Si pour la toute grande majorité des humains l'idée que la terre est plate est une absurdité qui a été réglée par Aristote, il y a environ 2000 ans, certains pensent encore que notre monde n'est qu'une grande assiette recouverte d'un globe et délimitée par un mur de glace. Ces platistes sont persuadés que toute cette idée de planète en forme de globe perdu dans un espace infini n'est qu'un vaste complot ourdi par les gouvernements et surtout la NASA. Ce mouvement remet donc aussi en question l'existence même de l'Univers et les voyages dans l'espace.
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Si pour la toute grande majorité des humains l'idée que la terre est plate est une absurdité qui a été réglée par Aristote, il y a environ 2000 ans, certains pensent encore que notre monde n'est qu'une grande assiette recouverte d'un globe et délimitée par un mur de glace. Ces platistes sont persuadés que toute cette idée de planète en forme de globe perdu dans un espace infini n'est qu'un vaste complot ourdi par les gouvernements et surtout la NASA. Ce mouvement remet donc aussi en question l'existence même de l'Univers et les voyages dans l'espace.La communauté des platistes, qui gagne en adeptes, a un prophète : Mark Sargent. L'homme est suivi par plus de 60.000 personnes sur les réseaux sociaux. Bien que ce ne soit pas un premier amour, puisqu'il s'est laissé tenter par de nombreuses autres théories du complot, c'est elle qui a ses faveurs du moment. Et il n'hésite pas à la défendre avec ardeur et à faire du prosélytisme à travers de nombreuses vidéos. Une autre sommité du mouvement, Patricia Steere, une ancienne DJ qui fait maintenant la promotion de la terre plate à ses 14 000 abonnés sur sa chaîne YouTube précise à Radio Canada: "nous sommes le centre de tout. Nous vivons dans un système fermé. Cet endroit a été créé pour nous, nous ne sommes pas le résultat du Big Bang."Si l'idée d'une terre plate est revenue à l'ordre du jour à travers Samuel Rowbotham (mort en décembre 1884) et son ouvrage Zetetic Astronomy (littéralement, "astronomie zététique"), elle reprendra des couleurs en 1956 avec la création de la Flat Earth Society (aussi appelée International Flat Earth Society ou International Flat Earth Research Society, IFERS). Après un long passage à vide dans les années 1980, l'organisation connait un regain d'intérêt ces dernières années. Cette communauté rassemble aujourd'hui des millions de personnes, surnommées les "flat earthers" (adeptes de la théorie de la Terre plate), à travers le monde. Aux États-Unis, ils seraient environ 12 millions selon le National Geographic. Quelques personnalités semblent adhérer au concept et ont relayé l'idée sur les réseaux sociaux. Parmi eux, plusieurs membres de la NBA, comme Shaquille O'Neal, ou encore le rappeur B.o.B.Enracinés dans leurs convictions et malgré les échecs répétés de prouver le contraire, certains continuent de croire à l'idée d'une Terre plate et virent dans le déni qui les plonge très régulièrement dans le ridicule. Les platistes font ainsi leurs propres expériences. Ils construisent des fusées artisanales ou organisent des croisières vers les pôles pour tenter de prouver leur théorie. On notera que croire que la Terre est plate n'est, en soi, pas nécessairement nuisible, puisque le ridicule ne tue pas. Ce qui est plus pervers, c'est que cela s'accompagne d'une méfiance à l'égard des institutions et de l'autorité en général. Ce mouvement révèle aussi un mal bien plus insidieux de la société américaine : celui qui veut que les croyances aient plus de poids que les faits. Et ça dans un pays où le créationnisme est encore enseigné dans certaines écoles. Asheley Landrum, une chercheuse de l'Université Texas Tech, avance que les théories d'une terre plate progressent surtout par la faute de YouTube. Lors des deux derniers principaux congrès de platistes, elle a interrogé trente participants. Tous racontent un même parcours pour en arriver à croire que la terre était plate : tous ont commencé à y croire après avoir vu des vidéos sur YouTube. "La seule personne qui n'a pas dit cela était là avec sa fille et son gendre qui eux avaient vu des vidéos sur YouTube et lui en avaient parlé ", précise Asheley Landrum dans The Guardian. Toujours selon Landrum, l'une des vidéos les plus populaires de Flat Earth est "200 preuves que la Terre n'est pas une boule qui tourne". Elle serait particulièrement efficace, car elle avance des arguments qui font appel aux clichés ou à la littérature biblique et possède quelques accents pseudoscientifiques. Mme Landrum, qui a présenté ses résultats à la réunion annuelle de l'American Association for the Advancement of Science à Washington DC, n'incrimine pas forcément YouTube. Ce n'est pas la faute de la plateforme si ces gens se sont mis à croire de telles choses. Elle peut néanmoins tenter d'y remédier en modifiant son algorithme pour qu'il affiche des informations plus justes. "Il y a beaucoup d'informations utiles sur YouTube, mais aussi beaucoup d'informations erronées". L'algorithme de YouTube a en effet pervers qui veut que certaines vidéos aux contenus erronés aient été renforcées par le fait que l'on propose, après le visionnage, d'autres vidéos allant dans ce sens. Cela augmente du même coup la popularité de certaines vidéos qui aurait dû rester très anecdotique ? "Le seul outil dont nous disposons pour combattre la désinformation, c'est d'essayer de la submerger de meilleures informations", dit-elle encore et a donc lancé un appel aux scientifiques pour qu'ils créent leurs propres vidéos. Netflix propose aussi le documentaire de l"américain de Daniel J. Clark sur le sujet et dont voici la bande-annonce: