En procession funéraire ou dans de nouveaux rassemblements sur les places de Bagdad, Najaf, Diwaniya, Nassiriya ou al-Hilla, ils étaient de nouveau des milliers à affirmer qu'ils ne partiraient pas avant "la chute du régime" et un renouvellement complet d'une classe politique qu'ils accusent d'être corrompue, de ne pas les écouter et de les réprimer dans le sang.

A Nassiriya, où jeudi 26 manifestants tombaient sous les balles des forces de sécurité emmenées par un haut-gradé dépêché par Bagdad et rappelé dans le chaos, les affrontements ont déjà repris.

Trois manifestants ont été blessés alors qu'ils tentaient d'approcher de la Direction provinciale de la police dans la ville, ont indiqué des médecins, au lendemain d'une journée marquée par 44 morts et près d'un millier de blessés.

Ailleurs dans le Sud, notamment à Najaf et Kerbala, deux villes saintes où les violences se sont poursuivies jusqu'aux premières heures du jour, un calme précaire règne.

Sermon crucial

Tous attendent désormais le sermon de la grande prière musulmane hebdomadaire.

Après deux mois de contestation contre le pouvoir à Bagdad et son parrain iranien, près de 400 morts et des milliers de blessés, ils espèrent obtenir cette fois-ci un soutien clair du grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse pour la majorité des chiites d'Irak et figure tutélaire de la politique.

L'homme de 89 ans affirme depuis le début que leurs revendications sont "légitimes" sans toutefois retirer sa confiance au gouvernement, qu'il a à maintes reprises appelé à brider ses forces de sécurité.

Les violences de jeudi pourraient changer la donne.

Ce jour-là, les tirs ininterrompus et les courses-poursuites entre manifestants et forces de l'ordre, emmenées par des militaires tout juste dépêchés par Bagdad pour "restaurer l'ordre", se sont déchaînés.

Car la veille au soir, l'Irak était entré dans une nouvelle étape.

Des manifestants hurlant "Iran dehors!" et "victoire à l'Irak!" avaient brûlé le consulat du très influent voisin iranien à Najaf, visitée chaque année par des millions de pèlerins iraniens.

Peu après, la répression augmentait et avec elle la réponse des manifestants.

A Nassiriya, foyer de toutes les révoltes de l'histoire de l'Irak proche des ruines de l'antique Ur, alors que la ville était à feu et à sang, le gouverneur obtenait de Bagdad le limogeage du commandant militaire de la zone tout juste nommé et démissionnait à son tour.

Dans le sud agricole et tribal, le chaos menace.

Pour protéger les manifestants de plus de répression, des combattants tribaux de Nassiriya, leurs armes bien visibles, se sont déployés sur l'autoroute venant de Bagdad, mettant en garde contre l'arrivée de nouveaux convois de blindés de la police, comme cela avait été le cas la veille.

Vendredi ces hommes en armes avaient disparu mais des manifestants brûlaient de nouveau des pneus en travers de ponts et de routes, bloquant notamment les autoroutes menant vers le nord.

Tirs dans la ville

A Najaf, la nuit a été longue: durant de longues heures, des hommes en civil, parfois en tenue traditionnelle, ont tiré sur la foule qui s'approchait de QG de partis politiques. Dans la ville sainte, les tirs des forces de l'ordre et de ces hommes ont fait 16 morts jeudi, selon des médecins.

Dans les provinces du Sud, en révolte comme Bagdad depuis deux mois, des policiers sous le couvert de l'anonymat indiquent avoir reçu des ordres pour en finir avec les manifestations à l'arrivée des nouveaux commandants militaires jeudi. Mais le désastre de Nassiriya les a forcé à reculer, assurent-ils.

Les manifestants, eux, se disent déterminés à en finir avec le système politique conçu par les Américains après la chute en 2003 de Saddam Hussein.

Pour eux, le pouvoir est désormais sous la mainmise de l'Iran, qui a pris l'avantage face à Washington.

Le mouvement de contestation est inédit depuis des décennies en Irak, pays où aujourd'hui un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté et où, officiellement, 410 milliards d'euros ont été détournés ces 16 dernières années, soit deux fois le PIB.

Revenant à la charge, le turbulent leader chiite irakien Moqtada Sadr a prévenu que si le gouvernement ne démissionnait pas, "ce serait le début de la fin de l'Irak".

La désobéissance civile continue de bloquer les écoles et de nombreuses administrations alors que les manifestants tentent toujours de toucher le gouvernement à son talon d'Achille, l'or noir.

Jusqu'ici toutefois, ils n'ont atteint ni la production ni la distribution de pétrole, unique ressource en devises du pays et qui représente 90% des recettes d'un gouvernement surendetté.

