La Caroline du Sud, où les républicains organisent leurs prochaines primaires le 20 février, est toujours un champ de bataille ponctué de duels acharnés et de coups bas pour les deux partis (les primaires démocrates y auront par contre lieu le 27 février).

En 2000, la campagne de George W. Bush y a divulgué des informations fictives à propos de son rival républicain John McCain, qui aurait eu un enfant extraconjugal de couleur. Cet enfant n'existait pas, mais la rumeur était devenue incontrôlable. On a également dévoilé l'addiction de madame McCain et Bush y a remporté les primaires.

En 2008, après la victoire d'Hillary Clinton dans le New Hampshire, Bill Clinton a déclaré en Caroline du Sud que Barack Obama serait comme Jesse Jackson, c'est-à-dire un candidat noir qui se révélerait inéligible. Ce message à mots couverts dans un état au passé et au présent raciste (cf. la fusillade mortelle de l'année passée dans une église noire à Charleston) a provoqué le résultat inverse : Obama a remporté la grande majorité des voix noires et a gagné en Caroline du Sud (il est vrai, avec seulement 20% des voix blanches).

George W. populaire

À présent, un collaborateur de Marco Rubio a annoncé que la Caroline du Sud, le premier état du sud qui organisera les primaires, tournera au "carnage" chez les républicains. Rubio n'a terminé que cinquième au New Hampshire après un débat décevant, dans lequel il ne faisait que répéter les mêmes formules comme un robot. Toujours d'après ce collaborateur, ce dernier devrait au minimum terminer devant Jeb Bush en Caroline du Sud s'il veut garder une chance d'être nommé. De quoi motiver une lutte acharnée, ponctuée de publicités négatives venues du camp Rubio contre Jeb.

Jeb Bush, qui a lui aussi déjà fait circuler des publicités négatives contre Donald Trump, John Kasich et Rubio, va dégainer son "arme secrète" : George W. Bush. L'ancien président a déjà enregistré des publicités pour son frère, et mènera une campagne en faveur de Jeb. La Caroline du Sud, un état qui compte beaucoup de militaires, est un des rares endroits des États-Unis où George W. Bush est encore populaire. D'après un sondage, 75% des électeurs républicains ont une image positive de l'ancien président. Ces dernières semaines, Jeb, qui a mené campagne avec son prénom sans beaucoup de succès, se raccroche désormais à sa famille. Dans le New Hampshire, il est apparu accompagné de Barbara, sa mère nonagénaire.

En Caroline du Sud, il est soutenu par Lindsey Graham, le sénateur local, lui-même récemment candidat.

Qui attaque qui?

La Caroline du Sud connaît une tradition de carnages politiques. La question, que les ténors du parti se posent avec un certain désespoir, c'est qui attaquera qui. Plus spécifiquement, on se demande si s'achever entre membres d'un même parti ne revient à plomber une éventuelle victoire républicaine en novembre.

Dans les sondages de janvier, Donald Trump est en tête, avec une avance d'environ 15% sur Cruz et il va de soi que l'homme d'affaires, après sa victoire dans le New Hampshire, sera choisi pour cible. Or, la partie blanche (et la plupart des électeurs républicains sont blancs) de la Caroline du Sud est très diversifiée. Elle se compose de militaires, de modérés, de commerçants, de membres du Tea Party et d'un nombre très élevé d'électeurs évangéliques. En principe, ces derniers pourraient choisir Ted Cruz ou Ben Carson.

Trump et Cruz se sont déjà battus à coup de publicités. Trump reproche à Cruz d'avoir changé d'avis à propos de la migration, de ne pas avoir déclaré un emprunt à la commission électorale et d'avoir tenté de jouer un mauvais tour à Ben Carson lors du caucus de l'Iowa (en divulguant que Carson mettrait fin à sa campagne).

Quant à Cruz, il dénonce notamment l'utilisation de l'expropriation par Trump dans une publicité où le rôle principal est tenu par des enfants.

Les dirigeants du parti souhaitent qu'un politique dit modéré se lève pour combattre Cruz et Trump. Mais pour l'instant, ces modérés consacrent beaucoup d'énergie à leur lutte mutuelle. Rubio souhaite terminer avant Bush, en l'attaquant.

"Président du New Hampshire"

Et Jeb Bush désire également attaquer la campagne de John Kasich. Ce dernier sait qu'il ne peut gagner en Caroline du Sud, car il dispose de trop peu d'argent et de représentation locale. Officiellement, il souhaite mener une campagne positive, mais ses collaborateurs disent qu'en Caroline du Sud, elle sera surtout négative. Tout comme Bush, Kasich mène une campagne en soulignant ses propres compétences. Kasish est d'avis que les deux candidats pêchent dans le même étang, et qu'il n'y en a qu'un qui peut rester. Kasish s'est même gaussé de la quatrième position de Bush dans le New Hampshire, alors qu'un collaborateur de Bush a déclaré que Kasish, deuxième au New Hampshire, a tenté obstinément, mais sans succès, de devenir "président du New Hampshire".

Le débat entre républicains de ce samedi risque donc d'être à couteaux tirés.

