Ce cercueil de près de 1,80 m, doré à l'or fin, avait été fabriqué pour Nedjemankh, prêtre du dieu à tête de bélier Heryshef.

Il était la pièce centrale d'une exposition du Met portant son nom, qui a dû être interrompue prématurément en février dernier, l'objet ayant été remis par le musée aux services du procureur de Manhattan, Cyrus Vance.

Une enquête menée conjointement par les autorités américaines, égyptiennes, allemandes et françaises a en effet établi que le sarcophage avait été volé en Egypte en 2011.

Lors d'une conférence de presse, en présence du ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukry, le procureur a indiqué mercredi que l'enquête avait révélé "des incohérences flagrantes liées à la vente".

Le sarcophage a ainsi fait surface pour la première fois en 2011, au lendemain du renversement d'Hosni Moubarak et de la révolution égyptienne. "Ca aurait dû être un signal d'alerte", a estimé le procureur.

Il est également apparu que les documents attestant de l'authenticité de l'objet, daté entre 150 et 50 avant J-C, et de la légalité de sa provenance "avaient clairement été falsifiés".

Après avoir transité par Dubaï, l'Allemagne, puis Paris, le sarcophage avait été vendu au Met par un marchand d'art français, dont l'identité n'a pas été révélée, pour 3,5 millions d'euros (environ 4 millions de dollars).

Au moment de l'annonce de la saisie du sarcophage, le Met avait présenté ses excuses à l'Egypte.

Cyrus Vance a révélé ces éléments de l'enquête "dans l'espoir que les gens du secteur (de l'art) prennent note et, peut-être, se servent des leçons apprises dans ce dossier pour examiner plus minutieusement leurs acquisitions".

Le procureur a précisé que le sarcophage figurait parmi des centaines d'objets volés par la même organisation criminelle. "Vous pourriez donc voir d'autres saisies importantes d'antiquités dans les mois et les années qui viennent."

Il a indiqué que l'enquête, entamée il y a sept ans, se poursuivait.