En procession funéraire ou dans de nouveaux rassemblements sur les places de Bagdad, Najaf, Diwaniya, Nassiriya ou al-Hilla, ils étaient de nouveau des milliers à affirmer qu'ils ne partiraient pas avant "la chute du régime" et un renouvellement complet d'une classe politique qu'ils accusent d'être corrompue, de ne pas les écouter et de les réprimer dans le sang.A Nassiriya, où jeudi 26 manifestants tombaient sous les balles des forces de sécurité emmenées par un haut-gradé dépêché par Bagdad et rappelé dans le chaos, les affrontements ont déjà repris. Trois manifestants ont été blessés alors qu'ils tentaient d'approcher de la Direction provinciale de la police dans la ville, ont indiqué des médecins, au lendemain d'une journée marquée par 44 morts et près d'un millier de blessés.Ailleurs dans le Sud, notamment à Najaf et Kerbala, deux villes saintes où les violences se sont poursuivies jusqu'aux premières heures du jour, un calme précaire règne. Tous attendent désormais le sermon de la grande prière musulmane hebdomadaire.Après deux mois de contestation contre le pouvoir à Bagdad et son parrain iranien, près de 400 morts et des milliers de blessés, ils espèrent obtenir cette fois-ci un soutien clair du grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse pour la majorité des chiites d'Irak et figure tutélaire de la politique.L'homme de 89 ans affirme depuis le début que leurs revendications sont "légitimes" sans toutefois retirer sa confiance au gouvernement, qu'il a à maintes reprises appelé à brider ses forces de sécurité. Les violences de jeudi pourraient changer la donne.Ce jour-là, les tirs ininterrompus et les courses-poursuites entre manifestants et forces de l'ordre, emmenées par des militaires tout juste dépêchés par Bagdad pour "restaurer l'ordre", se sont déchaînés.Car la veille au soir, l'Irak était entré dans une nouvelle étape. Des manifestants hurlant "Iran dehors!" et "victoire à l'Irak!" avaient brûlé le consulat du très influent voisin iranien à Najaf, visitée chaque année par des millions de pèlerins iraniens.Peu après, la répression augmentait et avec elle la réponse des manifestants. A Nassiriya, foyer de toutes les révoltes de l'histoire de l'Irak proche des ruines de l'antique Ur, alors que la ville était à feu et à sang, le gouverneur obtenait de Bagdad le limogeage du commandant militaire de la zone tout juste nommé et démissionnait à son tour. Dans le sud agricole et tribal, le chaos menace.Pour protéger les manifestants de plus de répression, des combattants tribaux de Nassiriya, leurs armes bien visibles, se sont déployés sur l'autoroute venant de Bagdad, mettant en garde contre l'arrivée de nouveaux convois de blindés de la police, comme cela avait été le cas la veille.Vendredi ces hommes en armes avaient disparu mais des manifestants brûlaient de nouveau des pneus en travers de ponts et de routes, bloquant notamment les autoroutes menant vers le nord.A Najaf, la nuit a été longue: durant de longues heures, des hommes en civil, parfois en tenue traditionnelle, ont tiré sur la foule qui s'approchait de QG de partis politiques. Dans la ville sainte, les tirs des forces de l'ordre et de ces hommes ont fait 16 morts jeudi, selon des médecins.Dans les provinces du Sud, en révolte comme Bagdad depuis deux mois, des policiers sous le couvert de l'anonymat indiquent avoir reçu des ordres pour en finir avec les manifestations à l'arrivée des nouveaux commandants militaires jeudi. Mais le désastre de Nassiriya les a forcé à reculer, assurent-ils. Les manifestants, eux, se disent déterminés à en finir avec le système politique conçu par les Américains après la chute en 2003 de Saddam Hussein.Pour eux, le pouvoir est désormais sous la mainmise de l'Iran, qui a pris l'avantage face à Washington.Le mouvement de contestation est inédit depuis des décennies en Irak, pays où aujourd'hui un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté et où, officiellement, 410 milliards d'euros ont été détournés ces 16 dernières années, soit deux fois le PIB. Revenant à la charge, le turbulent leader chiite irakien Moqtada Sadr a prévenu que si le gouvernement ne démissionnait pas, "ce serait le début de la fin de l'Irak".La désobéissance civile continue de bloquer les écoles et de nombreuses administrations alors que les manifestants tentent toujours de toucher le gouvernement à son talon d'Achille, l'or noir.Jusqu'ici toutefois, ils n'ont atteint ni la production ni la distribution de pétrole, unique ressource en devises du pays et qui représente 90% des recettes d'un gouvernement surendetté.