Le successeur de Theresa May l'a bien compris: la crise avec les Européens n'a que trop duré pour les citoyens britanniques. "Ce n'est pas pour rien qu'il a choisi 'Get Brexit done' ("Menons le Brexit à son terme", NDLR) comme slogan", fait remarquer Benjamin Bodson. "Le Brexit a été le sujet principal de la campagne. Les programmes défendus par chaque parti étaient pour le reste très imprécis."

Dans sa course à la victoire, le parti conservateur a en outre pu compter sur un Labour particulièrement affaibli avec un leader travailliste impopulaire. "Jeremy Corbyn a une personnalité clivante pour les militants. Certains le considèrent comme une faiblesse pour le parti", poursuit le chercheur. "Il a en outre présenté le programme le plus à gauche de ces 30 à 40 dernières années, ce qui a pu effrayer l'électeur moyen du Labour, de centre-gauche. Et cela, Boris Johnson l'a bien compris en remerciant dans son discours de victoire ces électeurs travaillistes qui ont basculé dans le camp conservateur."

Caroline Flint, élue travailliste qui a perdu son siège de Don Valley aux profit des Tories, a d'ailleurs déclaré que "ces figures influentes du parti vivant dans le nord de Londres" devraient accepter que "le Labour ne peut pas juste être un parti des grandes villes et des villes universitaires, ou juste un parti de jeunes", citait vendredi The Guardian.

Enfin, la victoire du parti conservateur peut également s'expliquer par le système électoral d'un candidat par circonscription, "qui favorise les gros partis", souligne M. Bodson. Le candidat qui enregistre le plus de voix (majorité relative) remporte en effet toute la circonscription, qu'il soit au coude à coude avec les autres ou les devance largement. "Or, les bureaux de militance des grands partis sont bien installés dans les localités et disposent d'importants moyens financiers. Ils assurent donc mieux la visibilité de leur candidat", au préjudice de partis plus récents comme les libéraux-démocrates.

Sans compter le dépouillement en cours de la dernière circonscription, les conservateurs ont ainsi attiré 43,6% des voix des électeurs. Toutefois, ils raflent 56% des sièges au parlement. Le Labour et les libéraux-démocrates ont, eux, séduit respectivement 32,2% et 11,5% des votants mais obtiennent ensemble un tiers des strapontins. "Il est donc faux d'affirmer que les Britanniques font bloc derrière Boris Johnson", la réalité étant plus nuancée, souligne Benjamin Bodson.

Le Premier ministre, grand vainqueur ce vendredi, doit donc rester vigilant. "Cette victoire ne règle que la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, soit le 31 janvier, puisque Boris Johnson s'assure par celle-ci que l'accord négocié en octobre avec l'UE sera approuvé par une majorité de parlementaires. Mais on n'a aucune idée de la relation future entre l'UE et le Royaume-Uni", rappelle le chercheur. Si M. Johnson a promis de ne pas allonger la période de transition avant une sortie effective, fixée au 31 décembre 2020, "les négociations pour déterminer cette future relation vont prendre du temps, peut-être plus de onze mois, donc".

Le successeur de Theresa May l'a bien compris: la crise avec les Européens n'a que trop duré pour les citoyens britanniques. "Ce n'est pas pour rien qu'il a choisi 'Get Brexit done' ("Menons le Brexit à son terme", NDLR) comme slogan", fait remarquer Benjamin Bodson. "Le Brexit a été le sujet principal de la campagne. Les programmes défendus par chaque parti étaient pour le reste très imprécis."Dans sa course à la victoire, le parti conservateur a en outre pu compter sur un Labour particulièrement affaibli avec un leader travailliste impopulaire. "Jeremy Corbyn a une personnalité clivante pour les militants. Certains le considèrent comme une faiblesse pour le parti", poursuit le chercheur. "Il a en outre présenté le programme le plus à gauche de ces 30 à 40 dernières années, ce qui a pu effrayer l'électeur moyen du Labour, de centre-gauche. Et cela, Boris Johnson l'a bien compris en remerciant dans son discours de victoire ces électeurs travaillistes qui ont basculé dans le camp conservateur."Caroline Flint, élue travailliste qui a perdu son siège de Don Valley aux profit des Tories, a d'ailleurs déclaré que "ces figures influentes du parti vivant dans le nord de Londres" devraient accepter que "le Labour ne peut pas juste être un parti des grandes villes et des villes universitaires, ou juste un parti de jeunes", citait vendredi The Guardian.Enfin, la victoire du parti conservateur peut également s'expliquer par le système électoral d'un candidat par circonscription, "qui favorise les gros partis", souligne M. Bodson. Le candidat qui enregistre le plus de voix (majorité relative) remporte en effet toute la circonscription, qu'il soit au coude à coude avec les autres ou les devance largement. "Or, les bureaux de militance des grands partis sont bien installés dans les localités et disposent d'importants moyens financiers. Ils assurent donc mieux la visibilité de leur candidat", au préjudice de partis plus récents comme les libéraux-démocrates.Sans compter le dépouillement en cours de la dernière circonscription, les conservateurs ont ainsi attiré 43,6% des voix des électeurs. Toutefois, ils raflent 56% des sièges au parlement. Le Labour et les libéraux-démocrates ont, eux, séduit respectivement 32,2% et 11,5% des votants mais obtiennent ensemble un tiers des strapontins. "Il est donc faux d'affirmer que les Britanniques font bloc derrière Boris Johnson", la réalité étant plus nuancée, souligne Benjamin Bodson.Le Premier ministre, grand vainqueur ce vendredi, doit donc rester vigilant. "Cette victoire ne règle que la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, soit le 31 janvier, puisque Boris Johnson s'assure par celle-ci que l'accord négocié en octobre avec l'UE sera approuvé par une majorité de parlementaires. Mais on n'a aucune idée de la relation future entre l'UE et le Royaume-Uni", rappelle le chercheur. Si M. Johnson a promis de ne pas allonger la période de transition avant une sortie effective, fixée au 31 décembre 2020, "les négociations pour déterminer cette future relation vont prendre du temps, peut-être plus de onze mois, donc".