a tenté de renvoyer le candidat d'En marche ! à son passé de ministre sous la présidence socialiste de François Hollande et à celui de banqui...

Le débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen ne restera pas comme le plus digne de l'histoire des présidentielles françaises. Echanges très tendus, attaques agressives, coupures incessantes de l'adversaire... La responsabilité de cette confusion, Marine Le Pen en porte la plus grande part. C'est elle qui d'emblée a choisi l'invective, préférant souvent fustiger le programme d'Emmanuel Macron que de développer le sien. Classiquement, elle a tenté de renvoyer le candidat d'En marche ! à son passé de ministre sous la présidence socialiste de François Hollande et à celui de banquier présumé soumis aux intérêts des grands patrons. Dans la même veine, Emmanuel Macron a ramené, à plusieurs reprises, sa rivale à son statut d'héritière d'une grande famille de l'extrême droite française présente dans la vie politique depuis 40 ans.Sur le fond des dossiers, Marine Le Pen a parue complètement dépassée sur les questions économiques. En particulier, sur la sortie de la France de l'euro et la cohabitation entre un franc français restauré et un euro que les grandes sociétés pourraient continuer à utiliser... Même sur le dossier Whirlpool, usine d'Amiens délocalisée en Pologne, sur lequel on pensait que Marine Le Pen avait marqué des points en se rendant auprès des ouvriers quelques jours auparavant, le candidat d'En marche ! a su opposer le sérieux de sa connaissance de la problématique au caractère démagogique de la démarche de son adversaire. Sur la question du rapport à l'islamisme en revanche, la candidate du Front national a mis en difficulté Emmanuel Macron, singulièrement quand il a été questionné sur le soutien qu'il a reçu de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), réputée proche des Frères musulmans. Indiquer que la lutte contre le terrorisme serait "la" priorité de son éventuel quinquennat et qu'il ne tolérerait aucune ambiguïté de la part d'associations comme l'UOIF n'a pas entièrement convaincu de l'efficacité de son programme sur ce sujet.Sur cette dernière question comme sur d'autres, Marine Le Pen en a profité pour accuser Emmanuel Macron d'être soumis à des intérêts étrangers ou d'être l'archétype de la "France qui se soumet", un message explicite aux électeurs indécis de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Le candidat d'En marche !, de son côté, a opposé "l'esprit de défaite" de Marine Le Pen à "l'esprit de conquête" qu'il symboliserait. Emmanuel Macron était, comme favori des deux finalistes de l'élection présidentielle, celui qui avait le plus à perdre de ce débat télévisé inédit, une première avec une candidate d'extrême droite. Tant sur la forme - la "présidentialité" - que sur le fond, le candidat d'En marche, malgré un ton parfois condescendant, semble être sorti vainqueur de cette confrontation, globalement décevante. Dès hier soir, un sondage Elabe/BFMTV le désignait comme le plus convaincant, à 63 % contre 34 %. Confirmation dimanche soir ?