La Caroline du Sud, où les républicains organisent leurs prochaines primaires le 20 février, est toujours un champ de bataille ponctué de duels acharnés et de coups bas pour les deux partis (les primaires démocrates y auront par contre lieu le 27 février).En 2000, la campagne de George W. Bush y a divulgué des informations fictives à propos de son rival républicain John McCain, qui aurait eu un enfant extraconjugal de couleur. Cet enfant n'existait pas, mais la rumeur était devenue incontrôlable. On a également dévoilé l'addiction de madame McCain et Bush y a remporté les primaires. En 2008, après la victoire d'Hillary Clinton dans le New Hampshire, Bill Clinton a déclaré en Caroline du Sud que Barack Obama serait comme Jesse Jackson, c'est-à-dire un candidat noir qui se révélerait inéligible. Ce message à mots couverts dans un état au passé et au présent raciste (cf. la fusillade mortelle de l'année passée dans une église noire à Charleston) a provoqué le résultat inverse : Obama a remporté la grande majorité des voix noires et a gagné en Caroline du Sud (il est vrai, avec seulement 20% des voix blanches). George W. populaire À présent, un collaborateur de Marco Rubio a annoncé que la Caroline du Sud, le premier état du sud qui organisera les primaires, tournera au "carnage" chez les républicains. Rubio n'a terminé que cinquième au New Hampshire après un débat décevant, dans lequel il ne faisait que répéter les mêmes formules comme un robot. Toujours d'après ce collaborateur, ce dernier devrait au minimum terminer devant Jeb Bush en Caroline du Sud s'il veut garder une chance d'être nommé. De quoi motiver une lutte acharnée, ponctuée de publicités négatives venues du camp Rubio contre Jeb. Jeb Bush, qui a lui aussi déjà fait circuler des publicités négatives contre Donald Trump, John Kasich et Rubio, va dégainer son "arme secrète" : George W. Bush. L'ancien président a déjà enregistré des publicités pour son frère, et mènera une campagne en faveur de Jeb. La Caroline du Sud, un état qui compte beaucoup de militaires, est un des rares endroits des États-Unis où George W. Bush est encore populaire. D'après un sondage, 75% des électeurs républicains ont une image positive de l'ancien président. Ces dernières semaines, Jeb, qui a mené campagne avec son prénom sans beaucoup de succès, se raccroche désormais à sa famille. Dans le New Hampshire, il est apparu accompagné de Barbara, sa mère nonagénaire. En Caroline du Sud, il est soutenu par Lindsey Graham, le sénateur local, lui-même récemment candidat. Qui attaque qui? La Caroline du Sud connaît une tradition de carnages politiques. La question, que les ténors du parti se posent avec un certain désespoir, c'est qui attaquera qui. Plus spécifiquement, on se demande si s'achever entre membres d'un même parti ne revient à plomber une éventuelle victoire républicaine en novembre. Dans les sondages de janvier, Donald Trump est en tête, avec une avance d'environ 15% sur Cruz et il va de soi que l'homme d'affaires, après sa victoire dans le New Hampshire, sera choisi pour cible. Or, la partie blanche (et la plupart des électeurs républicains sont blancs) de la Caroline du Sud est très diversifiée. Elle se compose de militaires, de modérés, de commerçants, de membres du Tea Party et d'un nombre très élevé d'électeurs évangéliques. En principe, ces derniers pourraient choisir Ted Cruz ou Ben Carson. Trump et Cruz se sont déjà battus à coup de publicités. Trump reproche à Cruz d'avoir changé d'avis à propos de la migration, de ne pas avoir déclaré un emprunt à la commission électorale et d'avoir tenté de jouer un mauvais tour à Ben Carson lors du caucus de l'Iowa (en divulguant que Carson mettrait fin à sa campagne). Quant à Cruz, il dénonce notamment l'utilisation de l'expropriation par Trump dans une publicité où le rôle principal est tenu par des enfants.Les dirigeants du parti souhaitent qu'un politique dit modéré se lève pour combattre Cruz et Trump. Mais pour l'instant, ces modérés consacrent beaucoup d'énergie à leur lutte mutuelle. Rubio souhaite terminer avant Bush, en l'attaquant. "Président du New Hampshire"Et Jeb Bush désire également attaquer la campagne de John Kasich. Ce dernier sait qu'il ne peut gagner en Caroline du Sud, car il dispose de trop peu d'argent et de représentation locale. Officiellement, il souhaite mener une campagne positive, mais ses collaborateurs disent qu'en Caroline du Sud, elle sera surtout négative. Tout comme Bush, Kasich mène une campagne en soulignant ses propres compétences. Kasish est d'avis que les deux candidats pêchent dans le même étang, et qu'il n'y en a qu'un qui peut rester. Kasish s'est même gaussé de la quatrième position de Bush dans le New Hampshire, alors qu'un collaborateur de Bush a déclaré que Kasish, deuxième au New Hampshire, a tenté obstinément, mais sans succès, de devenir "président du New Hampshire".Le débat entre républicains de ce samedi risque donc d'être à couteaux tirés.