Fidèle à la tradition, c'est à Berlin que le nouveau chef de l'Etat français a effectué sa première visite au lendemain de son investiture pour rencontrer la chancelière allemande, considérée comme la dirigeante la plus influente du moment dans l'UE.

A Berlin, il a appelé à une "refondation historique" de l'Europe face à "la montée des populismes" et au risque "de délitement subreptice" qui menace le projet européen à la suite du Brexit.

Et tout en restant prudente sur les détails des projets, Angela Merkel a fait un geste en se montrant ouverte à son idée d'un changement des traités européens, si nécessaire, pour y parvenir.

"Du point de vue allemand, il est possible de changer les traités si cela fait sens", a déclaré à la presse Angela Merkel après l'entrevue. Jusqu'ici, le gouvernement allemand avait jugé une telle hypothèse "pas réaliste" dans le climat eurosceptique actuel.

M. Macron a lui souligné que "le sujet des changements de traité fut un tabou français" dans le passé. "En l'espèce, il n'y en aura pas avec moi", a-t-il dit.

Il appelle en particulier de ses voeux par ce biais la création pour la zone euro d'un ministre des Finances, d'un budget propre, d'un parlement et d'une capacité d'emprunt.

Sur ce dernier sujet, très sensible en Allemagne, le chef de l'Etat français a tenté de rassurer en se disant opposé "à la mutualisation des dettes du passé" dans la zone euro, car "cela conduit à une politique de déresponsabilisation".

Il a revanche appelé à ouvrir le débat concernant des investissements d'avenir.

Mme Merkel s'est montrée plus réservée sur ce point précis, soulignant que les deux dirigeants pouvaient avoir "des conceptions différentes".

Mais globalement, la chancelière a souligné sa volonté de faciliter autant que faire se peut la tâche de son hôte, qui promet des réformes et bouscule le paysage politique dans son pays en cherchant à dépasser le clivage traditionnel droite-gauche.

Son choix de nommer comme Premier ministre Édouard Philippe, un homme issu de la droite, âgé de 46 ans et non membre du parti présidentiel centriste, en a été un exemple lundi. Il reflète sa volonté affichée de rassemblement alors qu'il est tenu de séduire une partie de la droite pour obtenir une majorité lors des législatives de juin et mener ses réformes libérales et sociales.

A Berlin, M. Macron a promis de mettre en oeuvre pleinement son projet de "recomposition politique".

Lors de la passation de pouvoirs avec son prédécesseur socialiste, M. Philippe s'est revendiqué "homme de droite", en soulignant que "l'intérêt général doit guider tout engagement".

Inconnu du grand public, le nouveau chef du gouvernement était jusqu'ici député-maire du Havre sous l'étiquette de droite Les Républicains (LR) et proche de l'ancien Premier ministre Alain Juppé.

La composition du nouveau gouvernement, annoncée mardi, sera un autre test pour M. Macron.

La nomination de M. Philippe a suscité de nombreuses réactions dans la classe politique française, chamboulée après une présidentielle marquée par le score historique de l'extrême droite et l'élimination tout aussi historique des candidats de la droite et de la gauche socialiste dès le premier tour.

Une vingtaine d'élus de la droite et du centre ont loué "un acte politique de portée considérable" et estimé que leurs partis devaient "répondre à la main tendue".

Mais le secrétaire général de LR, Bernard Accoyer, a mis l'accent sur "une décision individuelle" de M. Philippe, tandis qu'Alain Juppé, tout en saluant la nomination de son ancien poulain qui a "toutes les qualités" pour le poste, réaffirmait son soutien aux candidats de droite aux législatives.

"La droite vient d'être annexée", a estimé le héraut de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, fort de près de 20% des voix au 1er tour de la présidentielle, en appelant (les électeurs) à forcer à une "cohabitation" avec une majorité de gauche dans la future l'Assemblée.

Fidèle à la tradition, c'est à Berlin que le nouveau chef de l'Etat français a effectué sa première visite au lendemain de son investiture pour rencontrer la chancelière allemande, considérée comme la dirigeante la plus influente du moment dans l'UE. A Berlin, il a appelé à une "refondation historique" de l'Europe face à "la montée des populismes" et au risque "de délitement subreptice" qui menace le projet européen à la suite du Brexit. Et tout en restant prudente sur les détails des projets, Angela Merkel a fait un geste en se montrant ouverte à son idée d'un changement des traités européens, si nécessaire, pour y parvenir. "Du point de vue allemand, il est possible de changer les traités si cela fait sens", a déclaré à la presse Angela Merkel après l'entrevue. Jusqu'ici, le gouvernement allemand avait jugé une telle hypothèse "pas réaliste" dans le climat eurosceptique actuel. M. Macron a lui souligné que "le sujet des changements de traité fut un tabou français" dans le passé. "En l'espèce, il n'y en aura pas avec moi", a-t-il dit. Il appelle en particulier de ses voeux par ce biais la création pour la zone euro d'un ministre des Finances, d'un budget propre, d'un parlement et d'une capacité d'emprunt. Sur ce dernier sujet, très sensible en Allemagne, le chef de l'Etat français a tenté de rassurer en se disant opposé "à la mutualisation des dettes du passé" dans la zone euro, car "cela conduit à une politique de déresponsabilisation". Il a revanche appelé à ouvrir le débat concernant des investissements d'avenir. Mme Merkel s'est montrée plus réservée sur ce point précis, soulignant que les deux dirigeants pouvaient avoir "des conceptions différentes". Mais globalement, la chancelière a souligné sa volonté de faciliter autant que faire se peut la tâche de son hôte, qui promet des réformes et bouscule le paysage politique dans son pays en cherchant à dépasser le clivage traditionnel droite-gauche. Son choix de nommer comme Premier ministre Édouard Philippe, un homme issu de la droite, âgé de 46 ans et non membre du parti présidentiel centriste, en a été un exemple lundi. Il reflète sa volonté affichée de rassemblement alors qu'il est tenu de séduire une partie de la droite pour obtenir une majorité lors des législatives de juin et mener ses réformes libérales et sociales. A Berlin, M. Macron a promis de mettre en oeuvre pleinement son projet de "recomposition politique". Lors de la passation de pouvoirs avec son prédécesseur socialiste, M. Philippe s'est revendiqué "homme de droite", en soulignant que "l'intérêt général doit guider tout engagement". Inconnu du grand public, le nouveau chef du gouvernement était jusqu'ici député-maire du Havre sous l'étiquette de droite Les Républicains (LR) et proche de l'ancien Premier ministre Alain Juppé. La composition du nouveau gouvernement, annoncée mardi, sera un autre test pour M. Macron. La nomination de M. Philippe a suscité de nombreuses réactions dans la classe politique française, chamboulée après une présidentielle marquée par le score historique de l'extrême droite et l'élimination tout aussi historique des candidats de la droite et de la gauche socialiste dès le premier tour. Une vingtaine d'élus de la droite et du centre ont loué "un acte politique de portée considérable" et estimé que leurs partis devaient "répondre à la main tendue". Mais le secrétaire général de LR, Bernard Accoyer, a mis l'accent sur "une décision individuelle" de M. Philippe, tandis qu'Alain Juppé, tout en saluant la nomination de son ancien poulain qui a "toutes les qualités" pour le poste, réaffirmait son soutien aux candidats de droite aux législatives. "La droite vient d'être annexée", a estimé le héraut de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, fort de près de 20% des voix au 1er tour de la présidentielle, en appelant (les électeurs) à forcer à une "cohabitation" avec une majorité de gauche dans la future l'Assemblée.