De la contestation d'un projet de loi sur les extraditions vers la Chine, le mouvement s'est élargi à une dénonciation généralisée de l'action du gouvernement local pro-Pékin.

En 2014, l'élan en faveur de la démocratie avait donné lieu à un vaste mouvement d'occupation connu sous le nom de "révolte des parapluies", qui avait duré plus de deux mois sans arracher la moindre concession à Pékin.

- Craintes sur les extraditions -

En février 2019, les autorités de Hong Kong décident de modifier la loi sur les extraditions. Le projet est contesté par l'opposition et les juristes qui craignent un renforcement du contrôle de Pékin, alors que l'ex-colonie britannique bénéficie jusqu'en 2047, en vertu du principe "Un pays, deux systèmes", d'un système juridique distinct de celui de Pékin.

En mars, face aux pressions des milieux économiques redoutant l'influence négative du texte sur l'attractivité du territoire semi-autonome, les autorités réduisent la liste des motifs d'extradition.

- Premières manifestations -

Le 28 avril, plusieurs dizaines de milliers de personnes descendent dans les rues.

Le 30 mai, les autorités limitent la possibilité d'extradition aux personnes qui encourent au minimum sept ans de prison et promettent des garanties sur les procès.

Le 4 juin, des dizaines de milliers de Chinois et de résidents inquiets pour leurs propres libertés commémorent à Hong Kong les 30 ans de la sanglante répression de la place Tiananmen à Pékin.

- Marée humaine -

Le 9 juin, plus d'un million de personnes, selon les organisateurs, descendent dans la rue pendant sept heures. C'est la plus grande manifestation depuis la rétrocession de 1997 dans cette ville de 7 millions d'habitants. La police, qui arrête 19 personnes, comptabilise 240.000 participants.

Le 12, le débat sur le texte est reporté "à une date ultérieure" alors que les manifestants paralysent le coeur de la ville.

Des violences entre police et manifestants, inédites depuis la rétrocession, font 79 blessés, dont deux grièvement. Un militant âgé de 35 ans meurt en tombant d'un toit.

Solidaires, plus d'une centaine d'entreprises et commerces ferment leurs portes.

L'Union européenne appelle au "respect" des droits des manifestants, tandis que le Royaume-Uni juge "vital" que le projet de loi n'empiète pas sur les dispositions de l'accord ayant présidé à la rétrocession.

Le 13, Pékin "condamne fermement" des "émeutes" et "soutient la réaction" des autorités de Hong Kong, dénonçant l'"ingérence" de l'Union européenne.

- Deux millions de manifestants -

Le 15 juin, la cheffe de l'exécutif local Carrie Lam annonce la suspension du projet de loi.

Le lendemain, près de deux millions de manifestants, selon les organisateurs, défilent en noir en exigeant sa démission.

Incarcéré en mai, un des leaders du mouvement des "Parapluies," Joshua Wong, est libéré de prison le 17 juin et annonce aussitôt qu'il va rejoindre le mouvement de protestation.

Les blocages se multiplient, en particulier le 21 juin où quand les manifestants se massent devant le QG de la police.

- Parlement envahi -

Lundi 1er juillet, 22ème anniversaire de la rétrocession à la Chine, des manifestants entrent dans l'hémicycle du Parlement local, y déploient le drapeau de l'époque coloniale britannique et saccagent les locaux. La police ne reprend le contrôle de bâtiment qu'au bout de plusieurs heures.

Carrie Lam déclare le 9 que le projet de loi sur les extraditions est "mort", sans toutefois annoncer son retrait.

- Manifestants agressés -

Le 21 juillet, à l'issue d'une nouvelle manifestation monstre, des participants prodémocratie sont brutalement agressés à Yuen Long (dans le nord de Hong Kong) par des hommes suspectés d'appartenir aux triades, des gangs violents.

Le 27, de violents incidents éclatent dans cette ville entre police et manifestants, à l'issue d'un rassemblement interdit "anti-triades".

Le 28, nouvelle grande manifestation dans l'île de Hong Kong malgré l'interdiction des autorités. La police tire des gaz lacrymogènes contre des manifestants qui avaient édifié des barricades près du Bureau de liaison de la Chine.